Bandes violentes : Nicolas Sarkozy annonce seize mesures policières et judiciaires
Le président de la République a annoncé le 18 mars au commissariat de Gagny seize mesures policières et judiciaires pour combattre le phénomène des bandes violentes.
Sur ces seize mesures, huit concernent l’action de la police, trois la justice et cinq la protection des personnels et établissements de l’Education nationale. Ces annonces ont été faites en présence de Michèle Alliot-Marie, Xavier Darcos, et Rachida Dati.
Mise en place d'une police d'agglomération
S'agissant de l'action policière, le président de la République souhaite "la création d'un fichier dédié aux violences urbaines et au phénomène de bandes" et la mise en place d'une police d'agglomération avec un état-major à l'échelle des agglomérations, chargée de coordonner la collecte du renseignement et l'action de la police.
En outre seront créés des groupes spécialisés pour traiter les violences urbaines et les agissements des bandes, au sein des directions départementales de la sécurité publique.
D'autre part, d'ici à fin 2010, 100 unités territoriales de quartier (Uteq, comme il en existe déjà huit en France dont trois en Seine-Saint-Denis) verront le jour ainsi que 23 compagnies de sécurisation, fortes chacune de 150 fonctionnaires formés au maintien de l'ordre dans les quartiers sensibles.
Enfin, 75 systèmes municipaux de vidéoprotection et surveillance de 400 établissements scolaires, seront mis en place.
Création d'une peine dédiée
S'agissant de la justice, le président a annoncé la création d'une peine de trois ans d'emprisonnement "pour participation en connaissance de cause à un groupement, même formé de façon temporaire, poursuivant le but de commettre des atteintes volontaires contre les personnes ou contre certains biens".
Il souhaite aussi transformer en délit l'intrusion dans un établissement scolaire qui ne relevait jusqu'ici que d'une contravention.
Sécurité des établissements scolaires
Nicolas Sarkozy entend par ailleurs que les agressions contre les personnels de l'Education nationale soient aggravées comme elles le sont pour les fonctionnaires d'autorité (policiers notamment).
Il demande aussi que les 100 à 200 établissements scolaires les plus touchés par des intrusions soient identifiés pour mieux les sanctuariser. En outre, le filtrage et le contrôle aux entrées des établissements seront renforcés.
Auparavant, lors d'une réunion à la préfecture de police de Paris en présence des trois ministres, du préfet de police, Michel Gaudin, des préfets des départements d'Ile-de-France et des procureurs généraux de Paris et Versailles, le chef de l'Etat avait demandé à Michèle Alliot-Marie de lui présenter avant l'été une réforme du commandement de la fonction de sécurité dans l'agglomération parisienne.
Michèle Alliot-Marie avait déclaré le 17 mars à Europe 1 que 222 bandes étaient recensées en France "à 79 % en région parisienne".
Selon la ministre, elles comportent environ 2 500 membres permanents, 2 500 "occasionnels" et parmi eux, se trouvent "47 % de mineurs".