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Anne-Marie Idrac : "La compétitivité de la France a cessé de se dégrader"

06.février2009

Anne-Marie Idrac détaille sa stratégie pour 2009, dans un entretien au quotidien Le Figaro du 6 février. Pour contrer la crise économique mondiale et l'aggravation du déficit commercial en 2008, la ministre insiste sur l'importance de maintenir les crédits à l'exportation. En 2009, il faudra compter sur les points forts de la France (grands contrats d'équipement notamment) et soutenir les exportations dans des niches sectorielles comme le développement durable.

Extraits de l'interview d'Anne-Marie Idrac

Comment s'explique l'aggravation du déficit commercial en 2008 ?

"La détérioration en 2008 est davantage marquée par les événements extérieurs que par une question de compétitivité. La facture pétrolière, qui se monte à près de 60 milliards d'euros - après 47 milliards l'année précédente -, est particulièrement élevée. Et depuis le deuxième trimestre, la demande de nos principaux clients s'est effondrée. L'importance de l'Union européenne dans notre commerce extérieur n'est, à ce titre, pas un atout."

La France perd-elle toujours des parts de marché ?

"Eh bien, justement, les premiers éléments à notre disposition nous font dire que la compétitivité de la France a arrêté de se détériorer. La part de la France dans les exportations de la zone euro s'est stabilisée. C'est la traduction des réformes engagées par le gouvernement."

Quels ont été les points forts de l'Hexagone, l'an dernier ?

"Toujours l'aéronautique, bien sûr. Mais aussi l'agroalimentaire et la pharmacie. 2008 a une nouvelle fois été une bonne année pour les grands contrats français - y compris ces derniers mois. Nos groupes ont vendu pour près de 31 milliards d'euros à l'étranger, après 37 milliards en 2007."

Les engagements des banques pour le financement des exportations

"Le défi de ­cette année, c'est le financement des exportations. Les banques françaises se sont engagées à délivrer 7 milliards d'euros de crédits à l'exportation, en échange de la participation de l'État à leur refinancement. Ma ligne d'action est claire : aucun contrat à l'export ne doit être perdu par manque de crédits !"

Les engagements des banques pour l'aéronautique

"Dans cette enveloppe [de 7 milliards], 5 milliards serviront à financer des projets de ventes d'Airbus. Une partie a-t-elle déjà été débloquée ? Le dispositif est opérationnel. Nous surveillons sa mise en œuvre et ferons le bilan à la fin de l'année."

Eviter un effondrement des exportations en cette année de crise économique aiguë

"Le FMI et la Banque mondiale prévoient un recul du commerce international : on ne pourra pas éviter que nos exportations soient affectées, elles aussi. Mais, en dehors de cet effet conjoncturel, l'évolution du commerce sera liée à celle de la liquidité. Les exportations sont très liées aux questions de crédit. L'ensemble des pays doivent veiller à ce que les banques continuent à financer les opérations commerciales. Ce qui signifie notamment au niveau du G20 tout faire pour favoriser la confiance et éviter le retour au protectionnisme."

En 2009, aller chercher les niches de croissance

"Il faudra aller chercher les "niches de croissance", en comptant plus que jamais sur nos points forts, comme les grands contrats d'équipement. En termes de pays, nous irons là où la croissance résiste mieux qu'ailleurs, comme au Brésil, en Inde et au Moyen-Orient. Sans négliger les niches, sectorielles par exemple, qui sont intéressantes à court terme et constituent les bases de l'investissement de demain. C'est le cas par exemple du développement durable où nos grandes entreprises sont très présentes mais où de nombreuses petites entreprises françaises possèdent également un réel savoir-faire reconnu à l'étranger. Nous les aiderons à exporter."