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7,9 milliards d'euros en faveur de la recherche

11.février2010
Laboratoire de recherche. Photo : AFP
Laboratoire de recherche. Photo : AFP

Sur les 7,9 milliards d’euros consacrés à la recherche, 3,5 milliards seront alloués au renforcement du dispositif français de valorisation de la recherche. Les secteurs de la biotechnologie et de la santé recevront 2,4 milliards. Cinq centres hospitaliers universitaires seront créés. Enfin, un milliard sera consacré aux laboratoires d'excellence et un autre aux équipements de la recherche.

Retour vers le sommaire du dossier : Des investissements d'avenir pour construire la France de demain

Le programme d'investissements d'avenir permettra de renforcer les secteurs les plus vitaux de la recherche publique, notamment celui de la santé, et de financer une rationalisation, une modernisation et surtout une professionnalisation du dispositif français de valorisation de la recherche.

L'Agence nationale pour la recherche (ANR) est d'ailleurs le principal opérateur de l'Etat pour le grand emprunt, puisqu'elle devra gérer 54 % des fonds, ce qui reflète la forte priorité donnée à l’enseignement supérieur et à la recherche qui bénéficient de 18,9 milliards d'euros au total.

Valorisation

"La première priorité est la valorisation", a déclaré le chef de l'Etat lors de la conférence de presse sur le grand emprunt, le 14 décembre 2009. "Nous sommes champions pour les découvertes mais très en retard pour le dépôt de brevets. Il faut donc amener les travaux de nos laboratoires vers les applications industrielles. Nous allons y consacrer 3,5 milliards d'euros sur l’enveloppe des 8 milliards."

L'emprunt permettra notamment de doter en capital un petit nombre de sociétés de valorisation très ciblées, implantées notamment sur les grands campus (1). Ces sociétés récupèrent les brevets et leur donnent une traduction quasi industrielle. "C’est l’interface entre les grandes industries et la recherche", a expliqué le chef de l'Etat.

Démonstrateur biocarburants. Photo : SIG
Démonstrateur biocarburants. Photo : SIG
Valorisation : les 3,5 milliards d'euros sont répartis de la façon suivante :
• un fonds national de valorisation sera doté de 1 milliard d'euros pour financer les actions de valorisation de la recherche publique, principalement en finançant, sur appel à projets, un nombre limité de sociétés de valorisation. Celles-ci bénéficieront d’une dotation en fonds propres leur permettant de se développer jusqu’au moment où elles s’autofinanceront, en principe au bout d’une dizaine d’années ;
• un fonds de 500 millions d'euros, non consomptible, dont les produits procureront un financement autonome et pérenne aux instituts Carnot, piliers de la recherche partenariale ;
• deux milliards d’euros seront consacrés à la création d’un petit nombre d’"instituts de recherche technologique" de rang mondial. Objectif : renforcer les écosystèmes constitués par les pôles de compétitivité. Ces instituts seront des plateformes interdisciplinaires rassemblant les compétences de l’industrie et de la recherche publique ; ils devront être labellisés par un pôle de compétitivité et disposer d’une visibilité internationale. L'utilisation de la dotation sera soumise à des critères stricts de co-investissement du secteur privé.

La deuxième priorité, c’est la santé et les biotechnologies, qui se verront affecter 2,4 milliards d'euros sur les 7,9 milliards. Parmi les objectifs visés, "c’est plus d’argent pour la recherche sur le cancer, les maladies génétiques, Alzheimer qui brise des dizaines de milliers de familles chaque année, et le sida", a expliqué Nicolas Sarkozy.

Biotechnologies, agronomie, bio-informatique et nanobiotechnologies

Laboratoire de nanotechnologies. Photo : AFP
Laboratoire de nanotechnologies. Photo : AFP
Environ 1,35 milliard d’euros, non consomptibles à hauteur des deux tiers au moins, seront octroyés à l’ANR pour le lancement de programmes de recherche ambitieux dans le domaine des biotechnologies, de l’agronomie, de la bio-informatique et des nanobiotechnologies. En particulier, des plateformes technologiques dédiées (génotypage et phénotypage à haut débit, ingénierie cellulaire et moléculaire) ou éventuellement pour la bio-informatique partagées avec les autres secteurs de la biologie (biologie fondamentale, santé et environnement) contribueront à l’émergence et à la structuration des programmes de recherche.

Ces programmes sont destinés à initier des filières : biocarburants, chimie verte, pratiques agricoles et développement de produits chimiques nouveaux plus respectueux de l'environnement et de la santé... Ils pourront donc déboucher rapidement sur la réalisation de démonstrateurs préalables au développement industriel.

Instituts hospitalo-universitaires

850 millions d'euros seront consacrés à la création d'instituts hospitalo-universitaires (IHU).

Laboratoire dans un CHU. Photo : AFP
Laboratoire dans un CHU. Photo : AFP
Les instituts hospitalo-universitaires rassembleront des équipes de recherche de niveau mondial autour d’un projet scientifique cohérent. Ils seront organisés pour attirer des chercheurs de très haut niveau et les placer dans un temps limité dans un environnement très réactif - laboratoires de pointe, chercheurs, post-doctorants et souplesse de fonctionnement. Un premier appel d’offres aura lieu afin de sélectionner les cinq IHU, ciblés sur les créneaux prometteurs pour la recherche publique et les entreprises françaises. Là encore, l'emprunt national concentre des moyens très importants sur un petit nombre d’équipes pour avoir l’excellence mondiale.

L'ANR pourra en outre financer des "cohortes" (jusqu'à 200 millions d'euros), des études qui permettent de suivre des populations saines ou présentant des pathologies spécifiques sur de nombreuses années.

Laboratoires de pointe situés hors des campus d'excellence

Le grand emprunt permettra de doter de moyens d’action des laboratoires d’une grande qualité scientifique qui seraient situés hors des campus d’excellence (1), à hauteur de 1 milliard d'euros. Ces moyens doivent servir à des recrutements de très haut niveau ou des projets d’équipements.

Grands équipements de recherche de valeur intermédiaire

La recherche française souffre d’une incapacité à investir dans les équipements de recherche de valeur intermédiaire, difficilement finançables par les organismes et les établissements de recherche sur leurs budgets et ne relevant pas pour autant d’une mutualisation entre les Etats. Or la plupart des activités de recherche se structurent désormais autour de ces grands équipements. Ces installations seront soutenues par le programme d'investissements d'avenir à hauteur de 1 milliard d'euros de subventions.

(1) Le programme d'investissements d'avenir prévoit en effet de mobiliser 7,7 milliards d'euros pour faire émerger une dizaine de campus d’excellence avec les moyens, la taille critique, les liens avec les entreprises qui leur permettront de rivaliser avec les meilleures universités mondiales.