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52 millions d'euros pour le plan en faveur des personnes sourdes ou malentendantes

12.février2010
Photo : Loïc Venance/AFP
Photo : Loïc Venance/AFP

Xavier Darcos et Nadine Morano ont lancé, le 10 février, le plan en faveur des personnes sourdes ou malentendantes. D'une durée de trois ans (2010-2012), ce plan fera l'objet d'un suivi par un comité de pilotage comprenant les associations et qui se réunira sous l'égide du secrétaire général du Comité interministériel du handicap (CIH), installé il y a deux jours par François Fillon.

La loi sur le handicap du 11 février 2005 fête ses cinq ans. C'est à la veille du jour anniversaire de la loi et dans la continuité de son action que le plan pour personnes sourdes et malentendantes a été présenté. Améliorer la prévention et le dépistage, prendre en compte plus efficacement la déficience auditive à tous les âges de la vie, et améliorer l'accessibilité auditive constituent les trois grands axes du plan.

52 millions d'euros pour 52 mesures

Améliorer la prévention, le dépistage et l'accompagnement. Prévenir les risques de pertes d'audition : les contrôles seront renforcés et des actions de prévention seront menées, notamment par une campagne de l'Inpes sur les risques liés à la musique amplifiée.

Le dépistage précoce doit être la règle. Un plan d'accompagnement rapide des personnes et de leur entourage permettra d'éviter les conséquences négatives tant en milieu scolaire que professionnel. Le plan prévoit d'instaurer un dépistage systématique des troubles de l'audition chez les jeunes de 16 à 25 ans et pour les personnes dès 60 ans.

L'accompagnement des familles sera renforcé grâce à l'ouverture en 2011 d'un Centre national sur la surdité doté d'un site internet. 420 000 euros par an lui seront alloués. Trois nouveaux centres d'action médico-sociale précoce (CAMSP) seront ouverts. Enfin, quelque 480 nouvelles places de services d'accompagnement familial et d'éducation précoce (Safep), seront créées et réparties sur tout le territoire.

Prendre en compte la déficience auditive à toutes les étapes de la vie

  • À l'école. De nouvelles technologies de l'information et de la communication pour l'éducation (Tice) seront en place dès la rentrée prochaine avec l'expérimentation d'un dispositif d'échange entre élèves sourds et professeurs, via un ordinateur avec synthèse vocale. En expérimentation aussi, des codeurs en langue parlée complétée (LPC).
    Une journée nationale de concertation et de réflexion sera organisée en décembre 2010 avec les ministères et les associations concernés pour l'insertion scolaire des jeunes sourds ou malentendants et la promotion des modes de communication spécifiques à leur handicap : LSF ou LPC.

  • À l'université. La liste des établissements accessibles sera publiée et mise à jour régulièrement. La politique de mise en accessibilité des formations sera renforcée : équipement en boucles magnétiques, recours à des interprètes…

  • Dans le milieu professionnel. En 2010, seront lancées des actions de sensibilisation des employeurs pour valoriser des expériences réussies d'intégration professionnelle. L'accessibilité à l'examen du permis de conduire est garantie immédiatement par l'État qui prendra en charge les frais d'interprètes. Une plate-forme de services d'accessibilité professionnelle, avec visio-interprétation à distance sur le modèle expérimenté par l'Agefiph et le FIPHFPsera lancée en 2011.


Une société plus accessible aux personnes sourdes et malentendantes. Renforcer l'accès à l'information et à la culture est un enjeu d'intégration sociale majeur. Pour ce faire, France Télévisions diffusera, dès 2011, un journal télévisé en langue des signes. De plus, dans le cadre de la numérisation des films du patrimoine, 6 500 courts-métrages et 6 500 longs-métrages seront sous-titrés en français, tout comme les DVD commercialisés à partir de 2011.

Le téléphone est un obstacle majeur pour les personnes sourdes ou malentendantes. Des solutions techniques existent comme le recours à des centres relais qui, via une connexion internet, donnent accès à des services d'interprétation, de codage ou de transcription à distance. Le plan prévoit la mise en place, dès 2010, d'un centre relais pilote pour les appels généralistes avec une généralisation du dispositif à partir de 2012. Pour prendre en compte dès à présent les appels d'urgence (15, 17,18 et 112) un centre relais sera mis en place par le CHU de Grenoble, avant la fin de l'année.

Il convient de développer les métiers contribuant à l'intégration des personnes sourdes et malentendantes : les interprètes, les codeurs, les transcripteurs… Une étude sera lancée pour évaluer les besoins, identifier les métiers et les formations nécessaires. D'ores et déjà, un plan de formation de 20 interprètes LSF et de 10 vélotypistes (transcripteurs de communication orale en texte écrit, en temps réel) par an sera lancé pour les années 2010 et 2011. En outre, un schéma pluri-annuel des formations sera lancé en 2012.

La langue parlé complétée (LPC)

La LPC traduit tous les sons de la langue parlée. Lorsque qu'une personne sourde lit sur les lèvres, elle peut confondre les lettres prononcées : par exemple, le P, le B et le M forment sur les lèvres des postures similaires. Le code LPC permet de visualiser tous les sons de la langue parlée et d'éviter les confusions provoquées par les sosies labiaux. Il facilite la lecture labiale et donne une image de la phrase complète avec tous les petits mots.

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Icône du fichier Plan_en_faveur_des_personnes_sourdes_ou_malentendantes.pdf