5,1 milliards pour l'accélération de la croissance verte
La croissance verte va connaître une progression rapide et fondera la croissance à venir. Avec 5,1 milliards d'euros pour les investissements d'avenir dans le développement durable, le grand emprunt va de nouveau doper la stratégie de croissance verte. Une confirmation après l'importance déjà accordée au développement durable dans le cadre du Plan de relance. Permettre un changement des comportements profond et rapide, réduire la production des gaz à effet de serre, s'engager résolument dans la croissance verte avec des retombées en termes d'emplois et de qualité de vie, tels sont les enjeux du développement de demain.
Les investissements d’avenir retenus par le Gouvernement réaffirment la priorité donnée au développement durable. Le soutien massif apporté au développement de technologies vertes permettra une véritable accélération dans le développement des filières vertes.
Aux 7 milliards d'euros investis chaque année par l'État jusqu'en 2020 dans le cadre du Grenelle Environnement, plus de 5 milliards d'investissement d'avenir vont soutenir les phases de recherche ou de pré-industrialisation dans les filières vertes d’avenir et dans le secteur du nucléaire civil :
- 2,6 milliards d'euros pour les énergies renouvelables ;
- 1 milliard d'euros pour le transport et l'urbanisme durable ;
- 500 millions d'euros pour la rénovation énergétique des logements ;
- 1 milliard d'euros pour le nucléaire.
2,6 milliards d'euros pour les énergies renouvelables et décarbonées
- 1,6 milliard d'euros sont alloués pour le soutien à des projets innovants de démonstrateurs et de plateformes technologiques. Ces investissements s'inscriront dans la continuité des orientations du fonds démonstrateur de l'Ademe. Ils se répartiront de la manière suivante :
• 1,35 milliard d'euros sur les énergies renouvelables et décarbonées : énergie solaire, énergies marines, géothermie, captage, stockage et valorisation du CO² et chimie verte.
• 250 millions d'euros dans le secteur de l'économie circulaire : tri et valorisation des déchets, dépollution et écoconception de produits industriels, etc. - 1 milliard d'euros seront consacrés à la constitution de campus d'innovation technologique autour de filières énergétiques et climatiques porteuses d'avenir. Cinq à six instituts d'excellence seront créés dans la logique poursuivie par les pôles de compétitivité.
1 milliard d'euros pour les transports et l'urbanisme durables
Les grandes aires urbaines que constituent les villes sont le lieu emblématique des enjeux de l'aménagement du territoire et de développement durable : maîtrise de l'extension urbaine, développement des transports en commun, amélioration des performances énergétiques, cohésion sociale. Le Grenelle Environnement a souhaité la réalisation d'une quinzaine de grands projets d'innovation architecturale, sociale et énergétique. L'idée de Ville durable est au coeur du Plan Ville durable présenté en Conseil des ministres du 22 octobre 2008. Il comporte quatre points ayant fait l'objet d'appels à projets : EcoQuartier, EcoCité, Transport commun en site propre (TCSP) et promotion et valorisation de la nature en ville. L'État souhaite promouvoir les grandes agglomérations qui s'engagent sur la voie de la durabilité urbaine.
- 1 milliard d'euros gérés par la Caisse des dépôts et consignations seront consacrés au financement de programmes favorisant l'émergence d'un nouveau modèle urbain. Les financements seront concentrés sur une dizaine de projets novateurs de grande échelle, notamment les ÉcoCité.
Parmi les 13 projets sélectionnés en 2009, le projet EcoCité de "Strasbourg-Kehl, métropole des Deux Rives" a pour particularité de franchir les frontières du Rhin dans une dimension européenne.
La nature en ville. Pour répondre à l'enjeu de promotion et de valorisation de la nature en ville du Plan Ville durable, il vise aussi à renforcer la présence de la nature en ville, gage de qualité de vie. La biodiversité sera confortée jusqu’au coeur de la ville sous diverses formes : création de parcs naturels urbains, de jardins familiaux, et encouragement à l’agriculture périurbaine.
500 millions d'euros pour la rénovation thermique des logements privés
Le parc immobilier résidentiel et tertiaire consomme 44 % de l'énergie en France et constitue la troisième source d'émissions de CO² (23 %). Le Grenelle Environnement a fixé un objectif de diminution de 38 % de consommation d'énergie d'ici à 2020. Les efforts d'amélioration de la performance énergétique se concentreront sur la rénovation thermique de 19 millions de logements énergivores construits avant la première réglementation thermique de 1975.
- 500 millions d'euros sont investis au titre du programme sur les investissements d'avenir. L'Agence nationale de l'habitat (Anah) sera l'opérateur de référence pour gérer le fonds d'aide à la rénovation thermique des logements privés.
1 milliard d'euros pour le nucléaire de demain
Dans un contexte d'appauvrissement des ressources d'énergies fossiles et de la nécessaire diminution des énergies génératrices de gaz à effet de serre, l'énergie nucléaire occupe encore, à côté des énergies vertes, une place importante pour la satisfaction des besoins industriels et des réseaux d'alimentation électrique. Les réacteurs électronucléaires actuellement en service sont appelés à être remplacés par des réacteurs EPR (à eau pressurisée). Le premier EPR français, celui de Flamanville (Manche) "sera mis en service en 2012 pour une production d’électricité en 2013", a déclaré le Premier ministre, lors de sa visite sur site le 28 novembre dernier. Il correspond à la 3e génération de réacteurs. La construction d'un prototype de réacteur de 4e génération permettra de passer à l'échelle industrielle pour cette technologie à l’horizon 2040.
Ce réacteur expérimental d'irradiation est destiné à la recherche sur les comportements des matériaux et combustibles entrant dans la composition des réacteurs de centrales nucléaires. Par ailleurs, le RJH permettra de produire 25 % des besoins européens en isotopes radioactifs (thallium, technitium, iode-131…) à courte durée de vie et donc instockables, utilisés dans le secteur de la médecine nucléaire notamment pour les examens radio-isotopiques (imagerie médicale).
Le RJH s'impose en Europe pour répondre aux besoins expérimentaux des matériaux et combustibles des centrales nucléaires et pour assurer la production de radioéléments utilisés en particulier dans le domaine médical.
Pourquoi un réacteur d'irradiation ? Les projets de réacteurs nécessitent en permanence des études pour accroître leur performances, améliorer leur sûreté, prévoir leur comportement en phase d'industrialisation. Aux études théoriques faisant appel à de puissants modèles mathématiques, il est nécessaire d'adjoindre des expériences de mise au point et de validation nécessitant, pour une grande partie, l'utilisation de flux de neutrons dans des réacteurs spécialisés. C'est le rôle des réacteurs d'irradiation. Le réacteur Jules Horowitz s'inscrit dans cette logique de recherche et d'expérimentation pour une meilleure connaissance des réacteurs à fission.