François Fillon

Nommé Premier ministre par le président de la République Nicolas Sarkozy en mai 2007, François Fillon avait auparavant occupé de nombreux postes ministériels. Il est l'unique Premier ministre du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Après la défaite de ce dernier, il est élu député de Paris en juin 2012.
 
François Fillon
Le président porte la politique et moi je la mets en œuvre. Cela se traduit de manière très simple. Lundi, il y a trois réunions ministérielles à l’Elysée. Chacune a été préparée la veille à Matignon par moi-même.
François Fillon
 
Bio express
 
  • Né le 4 mars 1954 au Mans (Sarthe)
  • Assistant parlementaire puis chef adjoint de cabinet
  • Député de la Sarthe en 1981
  • Partis politiques : RPR - UMP
  • Premier ministre de mai 2007 à mai 2012
  • Député de Paris en juin 2012


Fils d’un notaire et d’une historienne, François Fillon est titulaire d’une maîtrise et d’un diplôme d’études approfondies en droit public. Il débute sa carrière en tant qu’assistant parlementaire auprès du député Joël Le Theule, en 1976. De 1978 à 1980, il est chef adjoint du cabinet de Joël Le Theule, ministre des Transports puis de la Défense. En juin 1981, il est élu député de la Sarthe. Il est alors, à 27 ans, le benjamin de l’Assemblée nationale. Neuf ans plus tard, il prend la présidence du conseil général de la Sarthe.

Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement Balladur (mars 1993-mai 1995), il est ministre des Technologies de l’information et de la Poste (mai-novembre 1995) puis ministre délégué chargé de la Poste, des Télécommunications et de l’Espace (novembre 1995-juin 1997) dans les gouvernements Juppé.
En 1997, il devient secrétaire national du Rassemblement Pour la République (RPR) après l’élection de Philippe Seguin à la présidence du parti.
En 2002, il est nommé ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité (juin 2002-mars 2004) dans le gouvernement Raffarin. Il conduit la réforme des retraites.

Nommé ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (mars-novembre 2004), il entreprend une réforme du système éducatif français avec la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école.
 

François Fillon à l'Hôtel de Matignon

 
Un président
un Premier ministre
François Fillon est le seul Premier ministre qui n'a pas cédé sa place au cours d'un mandat présidentiel
Lorsqu’il est nommé Premier ministre, François Fillon s’est préparé depuis longtemps à son éventuelle nomination. Son image de gaulliste social, longtemps proche de Philippe Séguin, doit tempérer l’image libérale de Nicolas Sarkozy.
Son premier gouvernement est marqué par une ouverture à des personnalités de gauche (Bernard Kouchner aux Affaires étrangères, Jean-Pierre Jouyet aux Affaires européennes, Eric Besson à la Prospective économique). Il est également ouvert à des personnalités du centre droit (Hervé Morin) et de la société civile (Martin Hirsch). L’équipe comprend peu d’énarques – 5 sur 33 ministres et secrétaires d’Etat -, confirmant une évolution entamée sous Jean-Pierre Raffarin. Pour la première fois, le gouvernement respecte la parité. Avec Rachida Dati à la Justice et Rama Yade aux Droits de l’homme, il veut aussi incarner une reconnaissance de la "diversité". Enfin, un grand ministère de l’écologie est créé, et confié à Alain Juppé (qui quitte le poste lors du premier remaniement).
La presse parle très vite d’"hyperprésidence". Chaque ministre reçoit une lettre de mission du président de la République, cosignée par François Fillon. Les conseillers de l’Elysée, Claude Guéant ou Henri Guaino, s’expriment directement dans la presse.

Discours de politique générale, 3 juillet 2007

Le Premier ministre annonce une modernisation des institutions, envisageant notamment la possibilité d’intervention du président de la République devant les députés. Il évoque également le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, la mise en place de l'autonomie des universités et une réforme de la carte judiciaire des tribunaux et cours d'appel. En outre, il fait part aux députés de son objectif de réduction du chômage à 5 % de la population active.

Des réformes structurelles

Luc Chatel, ministre de l'Education nationale et François FillonEn 2007, l'Assemblée vote la loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (loi TEPA) qui regroupe plusieurs mesures dont la défiscalisation des heures supplémentaires, le bouclier fiscal, la suppression ou la baisse des droits de succession pour les patrimoines moyens, l'instauration du Revenu Social d’Activité (RSA).
En 2007, le gouvernement met en place la loi sur l'autonomie des universités, suivie avec un intérêt particulier par l’ancien ministre de la Recherche qu’il a été.
Pour accélérer la réforme de l’Etat, François Fillon lance la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Il est favorable à la réduction du nombre de fonctionnaires, appuyant le principe du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
Il est aussi très actif sur la réforme des collectivités locales engagée par le gouvernement en 2010, afin de clarifier les responsabilités entre les différents échelons territoriaux.
En 2008, le Congrès adopte une ample réforme de la Constitution.
 
Cette réforme encadre et limite certains pouvoirs du président de la République, qui y gagne le droit de s’exprimer devant le Congrès. Il ne peut plus faire plus de deux mandats consécutifs. L’usage du 49-3 est limité. L’Assemblée nationale obtient le droit d’exprimer des résolutions. Un défenseur des Droits est institué. Un référendum d’initiative minoritaire est instauré. Les justiciables peuvent dorénavant saisir le Conseil constitutionnel pour une question prioritaire de constitutionnalité. Le Conseil économique et social devient le Conseil économique, social et environnemental. En 2009, sont lancés les Investissements d’avenir pour soutenir l’innovation industrielle.
En 2010, la loi portant réforme des retraites prévoit, pour la première fois, un report de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans.

Le temps de la rigueur budgétaire


En 2007, le Premier ministre fait sensation en déclarant : "je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite". La tourmente économique déclenchée en 2008 appuie son souhait d'instaurer davantage de rigueur budgétaire.
Le 24 août 2011, lors d'une conférence de presse tenue à l'hôtel Matignon, il présente un plan d'économies de 12 milliards d'euros pour 2011 et 2012, afin de compenser le ralentissement de la croissance économique - les mots "rigueur" et "austérité" sont néanmoins bannis. Il annonce notamment l'instauration d'une taxe exceptionnelle sur les revenus fiscaux supérieurs à 500 000 euros par an, une modification de la taxation des plus-values immobilières, une hausse des prélèvements sociaux sur les revenus du capital, l'augmentation des prix du tabac, de l'alcool, des boissons avec des sucres ajoutés.
 

L'après-Matignon


Après la défaite de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de mai 2012, François Fillon est élu député de Paris (2e circonscription) en juin.
 

Les principales lois du gouvernement Fillon