Fabienne : "Je portais ça en moi"

 
Photo de Fabienne Gaugnion
Fabienne Gaugnion est auxiliaire de puéricultrice dans un centre de multi-accueil en Haute-Vienne, depuis 24 ans. Selon Fabienne, "on n'entre pas dans les métiers de la petite enfance par hasard. Je portais ça en moi, je voulais  retransmettre ce que j'avais vécu pendant mon enfance." Une enfance heureuse et sereine où très tôt, elle sait qu'elle "veut travailler avec de l'humain." Le lycée terminé, elle hésite entre les métiers d'aide-soignante et infirmière. Sa rencontre avec une amie auxiliaire de puéricultrice la convainc, elle entre en formation et obtient son diplôme professionnel.
 
S'occuper d'enfants suppose de bien connaître les phases de développement de zéro à trois ans pour pouvoir les accompagner. Mais au-delà des acquis techniques, "il y a aussi une forme d'empathie, cette envie d'apporter aux autres", nous dit Fabienne. "Mais on sait que les enfants ne nous appartiennent pas. On les côtoie en tant que professionnels et non en tant que proches !", précise-t-elle aussitôt.
 
L'aptitude à la communication est également un facteur important car les tout-petits ne possèdent pas encore tous les codes pour se faire comprendre. Il convient d'être à leur écoute. De l'attention et de l'écoute, Fabienne n'en manque pas, même dans les moments difficiles. "Quand vous avez des enfants hyper-vivants, vous n'avez pas le droit de ne pas être présente pour eux. Il faut déposer ses soucis au seuil de la porte."  Dans cet environnement bruissant de vie, il  faut faire montre de patience et d'écoute pour être à même de répondre aux attentes des enfants mais aussi de leurs parents, leurs premiers éducateurs. Comme le précise Fabienne, une auxiliaire de puériculture "peut travailler en maternité, en milieu hospitalier, en crèche, en halte-jeu, dans des centres de PMI…" Une diversité de situations qui demande un sens des relations humaines très développé.
 
Fort heureusement, c'est un travail d'équipe. "On n'est pas tout seul, car on travaille dans une équipe pluridisciplinaire." Et puis, les  enfants le lui rendent bien. Fabienne se souvient d'un jour où se retrouvant seule à s'occuper d'une nuée de petits, elle est débordée : "tous les enfants tourbillonnaient autour de moi, je ne savais plus où donner de la tête : une fièvre à prendre,  un bobo à soigner, un chagrin à réconforter …" Un enfant s'approche alors d'elle et lui lâche : "Fafa, t'aime moi…". Émue, elle se souvient : "j'ai compris que j'étais là pour les enfants, mais qu'eux étaient aussi là pour moi." Entre Fabienne et les enfants, c'est l'histoire d'une transmission. 

 
Portrait réalisé par Patrick Do Dinh