25 mai 2016 - Actualité

Euro 2016 : l’État, les organisateurs et les villes-hôtes mobilisés pour une sécurité optimale

L’Euro 2016 de football se déroule en France du 10 juin au 10 juillet, dans dix villes-hôtes. Pour la première fois, la compétition rassemble 24 équipes pour 51 matchs et attire 2,5 millions de spectateurs dans les stades. Plusieurs millions de supporters sont attendus à cette occasion sur le sol français. Cet événement exceptionnel se déroule dans un contexte particulier, lié à la menace terroriste. Il bénéficie en conséquence d’un niveau de sécurité exceptionnel afin d'être une réussite en terme de sécurité, pour qu’il soit un plein succès sportif, et reste ce qu’il doit être : une fête.
 
Mis à jour le 22 juin 2016

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a présenté, mercredi 25 mai 2016, le dispositif déployé pour assurer la sécurité de l'Euro 2016 de football dans les 10 villes-hôtes en France (Lille, Lens, Paris, Saint-Denis, Lyon, Saint-Etienne, Bordeaux, Toulouse, Marseille et Nice). Véritable co-production entre l’État, les organisateurs (UEFA, Fédération française de football), et les villes-hôtes, mobilisés pour une sécurité optimale, il est conçu pour anticiper, prévenir et le cas échéant réagir tant à la menace terroriste qu’à d’éventuels débordements et violences des hooligans.

Le 20 juin 2016, Bernard Cazeneuve et Patrick Kanner ont présidé une réunion de la cellule interministérielle de crise, activée à l'occasion de l'Euro 2016 de football, en présence du président de la société EURO 2016 SAS, Jacques Lambert, afin de faire un point sur la sécurité de la compétition, alors que 26 des 51 matchs s'étaient déjà déroulés.

Les ministres ont remercié l’ensemble des services de l’État mobilisés pour assurer la sécurité de la compétition. Par ailleurs, le bilan du dispositif de sécurité est jusqu’à présent plutôt positif : à l’exception des incidents survenus à Marseille, le 11 juin, les matchs se sont déroulés sans incident notable. L’État a fait preuve de fermeté totale avec l’interpellation de 557 individus, notamment pour violences, vols ou dégradations de biens, dont 344 ont été placés en garde à vue, 21 ont déjà été condamnés à des peines de prison ferme et 6 avec sursis. Par ailleurs, 25 personnes ont fait l’objet d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière, ainsi que d’une abrogation de leur visa. Des arrêtés d’interdiction administrative du territoire seront pris en complément. Avant le début de la compétition, 3 200 fiches d’interdiction d’entrée sur le territoire avaient déjà été prises. 

Les rôles de chacun ont été précisément et clairement répartis :
 
  • à l’intérieur des stades, la sécurité est à la charge de l’organisateur (la société EURO 2016 SAS). Les postes de commandements opérationnels (PCO), situés à l’intérieur des stades, constituent le point névralgique de coordination du service d’ordre mis en place pour chaque rencontre ;
  • à l’extérieur des stades, des effectifs de police et de gendarmerie seront pré-positionnés à la périphérie des enceintes, pour y assurer l’ordre public et être en mesure d’intervenir dans les stades ;
  • l’organisation et la sécurisation des fan-zones (lieux officiels de retransmission publique des matchs de la compétition sur des écrans géants, situés dans les villes-hôtes), sont quant à elles à la charge des collectivités territoriales qui les accueillent. Les forces de l’ordre en assureront la protection périphérique. La participation de l’État aux coûts de sécurisation des fan-zones s’élève à 8 millions d’euros au profit des villes-hôtes (dont 1,9 million au titre de la vidéo-protection). Les retransmissions des matchs hors des fan-zones se dérouleront dans des lieux clos et sécurisés.

Environ 90 000 personnes assureront la sécurité de l'Euro 2016


Plus de 77 000 personnels du ministère de l’Intérieur mobilisés :
  • 42 000 policiers dont 2 000 de la sécurité publique, 5 000 de la police aux frontières, 2 000 CRS et 10 000 de la Préfecture de Police de Paris ;
  • 30 000 gendarmes, dont ceux du GIGN et de ses antennes régionales ;
  • 5 200 personnels de la sécurité civile dont 2 500 sapeurs-pompiers et 300 démineurs.
Une partie des 10 000 militaires de l’opération Sentinelle sera spécifiquement affectée à la sécurisation de l’Euro, notamment dans les principales infrastructures de transports .

13 000 agents de sécurité privée seront déployés sur l’ensemble de la compétition, ainsi que 1 000 bénévoles des associations de secourisme. Les maires des villes-hôtes pourront par ailleurs mobiliser, s’ils le souhaitent, leurs effectifs  de police municipale pour compléter le dispositif.

Le GIGN, le RAID et la BRI se sont de plus mis en situation de couvrir l’ensemble des sites pour y intervenir dans les délais les plus brefs.

30 exercices de sécurité réalisés en amont de la compétition

Au cours des deux derniers mois, près de 30 exercices interministériels de simulation se sont déroulés sur le territoire national pour préparer les services de l’État, les policiers de terrain, les forces d’intervention, et les secours, à faire face à tous types de situations de crise. Un exercice de type NRBC s'est par exemple tenu à Nîmes le 17 mars dernier.

Une cellule d’analyse des risques, rassemblant aussi bien les acteurs concourant au renseignement intérieur et extérieur que ceux œuvrant en matière de sécurité publique, sera activée 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pour fournir, en temps réel et avant chaque rencontre, un état des différents risques et menaces, sur les lieux des matchs eux-mêmes, mais aussi sur les autres sites susceptibles d’être concernés afin que les préfets et l’échelon central puissent adapter en permanence les dispositifs opérationnels de terrain. Les réseaux Europol et Interpol sont bien entendu mobilisés dès à présent, ainsi que l’ensemble des outils d’échanges d’information entre les polices nationales.

L’application d’alerte SAIP

Je présenterai, juste avant l’Euro, une application d’alerte aux populations en cas de péril imminent, application téléchargeable sur smartphone, qui sera opérationnelle pour l’ouverture de la compétition. Nous faisons tout pour éviter une attaque terroriste, et nous nous préparons également à y répondre si elle devait intervenir.
Bernard Cazeneuve

La direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crise (DGSCGC) du ministère de l’Intérieur en collaboration avec le Service d’information du Gouvernement (SIG) ont travaillé au développement d’une application mobile d’alerte des populations sur smartphone : "SAIP", pour Système d’Alerte et d’Information des Populations.
 
Opérationnel pour l’Euro 2016 de football en France, cet outil s'inscrit dans une démarche de développement d’une culture de vigilance et de sécurité de nos concitoyens, initiée avec la campagne de sensibilisation "Réagir en cas d’attaque terroriste" qui donne des instructions pratiques autour du triptyque : "s’échapper, se cacher, alerter". Dans sa phase initiale, cette application, gratuite pour l'usager, permet d’être avisé, via une notification sur son smartphone, d’une alerte en cours à la suite d’une suspicion d'attentat, ou d’événements exceptionnels de sécurité civile (alerte nucléaire, produits dangereux, rupture d’ouvrage hydraulique) susceptibles de résulter d'un attentat. Une seconde phase, prévue dans les prochains mois (par mise à jour de l’application), prendra en compte tous les risques majeurs et les messages de vigilance. En plus des messages d’alerte géolocalisés, l’application délivre également les conseils comportementaux et consignes à respecter en fonction de la nature de l’alerte et de la zone où l’on se trouve. 

protéger les joueurs

Chaque équipe nationale de football est accompagnée par un officier de liaison et de sécurité. Affecté de manière permanente auprès de la sélection durant son séjour en France, l’officier de liaison et de sécurité est le point de contact privilégié de l’officier de sécurité national (TSO) et de l’officier de liaison affecté par EURO 2016 SAS auprès de chaque équipe. Il assure l’interface entre la délégation étrangère, les agents d’accompagnement de sécurité et les autorités de police ou de gendarmerie territorialement compétentes, ainsi que le dispositif de sécurité privée mis en place par les organisateurs et placé sous leur responsabilité.

En outre, 2 policiers du RAID sont affectés à chaque équipe, a minima ; ils en assurent la protection rapprochée partout où elle séjourne ou se déplace. Pour les équipes plus exposées, un dispositif de sécurité de niveau supérieur est engagé. Ces effectifs sont équipés de tenues adaptées et de moyens de communication de haute technicité.

Enfin, 3 500 policiers de la sécurité publique sont engagés pour sécuriser les camps de base de chaque sélection, qui est également escortée par les forces de l'ordre lors de chaque déplacement.

lutter contre le hooliganisme

Un important dispositif en matière de coopération internationale est mis en place par la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH) et dans lequel près de 200 policiers étrangers renforcent  les effectifs de la sécurité publique.