20 mai 2017

Enquête de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) sur les injures à caractère homophobe.

A l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l'homophobie, et dans le cadre des 10 ans de l’enquête nationale de victimation « Cadre de vie et sécurité », l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publie une étude sur les injures à caractère homophobe.
 
Cette étude analyse les injures considérées comme homophobes par leur victime à partir de l’enquête Cadre de vie et sécurité (CVS). Après avoir délimité les principaux traits caractéristiques de ce type d’injures (victimes, lieux, moments, auteurs, conséquences, etc.) en les comparant aux injures dans leur ensemble, l’étude propose une analyse textuelle détaillée de ces propos injurieux à partir du corpus de mots tels qu’ils ont été rapportés par les victimes.
 
Les victimes d’injures à caractère homophobe sont à la fois typiques et singulières en comparaison des victimes d’injures en général. Elles sont typiques par le fait que les injures se déroulent en majorité en face-à-face dans les espaces publics (rue et transports), en journée et en semaine. En revanche, les hommes jeunes sont surreprésentés parmi ces victimes. Notons que les hommes victimes d’injures homophobes voient plus souvent leur apparence physique ciblée que les hommes victimes d’injures en général. Les victimes d’injures homophobes se sont aussi plus souvent fait injurier par un groupe d’auteurs, plus souvent masculins que pour l’ensemble des injures. Enfin, elles vont plus souvent porter plainte et déclarent plus souvent subir des dommages psychologiques.
 
L’analyse textuelle révèle quant à elle la diversité des formes injurieuses et les profils de victimes auxquelles elles sont associées. Trois univers d’injures peuvent ainsi être mis en évidence. Une première classe d’injures lesbophobes proférées par des femmes dans le milieu professionnel se distingue d’un deuxième type d’injures gayphobes exprimées par des auteurs jeunes et en groupe à l’encontre de victimes également jeunes. Le dernier ensemble d’injures concernent des femmes relativement âgées et peu diplômées insultées à leur domicile par des auteurs qu’elles connaissent.