Égalité femmes/hommes : vous avez la parole

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes dimanche 8 mars, gouvernement.fr a invité les internautes à partager leurs expériences et à proposer des solutions pour améliorer encore l’égalité entre les sexes. Entre améliorations constatées et difficultés du quotidien, vous avez été nombreuses à réagir.
 


Les contributrices, comme @sylvielyons, saluent d’abord les progrès accomplis vers une société paritaire : "J'aimerais parler de mon expérience en tant que militante au sein d'un parti politique et je voudrais dire combien la parité est un progrès. Cela ouvre les portes aux femmes qui peuvent ainsi investir des espaces politiques jusque-là "réservés" aux hommes". Cependant @EmelineTouzet insiste sur l’emprise persistante de clichés : "Les femmes seraient trop sensibles, trop émotives, pour pouvoir gérer les affaires publiques". Pour @Elooooody, ces avancées doivent être concrétisées dans la loi, “faire de la parité une norme, une obligation dans toutes les instances en politique, dans les médias, dans les entreprises, dans l'enseignement".
 
La représentation des femmes, notamment dans les médias, est au cœur des témoignages. "Là où je vois le plus le sexisme au quotidien, c'est dans les propos sexistes décomplexés du web et à la télé", écrit Noémie, "et aussi dans le fait que beaucoup trop de personnes n’assimilent pas le madame pour toutes. Il faudrait des campagnes là-dessus." Élodie poursuit et appelle à "la vigilance de toutes et de tous vis-à-vis des médias, des campagnes de publicité qui réduisent les femmes et les hommes à l'état d'objet sexuel”. Pour @Lorelei_MT, cette lutte ne se limite pas aux seul médias mais aussi à l’ensemble des représentations culturelles : "il apparaît aussi nécessaire de s’attaquer à la sous-représentation des femmes [dans les livres d’Histoire] et aux clichés dont elles sont victimes, grâce à des gestes symboliques". Lorelei nous invite à s’inspirer du Québec, où existe un musée de la Femme, qui fait la part belle aux femmes méconnues de l’Histoire.
 
30 ans après le vote de la loi Veil, l’accès à l’IVG demeure un droit sur lequel les femmes ne transigent pas : "Je suis à titre personnel très satisfaite des mesures prises par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, afin d’améliorer l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) même si les délais d’attente demeurent très longs et les centres IVG peu nombreux." Les efforts pour défendre ce droit sont appréciés : "il est sécurisant de constater que le Gouvernement s’attaque aux intox diffusées sur le web par la création d’un site officiel dédié à l’information sérieuse et objective sur l’IVG."
 
L’égalité femmes / hommes se vit aussi au quotidien. "Je sais que cela demande effectivement de l'organisation, de l'endurance et de la combativité pour rester au même niveau d'activité que les hommes (réunions, déplacements, rencontres, études de dossier...). Des solutions de garde d'enfants devraient être proposées systématiquement à domicile ou sur site lors de conférences". A l’instar de ce témoignage de Sylvie, la garde des enfants est encore trop souvent perçue comme un frein, une charge qui incomberait aux femmes.  Sur ce point les mesures prises par le Gouvernement vont dans le bon sens : "J’apprécie le meilleur partage du congé parental [...] mais le gouvernement devrait s’attaquer au non-versement des pensions alimentaires qui pénalise les femmes isolées et leurs enfants". Que Loreleï se rassure, c’est maintenant le cas !
  @MireilleZara considère cependant qu'il reste du chemin à faire : "Malgré un important corpus législatif et malgré des mesures visant la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, la situation des femmes sur le marché du travail reste cependant plus fragile que celle des hommes". Même constat en politique, selon Emeline : "En France et en Europe, les femmes continuent d’être minoritaires dans toutes les institutions politiques, et ce malgré les nombreuses politiques paritaires mises en place depuis une dizaine d’années. Environ 27% des députés, 20% des sénateurs et 14% des maires sont des femmes. Celles-ci constituent pourtant 53% du corps électoral ...".  "On parle souvent de la difficulté pour les femmes à s’engager en politique, du fait de la conciliation complexe entre vie privée et vie publique. On évoque aussi les réflexions sexistes encore trop nombreuses à l’égard des femmes engagées (les critiques vestimentaires et les bruits animaliers dans l’hémicycle ne sont à cet égard qu’une toute petite partie d’une triste réalité). On avance aussi souvent les réticences des femmes à s’engager dans un milieu où l’agressivité et la compétition (souvent d’ailleurs identifiées comme des attributs masculins) dominent. Tous ces constats sont malheureusement vrais".

"Au-delà des grands dossiers et des grands chantiers connus de (presque) tous-tes (violences faites aux femmes, inégalités professionnelles persistantes...), c'est au quotidien que le sexisme ordinaire se manifeste". Les contributrices demandent au Gouvernement d’investir ces questions. "Je souffre du harcèlement de rue quasiment dès que je sors et je ne suis pas un cas isolé. Il y a une éducation de masse à faire, c’est à l’État de prendre ça en compte car individuellement on ne peut pas le faire".

Malgré la circulaire de 2012 supprimant l’emploi administratif du terme "mademoiselle", nombreuses sont celles qui s’insurgent contre le sexisme dont elles sont victimes, parfois sous couvert d’humour "c’est tous les jours que des blagues sexistes sont faites, l’air de rien".
 
Enfin, qu’il s’agisse des grandes mesures ou des gestions du quotidien, un principe doit être rappelé : il faut "cesser de croire que la lutte contre les inégalités femmes / hommes ne sera bénéfique qu'aux seules femmes. Elle sera bénéfique à toutes et à tous : femmes, hommes et transgenres".

 

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