16 juin 2014 - Discours

Discours du Premier ministre - Clôture de la Conférence de méthode préparatoire à la Grande Conférence sociale

"Vous avez pu le constater lors de nos échanges bilatéraux, je souhaite avoir un dialogue franc et direct avec vous."
Lundi 16 juin 2014, Hôtel de Matignon

Seul le prononcé fait foi

Mesdames et messieurs les Présidents et Secrétaires généraux,
Mesdames, messieurs,

Je suis heureux de vous retrouver -pour la première fois tous ensemble- pour préparer la Grande Conférence sociale des 7 et 8 juillet prochain.
Je vous prie d’excuser l’absence de quatre ministres -Michel Sapin, Arnaud Montebourg, Marylise Lebranchu et Najat Vallaud-Belkacem- qui sont en déplacement ce matin. Le Gouvernement se déploie sur le terrain au quotidien. C’est aussi cela l’action, même si cela complique l’organisation de nos réunions ici même à Paris. Certaines se déploient même jusqu’au Brésil, c’est dire…. Ils sont représentés par leurs directeurs de cabinet.
De même Thierry Le Paon a fait savoir qu’il avait un empêchement personnel ce matin.
Vous avez pu le constater lors de nos échanges bilatéraux, je souhaite avoir un dialogue franc et direct avec vous.
Un dialogue franc et direct, cela veut dire mesurer le poids de la crise économique et sociale qui traverse notre pays. Cette crise produit une angoisse profonde chez nos concitoyens quant à leur futur. Elle provoque les tensions sociales, aussi bien que repli sur soi, la désespérance et – on l’a vu dans les urnes – le rejet de l’autre.
C’est une situation dont nous devons tous – politiques et acteurs sociaux – mesurer la gravité. Pas simplement pour le déplorer mais pour y faire face et y répondre, parce que c’est notre responsabilité, notre responsabilité collective. J’insiste sur ces deux mots de "responsabilité" et de "collective".

La responsabilité, c’est celle du Gouvernement à partir du cap fixé par le président de la République. C’est le programme que j’ai présenté au Parlement lors de mon discours de politique générale. C’est le sens du Pacte de responsabilité et de solidarité qui se traduit aujourd’hui dans les textes qui seront débattus au Parlement au cours des prochaines semaines. Des choix clairs de baisse progressive du coût du travail et de la fiscalité pour les entreprises et de soutien au pouvoir d’achat des plus modestes pour développer l’emploi et soutenir l’investissement et la croissance.

J’entends parfois que certains doutent de ma détermination. Si c’est nécessaire donc, je le réaffirme devant vous, encore une fois, et ce n’est ni flou ni ambigu : le Gouvernement tiendra ses engagements, ceux qui sont inscrits dans le Pacte de responsabilité et de solidarité pour la période 2015-2017. La majorité parlementaire s’est déjà prononcée sur ce Pacte, par un vote, et elle le confirmera dans les votes à venir soyez-en sûrs.
 

En matière sociale – et je dirai même en matière économique et sociale, la responsabilité elle est aussi partagée avec vous partenaires sociaux. Parce qu’au-delà des lois, c’est par votre action au quotidien, celle de ceux et celles que vous représentez – salariés et entrepreneurs – que se construit l’avenir du pays et son dynamisme. Je sais que dans notre pays on attend par tradition beaucoup de l’Etat. Mais je sais aussi – comme chacun de vous ici – que dans le monde économique, dans le monde du travail, les acteurs que vous êtes sont des acteurs absolument déterminants.
Rien ne peut se faire sans vous !

Nous nous devons donc d’être exigeants avec nous-mêmes. Parce que les Français nous le demandent.
Je sais les tensions qui peuvent exister. Ces tensions, elles sont entre patronat et syndicat, entre syndicats et pouvoirs publics, entre patronat et pouvoirs publics. Elles le sont aussi – et je suis bien placé pour le savoir – à l’intérieur de nos organisations où les choix que nous portons et que nous assumons en tant que décideurs sont parfois loin d’être des évidences.

Mais la situation du pays comme l’attente de nos concitoyens nous commandent de dépasser ces tensions. Il ne s’agit pas de les nier – elles ont toujours existé, elles font partie de la vie sociale, elles reflètent des divergences d’intérêt qui existent – mais de savoir les dépasser, pour "retrousser les manches" collectivement autour d’un intérêt général qui – comme son nom l’indique – profite en définitive à tous.

La Grande Conférence sociale, ce ne doit pas être "la grande kermesse du social" comme se plaisent à l’appeler certains observateurs pourfendeurs du dialogue social. Ce n’est pas le lieu d’un "consensus mou", de la recherche du plus petit dénominateur commun.
 

Je souhaite donc que cette 3e conférence sociale soit un temps d’action et un temps de mobilisation exigeants.

François Rebsamen va nous présenter dans quelques instants la proposition de déroulé général et les propositions de thématiques pour les tables-rondes.

Je souhaite avant cela insister sur deux choses :
  • Nous avons souhaité un format plus resserré pour dynamiser nos échanges, ce qui était la demande d’un grand nombre d’entre vous après la 2eme grande conférence. Nous voulons un lieu de débat, pas un lieu de palabres. C’est aussi, sachez-le, mon état d’esprit – et plutôt mon tempérament…
  • L’une des difficultés permanentes que nous rencontrons dans l’action est de concilier l’action à long terme, la préparation de la France dans 5, 10 ou 15 ans, et le traitement de l’urgence de la situation sociale du moment. Je souhaite que la Grande conférence débouche sur des mesures concrètes et immédiates pour l’emploi. La feuille de route qui sortira de la Grande conférence, qui engage le Gouvernement et constitue le fil directeur de nos travaux communs de l’année, devra en être la traduction. Mais je souhaite aussi que l’on s’efforce de regarder plus loin, pour préparer l’avenir et le long terme, car la compétitivité de notre pays et la réponse aux défis auxquels nous sommes confrontés ne se limite pas à cet horizon immédiat.
    Je passe la parole au ministre du travail, François Rebsamen.

Je vous remercie pour la qualité de ces échanges. Nous disposons désormais de trois semaines pour travailler d’ici la Grande conférence. Les échanges seront riches, les sujets ne manquent pas. Ils ne sont pas simples mais encore une fois c’est notre responsabilité que de les aborder de front.
Je demande aux ministres de poursuivre les échanges préparatoires avec vous et vos équipes. Je sais qu’ils ont déjà commencé.

Mon cabinet est également naturellement à votre disposition dans cette phase essentielle.
C’est bien souvent de la qualité des travaux préparatoires que découle in fine la réussite d’un évènement.
Au travail donc, je vous remercie, et je vous donne rendez-vous le 7 juillet –encore que je gage que nous nous reverrons les uns ou les autres d’ici là.
Discours du Premier ministre - Clôture de la Conférence de méthode préparatoire à la Grande Conférence sociale