Vignette Convaincre

Convaincre

Le temps des candidatures passé, nous savons quel nom je suis susceptible de porter lors des deux tours de scrutin. Mais avant que l’un d’entre eux soit élu Président de la République, les candidats doivent débattre et convaincre les électeurs de voter pour eux. Il s’agit de la campagne officielle qui va permettre aux programmes électoraux de me voler la vedette pendant une trentaine de jours.
 
Tous les candidats sont égaux devant le bulletin de vote ! Ils bénéficient des mêmes avantages et des mêmes contraintes pendant la durée de la campagne officielle.

Égalité de traitement des candidats

Si certains candidats peuvent déclarer leur intention de longs mois avant l’élection, la campagne officielle est, en réalité, assez courte : environ trente jours. Elle s’ouvre le deuxième lundi précédant le premier tour, soit le lundi 10 avril 2017, et prend fin la veille du scrutin à minuit pour le premier tour. Elle reprend ensuite le jour de la publication au Journal officiel des deux candidats arrivés en tête du premier tour et s’achève la veille du second tour.

Pendant cette période, tous les candidats doivent bénéficier d'un traitement égal, afin de pouvoir faire connaître leur programme. L’État garantit ainsi :
 
  • l’envoi de leur profession de foi au domicile des électeurs ;
  • l’apposition d’une affiche sur les emplacements électoraux réservés à cet usage ;
  • un temps d’antenne à la radio et à la télévision.
Cette égalité est surveillée par la Commission nationale de contrôle (CNC), composée de hauts magistrats. Dans le domaine audiovisuel, ce rôle est confié au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) qui comptabilise les temps de parole des candidats. Les lois du 25 avril 2016, relatives à la modernisation des règles applicables aux élections et à l’élection présidentielle, garantissent cette égalité et instaurent de nouvelles mesures pour l’élection présidentielle de 2017.

Équité du temps de parole

Lors des interventions des candidats à la télévision et à la radio, le CSA s’assure que tous ont accès au même temps de parole. A partir de cette année, une nouvelle mesure a été mise en place par les lois de modernisation des règles applicables aux élections et à l’élection présidentielle : avant le début de la campagne officielle, ce n’est plus l’égalité mais l’équité de temps de parole qui doit être respectée.

Le temps de parole accordé aux candidats est alors déterminé en fonction de plusieurs critères fondés sur la représentativité des candidats, appréciée, en particulier, en fonction des résultats obtenus aux plus récentes élections par les candidats ou par les partis et groupements politiques qui les soutiennent et en fonction des indications de sondages d'opinion. La contribution de chaque candidat à l'animation du débat électoral est également prise en compte.

Afin de rendre les décomptes de temps de parole et d’antenne transparents, à compter de la publication de la liste des candidats et jusqu'à l'élection, le Conseil supérieur de l'audiovisuel publie, au moins une fois par semaine, le relevé des temps consacrés à la reproduction et au commentaire des déclarations et écrits des candidats et à la présentation de leur personne.

Pour garantir la transparence des informations communiquées aux citoyens pendant la campagne, en particulier sur les tendances de l’élection, l’utilisation des sondages a été clarifiée et encadrée dans ces lois de 2016.

Financement de la campagne

La campagne électorale engendre un certain nombre de dépenses. Pour ne pas tomber dans la démesure, ou désavantager un candidat à cause de ses moyens modestes, la loi plafonne ces dépenses. Elles sont limitées à :
 
  • 16,851 millions d’euros pour les candidats du premier tour ;
  • 22,509 millions d’euros pour les candidats présents au second tour.
Près de la moitié de ce plafond de dépenses de campagne est remboursée pour les candidats ayant recueilli plus de 5% des voix (pour les candidats ayant un score inférieur à 5% des voix, seuls 4,75% des dépenses sont pris en charge) ; le reste est issu de financements privés.

Le don et les avantages en nature offerts par des entreprises privées sont interdits par la loi. Le reste du financement ne peut donc provenir que des partis politiques et des dons de particuliers. Ces derniers sont limités à 4600 euros par donateur et tout don égal ou supérieur à 150 euros doit être effectué par chèque, virement ou carte bancaire. Des sanctions sont prévues en cas d’infraction à ces règles (annulation des résultats, amendes, inéligibilité, etc.).

A la fin de la campagne officielle, la veille du scrutin, je redeviens le centre de toutes les attentions : moi bulletin de vote, je serai le seul document présent dans les urnes !