Le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, le ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire et la ministre auprès du ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports ont présenté une communication relative aux intempéries.

La France a connu un épisode exceptionnel de crues depuis le 20 janvier dernier. Il est dû à un cumul record de pluies depuis 1959 sur les mois de décembre et de janvier. Météo France indique que le pays a vécu le deuxième mois de janvier le plus pluvieux depuis 1900.

Les terres sont gorgées d’eau sur l’ensemble du territoire, à l’exception de l’arc méditerranéen. Le manteau neigeux est particulièrement épais sur les reliefs, alimentant les cours d’eau de montagne par une période de fonte des neiges début janvier qui a contribué à alimenter les têtes de bassin.

Le pays a ainsi connu des crues très significatives sur quasiment l’ensemble des bassins versants (Garonne, Meuse, Rhin, Seine, Saône). Des débordements importants ont eu lieu dans l’Est de la France, le long de la Loue (dans le Doubs, avec la ville d’Ornans en particulier), du Doubs puis de la Saône, mais c’est le bassin de la Seine et de ses affluents qui a connu les crues les plus significatives et les plus longues : l’Yonne, la Marne et la Seine elle-même, avec des durées de propagation des pics de crue de l’amont à l’aval de plusieurs jours.

Cette situation s’est traduite par une montée progressive des eaux, bien anticipée par le dispositif de prévision des crues Vigicrues, mais également par une décrue lente. Les débordements ont nécessité 1200 évacuations, notamment le long de la Marne et de la Seine, en amont et en aval de Paris.

À Paris même, la crue a atteint son maximum lundi 29 janvier, à 5,85 mètres, soit 25 cm de moins que le pic atteint en juin 2016.

Le ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire et les secrétaires d’Etat placés auprès de lui se sont déplacés pour aller au contact des habitants touchés par les inondations mais aussi des élus et des agents de l’Etat et des collectivités territoriales, dont il convient de saluer l’engagement exemplaire sur le terrain depuis plus de quinze jours.

Un hommage appuyé doit être rendu aux personnels des services de secours, tout particulièrement les sapeurs-pompiers et les personnels des moyens nationaux de la sécurité civile qui, depuis le début de cet évènement climatique, ont réalisé près de 5 000 opérations de protection et de mise en sécurité des plus vulnérables.

Les échanges témoignent d’importants progrès réalisés depuis 2016 en matière de fiabilité des prévisions et du réseau de stations hydrométriques de Vigicrues. Par ailleurs, la préparation des communes est meilleure, grâce à une plus grande appropriation de leurs plans communaux de sauvegarde, et la vulnérabilité des réseaux, notamment électriques, face à la montée des eaux, a été réduite. Enfin, les sites industriels potentiellement concernés par les crues ont bien anticipé la situation, permettant de limiter les risques de pollution accidentelle.

La décrue est désormais généralisée grâce aux faibles précipitations sur l’ensemble du territoire depuis plusieurs jours. La Seine a connu une remontée temporaire de son niveau au cours du dernier week-end mais est désormais en décrue plus rapide. D’une façon générale, les cours d’eau restent encore à des niveaux relativement élevés, avec des sols saturés en eau, ce qui nécessite une grande vigilance en cas de nouvel épisode de forte précipitation, le fort enneigement des massifs montagneux pouvant constituer un facteur aggravant.

La priorité est désormais au retour le plus rapidement possible à la normale, et à l’accompagnement des acteurs frappés par les crues, qu’il s’agisse des particuliers, des entreprises et des collectivités. C’est la raison pour laquelle le Gouvernement a décidé de réunir la commission de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle en procédure accélérée, pour les communes affectées par les crues.

Une mission de retour d’expérience sera confiée sans délai à l’inspection générale de l’administration et au conseil général de l’environnement et du développement durable pour tirer toutes les leçons de cet épisode. Elle permettra également d’examiner les améliorations en termes de prévention et de gestion de la crise depuis les crues de 2016.

Les efforts réalisés par l’Etat en matière de plans de prévention des risques seront poursuivis, avec près de 2 000 nouveaux plans de prévention des risques d’inondations à réaliser, afin de mieux maîtriser l’urbanisme dans les zones les plus exposées. Par ailleurs, dans le cadre de la réforme de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations, en place depuis le 1er janvier 2018, l’Etat accompagnera les collectivités territoriales dans la mise en oeuvre de programmes d’actions pour la prévention des inondations, avec le soutien financier du fonds de prévention des risques naturels majeurs. Plus de 550 millions d’euros sont d’ores et déjà mobilisés dans ce cadre, et plus de 150 millions d’euros supplémentaires le seront dans les deux années à venir.
 

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Depuis mardi 6 février, une partie de la France fait également face à un important épisode de neige et de verglas, entraînant de nombreuses conséquences sur le bon fonctionnement des transports. Cet épisode fait l’objet d’une très forte mobilisation du Gouvernement et de l’ensemble des services de l’Etat.

En Ile-de-France, le déclenchement dès mardi 6 février à 13h du niveau 3 du plan neige et verglas s’est accompagné de la diffusion de messages de prévention à l’attention de tous les automobilistes, les appelant à limiter leurs déplacements routiers en privilégiant l’usage des transports en commun. Il a également conduit la préfecture de police à prendre des mesures afin de préserver les conditions de circulation sur le réseau, en particulier par l’interdiction de circulation sur les axes principaux pour les véhicules de plus de 7,5 tonnes, qui ont été orientés vers 43 zones de stockages activées. Au niveau national, ce sont plus de 8 000 poids lourds qui ont ainsi été interdits de circulation, permettant de limiter de façon déterminante les conséquences de cet épisode neigeux. Dès mardi 6 février, ce sont plus de 70 engins de salage-déneigement, déjà prépositionnés en amont des chutes de neige, qui ont également été déployés sur le terrain pour préserver au mieux les conditions de circulation sur le réseau routier national d’Ile-de-France.

Compte tenu de l’intensité de ce phénomène climatique, cette très forte mobilisation n’a pas permis d’échapper aux inévitables conséquences sur le bon fonctionnement des réseaux de transports. Afin de venir en aide aux automobilistes restés coincés sur certains axes engorgés, notamment la RN 118 dans l’Essonne, les forces de l’ordre, de secours, et les associations de protection civile se sont largement mobilisées. 46 centres d’hébergement ont été ouverts et ont accueilli plus de 600 automobilistes.

Alors que de nouveaux épisodes de neige et verglas sont annoncés pour les prochaines heures sur une grande portion du territoire, les services de l’Etat restent totalement mobilisés pour informer les automobilistes et affronter ce phénomène climatique. Ils réitèrent les messages de vigilance à l’attention des automobilistes, qui doivent adapter leurs déplacements – choix de déplacement, équipement, itinéraires et conduite – à ces aléas climatiques.