La politique industrielle de la France

Le ministre de l’économie et des finances a présenté une communication relative à la politique industrielle de la France.
 
L’industrie est le socle des économies avancées. Facteur essentiel de cohésion sociale, l’industrie vit une véritable révolution, notamment autour de la transformation numérique et de la transition écologique. Si l’industrie française possède d’importants atouts, elle a cependant connu ces dernières années une évolution défavorable : elle représente aujourd’hui environ 13 % du produit intérieur brut français.
 
Pour répondre à ces enjeux, le Gouvernement porte une ambition forte pour l’industrie. Des mesures importantes ont été prises pour soutenir la compétitivité de notre industrie : modernisation du code du travail, baisse de l’impôt sur les sociétés, suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune, mise en place du prélèvement forfaitaire unique, transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi en allègements de charges sur les bas salaires, mise en place du grand plan d’investissement, pérennisation du crédit d’impôt recherche. Les travaux seront poursuivis en 2018 sur la compétitivité-coût, incluant la question de la fiscalité sur la production ainsi que la question des niveaux de charges sociales au-delà de 2,5 SMIC.
 
La politique industrielle du Gouvernement s’inscrit au niveau européen et international. La France appelle de ses vœux une véritable politique industrielle européenne, fondée sur l’unification du marché européen, l’émergence de champions européens, l’élaboration de projets européens en matière d’innovation, la réciprocité commerciale et le contrôle des investissements étrangers.
 
Le succès de notre industrie réside également dans la capacité de celle-ci à se transformer. Plusieurs défis doivent être relevés, en premier lieu celui de la formation. Le grand plan d’investissement consacre 15 milliards d’euros à ce sujet. L’apprentissage et la formation professionnelle vont par ailleurs être rénovés en profondeur. Par ailleurs, la French Fab, qui incarne le dynamisme et l’excellence de l’industrie française, a vocation à fédérer toutes les entreprises – petites et moyennes entreprises, entreprises de taille intermédiaire, grands groupes – et à devenir la bannière de l’offre française à l’export.
 
Le Gouvernement souhaite renforcer le rôle des filières pour répondre aux grands défis d’avenir en matière d’innovation. Des feuilles de routes seront préparées pour chaque filière. La filière automobile, première filière française en termes de nombre d’emplois, a été choisie pour initier ces travaux, notamment autour des enjeux liés au véhicule autonome et aux batteries. D’autres travaux sectoriels seront progressivement lancés dans des domaines stratégiques : ferroviaire, électronique, énergies renouvelables, industries de santé, etc.

Le Gouvernement crée par ailleurs un fonds pour l’innovation et l’industrie qui sera doté de 10 milliards d’euros. Ce fonds sera opérationnel au 1er janvier 2018. Pour commencer, il sera alimenté en numéraire, à hauteur de 1,6 milliard d’euros, par le produit des récentes cessions de participations dans Engie et Renault. Le solde, d’environ 8,4 milliards d’euros, sera constitué de participations publiques n’ayant pas vocation à être cédées. Le fonds produira un revenu de 200 à 300 millions d’euros chaque année qui soutiendra notamment le développement d’innovations de rupture et leur industrialisation en France.
 
Pour accompagner ces évolutions, une nouvelle impulsion a été donnée au Conseil national de l’industrie (CNI), en le dotant d’un comité exécutif resserré, en séquençant sa feuille de route et en lançant un audit des comités stratégiques de filières. Le Premier ministre a nommé M. Philippe VARIN vice‑président du CNI. Parmi les 24 autres membres du CNI nommés par le Premier ministre, 12 sont désormais des femmes.