Le Premier ministre a présenté une communication sur l’action de l’Etat en Guyane.
 
A l’occasion de son déplacement en Guyane, du 26 au 28 octobre, le Président de la République a réaffirmé les engagements de l’Etat en faveur du développement de la Guyane. Il a également annoncé de nouvelles mesures pour mieux garantir la protection et la sécurité des guyanais et a présenté les axes d’une refondation de l’action publique sur ce territoire.
 
1. L’Etat engagé dans le développement économique de la Guyane
 
Le Président de la République a rappelé que les mesures prévues dans l’accord de Guyane, déjà largement engagées, seraient tenues. Ces mesures prioritaires concernent le développement économique, l’éducation, la santé, la sécurité, les communications physiques et numériques : 250 M€ sur 5 ans pour les collèges et lycées, 150 M€ sur 10 ans pour les établissements scolaires, 125 M€ pour les hôpitaux et les structures d’accueil de la petite enfance, 300 M€ pour les infrastructures routières, 40 M€ pour la couverture des besoins de télécommunications, et enfin 53 millions d'euros pour le plan d'investissement de la collectivité territoriale de Guyane.
 
Au vu de la biodiversité unique de la Guyane, le Président de la République s’est prononcé en faveur du développement des activités de valorisation des énergies renouvelables, en particulier à travers la création de centrales pour la filière biomasse. En vue d’améliorer la recherche et l’attractivité de la Guyane dans ce secteur, il a également annoncé la création prochaine d’un « cluster » de compétences autour de l'université associant l'Agence pour la biodiversité.
 
Pour mieux accompagner la jeunesse guyanaise, le Président de la République a plaidé pour une stratégie spécifique de formation des jeunes et une refonte des mécanismes d'aides aux entreprises.
 
2. De nouvelles mesures pour mieux garantir la protection et la sécurité des guyanais
 
Face aux enjeux de sécurité et aux besoins de protection des guyanais, l’Etat va renforcer ses moyens.
 
Des mesures pour accélérer les procédures d'examen des demandes d’asile sur 2 mois et réduire le versement de l'allocation pour les demandeurs d'asile à 2 mois seront mises en place. Par ailleurs, une coopération renforcée avec les pays voisins rendra les reconduites à la frontière plus effectives.

Le versement du revenu de solidarité active (RSA) sera prochainement subordonné à l'installation en séjour régulier sur le territoire durant 15 années et non plus 5 années, et il se fera non plus en prestations monétaires mais en cartes prépayées pour qu'il soit dépensé localement.
 
Au regard de la charge considérable du RSA en Guyane, qui en fait une véritable mission régalienne, l’Etat en reprendra la gestion et il sera donc réintégré dans le budget de l'Etat et piloté par l'Etat.
 
Enfin la lutte contre l’orpaillage clandestin sera renouvelée dès le début de l'année prochaine.
 
3. Vers une refondation de l’action publique en Guyane
 
Le Président de la République a annoncé la création d’un état-major élargi autour du préfet pour que l’Etat accompagne l'ensemble des collectivités dans les tâches d'ingénierie publique et de construction.
 
L’économie étant aujourd'hui à 90 % nourrie par la commande publique, le chef de l’Etat s’est engagé à des mesures de simplification des procédures qui permettront de développer l'activité privée dans le cadre de filières restructurées, comme l’agriculture, le bois, la pêche, le BTP ou le tourisme.
 
Plus généralement, le Président de la République a rappelé l’indispensable d’adaptation des normes communautaires aux territoires d’outre-mer, qui ont des contraintes et des environnements spécifiques.
 
Ce même travail sera mené au niveau des normes nationales dans le cadre des Assises de l’outre-mer. Ces travaux devront consacrer une nouvelle méthode, celle d'une responsabilité partagée avec l'ensemble des élus et la société civile. Ils devront également faire remonter des propositions concrètes et les aspirations prioritaires de la population.