Le ministre de l’intérieur et la ministre des outre-mer ont présenté une communication relative à la situation en Guyane, rendant compte de la mission qu’ils ont effectuée en Guyane à la demande du Premier ministre.
 
Ce déplacement visait à poursuivre les discussions engagées par la délégation de haut niveau menée par le préfet Jean-François Cordet avec l’ensemble des partenaires politiques, économiques, sociaux et les collectifs mobilisés.
 
Les discussions menées se sont conclues par douze accords thématiques sur des sujets essentiels comme la sécurité et la justice, l’économie, la pêche, les transports, le bâtiment, les travaux publics, le tourisme, les mines, le développement de l’agriculture, l’énergie, la situation des communautés amérindiennes et bushinengués, le foncier, ou encore l’éducation routière. Les protocoles signés engagent officiellement la parole de l’Etat.
 
Dans le même temps, grâce à un travail interministériel très intense, des réponses précises et détaillées ont pu être apportées à plus de quatre-cents revendications, dont les trois quarts ont pu être satisfaites. Ces mesures recouvrent des solutions de court et moyen terme, tous secteurs confondus.
 
Le ministre de l’intérieur et la ministre des outre-mer ont aussi présenté un plan d'urgence pour la Guyane comportant vingt-cinq mesures stratégiques pour un montant estimé à 1,086 milliard d’euros. Il prévoit notamment la création d’un poste de coordonnateur des forces de sécurité, l’arrivée en renfort de cinquante gendarmes et policiers dès 2017, puis de quatre-vingt-dix gendarmes supplémentaires à partir de 2018, la création d’un tribunal de grande instance et d’un centre pénitentiaire à Saint-Laurent du Maroni, ainsi que la création d’une cité judiciaire à Cayenne. Un centre d’hébergement pour femmes victimes de violences sera créé en Guyane en 2017.
 
Pour que les Guyanaises et les Guyanais puissent bénéficier de soins de qualité comme leurs concitoyens vivant dans l’Hexagone, 85 millions d’euros seront alloués immédiatement en faveur des centres hospitaliers de Cayenne et de l’ouest guyanais.
 
Concernant l’éducation, l’Etat propose d’accompagner dès cette année la collectivité territoriale de Guyane dans la construction des collèges et des lycées à hauteur de 50 millions d’euros par an pendant cinq ans et de porter de 10 à 15 millions d’euros par an la dotation aux communes pour construire des écoles. Le nombre d’intervenants en langue maternelle dans les écoles sera doublé dès la rentrée 2017.
 
En matière d’infrastructures, l'Etat apportera son concours pour la réalisation d'infrastructures majeures comme le doublement du pont du Larivot ou le doublement de la RN1 entre Cayenne et Macouria et de la RN2 entre Cayenne et Matoury. Ces mesures permettront, par ailleurs, une relance de l'économie guyanaise à court terme en soutenant notamment cette activité essentielle que sont le bâtiment, mais aussi les travaux publics.
 
Les agriculteurs et les pêcheurs, acteurs essentiels du développement économique en Guyane, bénéficieront dès cette semaine respectivement du paiement effectif de 3,5 et de 5,5 millions d'aides grâce à l’envoi sur le territoire d'une équipe dédiée.
 
En matière de soutien aux collectivités locales, le Gouvernement apportera une avance de trésorerie de 4,5 millions d'euros à la Collectivité territoriale de Guyane et transformera en subvention exceptionnelle d'équilibre le prêt de 53 millions d'euros dont elle bénéficie afin de l'aider à régler ses dettes à l'égard des entreprises guyanaises. Elle bénéficiera aussi d'une aide exceptionnelle de 50 millions d'euros liée à ses dépenses de RSA.
 
Toutes ces mesures seront examinées dans le cadre d’un comité de suivi qui aura vocation à associer l’ensemble des forces politiques, économiques et sociales de la Guyane.
 
Ce plan d’urgence devra être complété par des mesures de moyen et de long terme qui trouveront toute leur place dans le plan de convergence pour la Guyane qui devra être élaboré en application de la loi n° 2017-256 du 28 février 2017 de programmation relative à l'égalité réelle outre-mer.
 
Le Gouvernement entend plus que jamais poursuivre le dialogue engagé dans le respect de chacun et des valeurs républicaines.