Le deuxième épisode de grippe aviaire dans le sud-ouest : mesures de lutte contre la propagation du virus et d’indemnisation des acteurs de la filière

Le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt a présenté une communication sur la stratégie sanitaire conduite dans le sud-ouest pour éradiquer le virus de l’influenza aviaire hautement pathogène (H5N8) et sur les perspectives de reprise d'activité des exploitations.
 
Ce nouvel épisode d’influenza aviaire hautement pathogène touche 23 pays européens avec 1343 cas détectés dans la faune sauvage et 1005 foyers déclarés dans des élevages. En France, 465 foyers ont été détectés dans les élevages et 49 cas concernent la faune sauvage.
 
Le nombre de nouvelles suspicions, en net recul ces deux dernières semaines, laisse augurer l’extinction prochaine de l’épizootie. Cela valide la politique de lutte déployée depuis le 5 janvier 2017 fondée sur l'assainissement des foyers, l'abattage préventif des palmipèdes dans les zones les plus instables et la mise en place de restrictions de mouvements dans des zones de contrôle temporaire. Les abattages dans les foyers et les abattages préventifs dans plusieurs départements du sud-ouest justifiés par la forte contagiosité du virus ont respectivement conduit à l’abattage de 1,7 et 2, 3 millions d’animaux.
 
Cette évolution positive permet d’envisager la reprise d’activité dans les départements touchés par cette crise sanitaire. D'ores et déjà, la remise en place des gallinacés est possible dans les zones réglementées stabilisées à l’est de la zone la plus touchée, moyennant le respect de conditions sécurisées telles que le maintien en bâtiment pendant une durée minimale de quatre semaines et l’examen sanitaire des animaux. A ce jour, cette reprise de la production est possible dans 536 communes. Au cours des semaines qui viennent, les remises en place se poursuivront notamment dans le Gers, les Landes et les Pyrénées Atlantiques.
 
S'agissant des palmipèdes, deux zones géographiques doivent être distinguées. Dans les départements les moins touchés (Aveyron, Deux-Sèvres, Tarn, Tarn-et-Garonne et la partie est du Gers), les remises en place seront possibles rapidement après la levée des zones de surveillance. Dans les zones où l’épizootie a été de grande ampleur (zones regroupant les départements de Haute-Garonne, Gers, Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées), un arrêté ministériel sera pris pour encadrer les conditions de remises en place après une période de vide sanitaire. Si la situation continue à évoluer favorablement, les palmipèdes pourraient être remis en place à partir de la fin mai.
 
Concernant les indemnisations, les engagements ont été tenus. Pour les abattages dans les foyers, dès le 2 février 2017, les premières avances ont été versées aux éleveurs à hauteur de 75 % de la valeur marchande des animaux. Le 15 février, le dispositif d'indemnisation des abattages préventifs a été également ouvert et a permis des premiers paiements dès le 16 mars. La prochaine étape concernera le dispositif d’indemnisation des pertes de production pour les éleveurs, avec des premiers paiements d’ici la fin du mois d’avril. Ces dispositifs d’indemnisation seront cofinancés par l’Union Européenne.
 
Les opérateurs de l’aval faisant face à des difficultés de trésorerie pourront également mobiliser, à partir de début avril, des avances remboursables avec un différé de remboursement de deux ans, en complément des dispositifs de droit commun d’ores et déjà disponibles, tels que l’activité partielle, les reports de charges sociales et fiscales ou le préfinancement du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).
 
Sur le territoire national le niveau de risque pourra être abaissé au mieux deux mois après le dernier cas identifié dans la faune sauvage, sur la base d’un avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Dans l’attente, certaines dérogations au confinement des volailles peuvent être accordées, par les directions départementales de la protection des populations, aux exploitations qui respectent les règles de biosécurité.
 
Le respect des règles de biosécurité reste un préalable indispensable à la reprise d’activité et il convient de tirer les enseignements de cet épisode sanitaire particulièrement grave pour l’ensemble des filières volailles. Afin de préparer l’avenir, les professionnels doivent s’engager à réorganiser la sécurité sanitaire de la filière palmipèdes afin de relancer la production sur des bases durables.
 
Pour ce faire, un pacte avec l'ensemble des organisations professionnelles concernées et les collectivités territoriales sera signé le 13 avril prochain. Au travers de ce pacte, il est attendu une dynamique de l'ensemble des acteurs en faveur du renforcement de la biosécurité à tous les maillons de la chaîne. Seront associés, la filière foie gras ainsi que les transporteurs, les collectivités territoriales, les réseaux bancaires et les instituts techniques et de recherche.
 
En premier lieu, le dispositif d’alerte et de réactivité doit être amélioré. Cela nécessitera notamment de disposer d’une base de données fiable sur les élevages et les mouvements de volailles.
 
En second lieu, les mesures de protection adoptées doivent être adaptées à chaque type de production, en préservant notamment le mode de production plein air auquel les consommateurs sont attachés. Elles devront être proportionnées, sans conduire à des investissements qui pourraient difficilement être supportés par l’ensemble des producteurs de palmipèdes. Si les mesures de confinement des animaux sont une option, d’autres types d’actions tels que la pose de filets et la protection des points d’eau et d’alimentation sont à considérer. En outre, ces mesures porteront sur l’amélioration des flux d’animaux, le strict respect des règles de biosécurité dans les transports ainsi que lors des interventions en élevages. De même, la conduite des élevages en bande unique qui vise à une meilleure gestion sanitaire, doit être adaptée en fonction des types de production et des risques afférents à chaque type d’élevage.
 
La gestion de cette épizootie majeure a montré toute l’attention qu’il convient de porter à la sécurité sanitaire des productions agricoles et agroalimentaires dans un contexte de niveau de risque toujours élevé. Tous les acteurs de la filière avicole doivent désormais s'engager durablement afin d'être armés contre une éventuelle réémergence virale dès l'hiver prochain.