La politique en faveur de la langue française pour la cohésion sociale

Le Premier ministre a présenté une communication relative à la politique en faveur de la langue française pour la cohésion sociale.
 
Le français est la langue de la République. En plus d’être une compétence scolaire ou professionnelle, la maîtrise de la langue française est une compétence sociale, indispensable à l’exercice de la citoyenneté. Bien maîtriser le français est une condition essentielle pour trouver sa place dans l’espace républicain.
 
La création d’un délégué interministériel à la langue française pour la cohésion sociale s’inscrit dans une ambition, portée depuis 2012 et qui a été réaffirmée au lendemain des attentats de 2015 dans le cadre des comités interministériels à l’égalité et à la citoyenneté. Elle marque l’importance de la maîtrise de la langue et vise à garantir la coordination des politiques y concourant et à amplifier les moyens qui lui sont consacrés.
 
Il existe une inégalité importante entre ceux qui maîtrisent le français et ceux qui ne le maîtrisent pas. Tous les enfants de la République doivent se sentir pleinement à l’aise avec la langue française et tous les adultes doivent être en capacité d’approfondir leur maîtrise du français. Cependant, 6 millions de français ne manient pas leur langue nationale avec aisance. Cette situation met en danger la cohésion sociale.
 
L’apprentissage du français à l’école a constitué la première étape. Ce fut une priorité de la refondation de l’école. Les nouveaux programmes de l’école maternelle et de l’école élémentaire s’attachent à renforcer la maîtrise des fondamentaux. Le Gouvernement a également développé la scolarisation des moins de 3 ans, qui constitue un enjeu fondamental pour ceux dont la langue familiale n’est pas le français. L’apprentissage du français est aussi un enjeu pour ceux qui arrivent en France et qui bénéficient de cours en vue de remplir les nouvelles exigences de niveau de langue issues de la du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers.
 
Très investi sur la question de l’illettrisme depuis plus de 20 ans, M. Thierry Le Paon sera nommé président de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme. Le délégué interministériel à la langue française pour la cohésion sociale apportera son concours à la définition et à la mise en œuvre des politiques favorisant l’accès de tous à la lecture, à l’écriture et à la maîtrise de la langue française, en complément des actions de formation linguistique conduites dans le cadre de la politique d’accueil et d’accompagnement des étrangers. En ces domaines, notamment en matière de lutte contre l’illettrisme, il coordonnera l’action des différents ministères compétents et veillera à la cohérence des actions conduites par l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme et la Délégation générale à la langue française et aux langues de France. Il s’appuiera, en tant que de besoin, sur l’expertise du Centre international d’études pédagogiques dans le domaine de la promotion de l’apprentissage du français langue étrangère.
 
Le délégué interministériel aura aussi pour mission de favoriser les partenariats entre l’Etat et les collectivités territoriales, les partenaires sociaux, les établissements publics et le secteur associatif pour la lutte contre l’illettrisme et la maîtrise de la langue française. Il promouvra et soutiendra des actions de prévention de l’illettrisme et en faveur de l’accès à la maîtrise de la langue française et aux savoirs de base pour tous les publics non soumis à l’obligation scolaire.
 
Le délégué interministériel s’appuiera sur un réseau de délégués régionaux qui devront assurer la coordination, le suivi et l’évaluation des actions menées au niveau local en matière de prévention et de lutte contre l’illettrisme et de maitrise de la langue française, en lien avec l’ensemble des services déconcentrés de l’Etat et les collectivités territoriales, notamment les régions. Il est assisté d’un conseil d’orientation stratégique (COS) dont la composition sera fixée par arrêté du Premier ministre.

Les difficultés dans la maîtrise de la langue française peuvent concerner tous les âges et des personnes dans des situations sociales, professionnelles et géographiques très différentes. Le délégué interministériel développera un plan national s’adressant aux 6 millions d’adultes, qu’ils soient en situation d’illettrisme au sens strict (3 millions) ou, plus largement, en difficulté avec la langue française (+ 3 millions). Par ailleurs, la délégation interministérielle devra aussi venir en appui aux structures en charge de l’accompagnement des publics migrants non éligibles aux formations linguistiques de l’Office français de l’immigration et de l’intégration.