La situation de l’économie et de l’emploi

Le ministre de l’économie et des finances, la ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social et la ministre du logement et de l’habitat durable ont présenté une communication relative à la situation de l’économie et de l’emploi.
 
L’estimation de la croissance du troisième trimestre publiée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) le 23 décembre a confirmé que l’activité est redevenue dynamique (+ 0,2 %) après le « trou d’air » du deuxième trimestre (- 0,1 %). 
 
Sur un an, les principaux moteurs de la croissance restent bien orientés. Dans le sillage du pouvoir d’achat des ménages, qui n’avait plus connu une telle dynamique depuis la crise de 2008, la consommation croît à un rythme soutenu. C’est également le cas de l’investissement des entreprises qui a fortement progressé depuis la fin 2015 porté, notamment par les mesures prises par le Gouvernement comme le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) ou le dispositif de suramortissement. Le taux de marge des entreprises reste d’ailleurs à un niveau élevé à 31,5 %, près de 2 points au-dessus de son niveau de fin 2013, ce qui est le signe d’une situation financière assainie et laisse entrevoir une bonne dynamique d’investissement à venir. Cette nouvelle estimation du PIB a cependant conduit l’INSEE à réviser à la baisse la croissance du premier semestre du fait de l’intégration dans les comptes de l’impact des mauvaises récoltes agricoles. Au total, l’INSEE estime que les difficultés exceptionnelles éprouvées cette année par ce secteur auront pesé pour 0,2 % sur la croissance de 2016. Un rebond d’une ampleur similaire est toutefois à attendre en 2017, si la situation climatique revient à la normale.
 
Les dernières enquêtes de conjoncture, tant auprès des entreprises que des ménages, sont par ailleurs très bien orientées laissant présager une fin d’année 2016 et un début d’année 2017 dynamique.
 
Le climat des affaires en France s’améliore fortement en décembre selon les enquêtes mensuelles de l’INSEE (+ 3 points à 105). Il atteint ainsi un plus haut depuis l’été 2011. L’amélioration de la confiance des chefs d’entreprise est quasi-générale : le climat progresse nettement dans l’industrie, les services et le commerce de détail, et est à des niveaux sans précédents depuis plus de 5 ans. Côté ménages, les dépenses devraient se redresser franchement au 4ème trimestre. D’une part, la consommation mensuelle en biens a de nouveau progressé en novembre (+ 0,4 % après + 0,8 %) et dépasse son pic de mars 2016). D’autre part, la bonne tenue des immatriculations et des dépenses d’énergie plaident pour une nouvelle hausse en décembre de la consommation en biens. La consommation devrait rester dynamique au début 2017, comme le suggèrent les signaux favorables des enquêtes de conjoncture de décembre, en particulier la très bonne orientation des soldes prospectifs dans les services et le commerce de détail.
 
Par ailleurs, après avoir pesé négativement sur la croissance au début du quinquennat, la reprise du marché immobilier se confirme et se concrétise par une contribution positive de l’investissement des ménages à l’activité.
 
La reprise du marché immobilier se matérialise par un troisième trimestre très dynamique avec des augmentations importantes des permis de construire délivrés (+ 13,8 % sur un an), des mises en chantier (+ 11 %), de la commercialisation de logements neufs (hausse des réservations et des mises en vente de 18,6 %) et de la construction de locaux non-résidentiels (+ 5,4 %). L’augmentation de la construction de logements traduit à la fois une bonne adaptation des dispositifs mis en place par le Gouvernement, que ce soit pour l’accession à la propriété (77 000 PTZ accordés fin septembre 2016, soit une augmentation de 81 % par rapport à 2015) ou pour l’investissement locatif, ainsi qu’un développement équilibré de l’offre (plus de 130 000 logements sociaux seront agréés en 2016 hors ANRU et DOM). 
 
La reprise de l’activité économique depuis mi-2015 se traduit par une nette reprise des créations d’emplois permettant au chômage de refluer dans la durée.
 
L’économie continue à créer des emplois à un rythme élevé depuis 6 trimestres consécutifs. Les données définitives montrent que ce rythme s’accélère avec 51 200 créations nettes au 3ème trimestre dans le secteur marchand, après + 29 400 au 2ème trimestre, soit une hausse trimestrielle inégalée depuis 2007. Au total, près de 180 000 emplois salariés marchands nets ont été créés sur un an et près de 240 000 depuis le point bas du 1er trimestre 2015. L’emploi salarié marchand est désormais supérieur de 60 000 à son niveau de la mi-2012. D’après l’INSEE, ce dynamisme des créations d’emploi se poursuivra au 1er semestre 2017, porté par la reprise de l’activité économique et les mesures prises par le Gouvernement pour enrichir la croissance en emplois.
 
En conséquence, le chômage baisse nettement. Le taux de chômage est ainsi passé de 10,5 % à 10,0 % de la population active (10,1 % à 9,7 % pour la France métropolitaine) entre le 3ème trimestre 2015 et le 3ème trimestre 2016, soit la plus forte baisse annuelle depuis 8 ans. Ce recul devrait se poursuivre au cours du premier semestre 2017 pour atteindre un taux de 9,8 % (9,5 % pour la France métropolitaine). Dans le même mouvement, le nombre de demandeurs d’emplois sans activité inscrits à Pôle emploi poursuit sa baisse. En novembre, le nombre d’inscrits relevant de cette catégorie a diminué de 31 800. Il s’agit de la troisième baisse mensuelle consécutive, ce qui constitue un résultat inédit depuis février 2008. Sur les trois derniers mois, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a reculé de 109 800 (- 3,1 %), soit la plus forte baisse trimestrielle observée depuis janvier 2001. Depuis le début de l’année, la baisse atteint 133 500 (- 3,7 %). La baisse est particulièrement forte concernant les jeunes, pour lesquels le nombre d’inscrits en catégorie A a diminué de 10 900 en novembre (- 2,3 %) et de 49 500 depuis le début de l’année (- 9,5 %), atteignant son plus bas niveau depuis mai 2011.
 
Ces baisses, qui s’inscrivent dans la durée, résultent principalement de la reprise des créations d’emploi. Cette dynamique est confirmée par les sorties de Pôle emploi pour motif de reprise d’emploi qui ont atteint, ces trois derniers mois, leur plus haut niveau depuis plus de huit ans. Outre ces sorties de Pôle emploi, le mouvement de reprise d’emploi se manifeste également par des transferts de demandeurs d’emploi vers la catégorie C lorsqu’ils exercent une activité au moins un mi-temps dans le mois (+ 3,8 % en novembre, soit + 48 000 personnes). Parmi ces inscrits en catégorie C, 7 sur 10 (soit 880 000 personnes) travaillent au moins à trois quart temps dont plus de 4 sur 10 (530 000) travaillent à temps plein mais ne se satisfont pas de leur emploi et restent donc inscrits à Pôle emploi.
 
Ces reprises d’emploi sont positives, mais il importe au Gouvernement qu’elles soient durables et de qualité. Elles pourront être stimulées par les formations dont bénéficient les demandeurs d’emploi dans le cadre du Plan 500 000 formations supplémentaires et qui leur permettent d’acquérir des compétences adaptées aux besoins des entreprises. Les entrées en formation de demandeurs d’emploi se poursuivent à un rythme soutenu (92 900 entrées en novembre, soit + 112 % par rapport à novembre 2015). Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie D progresse de 14 100 en novembre après avoir été stable durant trois mois. Les prolongements, au 1er semestre 2017, du Plan 500 000 formations et l’aide Embauche PME permettront de poursuivre cette dynamique pour accompagner et renforcer la reprise d’emploi.