La situation de l’économie et de l’emploi

Le ministre de l’économie et des finances, la ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social et la ministre du logement et de l’habitat durable ont présenté une communication relative à la situation de l’économie et de l’emploi.
 
La deuxième estimation de la croissance du 3ème trimestre par l’INSEE publiée mardi 29 novembre a confirmé que l’activité est redevenue dynamique après le « trou d’air » du 2ème trimestre.
 
Sur un an, les principaux moteurs de la croissance restent bien orientés. Dans le sillage du pouvoir d’achat des ménages, la consommation croît à un rythme soutenu. C’est également le cas de l’investissement des entreprises qui a fortement progressé depuis la fin 2015, notamment porté par les mesures prises par le Gouvernement comme le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) ou le dispositif de suramortissement. Enfin, après avoir pesé négativement sur la croissance au début du quinquennat, la reprise du marché immobilier se confirme et se concrétise par une contribution positive de l’investissement des ménages à l’activité. La reprise du marché immobilier se matérialise par un troisième trimestre très dynamique avec des augmentations importantes des permis de construire délivrés (+ 7,5 % sur un an), des mises en chantier (+ 9,2 %), de la commercialisation de logements neufs (hausse des réservations et des mises en vente de 18 %) et de la construction de locaux non-résidentiels (+ 12,6 %). L’augmentation de la construction de logements traduit à la fois une bonne adaptation des dispositifs mis en place par le Gouvernement, que ce soit pour l’accession à la propriété (77 000 prêts à taux zéro - PTZ - accordés fin septembre 2016, soit une augmentation de 81 % par rapport à 2015) ou pour l’investissement locatif, ainsi qu’un développement équilibré de l’offre (plus de 130 000 logements sociaux seront agréés en 2016). 
 
Les enquêtes de conjoncture les plus récentes sont par ailleurs bien orientées et vont dans le sens des prévisions du Gouvernement.
 
Malgré des incertitudes politiques accrues au niveau international ces derniers mois, le moral des chefs d’entreprise en France se maintient en novembre au-dessus de son niveau de long terme, niveau cohérent avec une progression de l’activité autour de 0,4 % par trimestre. Par ailleurs, la confiance des ménages se maintient en novembre à ses plus hauts depuis octobre 2007. Cette dynamique positive conforte la prévision de croissance du gouvernement de + 1,4 % pour 2016.
 
La reprise de l’activité économique depuis mi-2015 se traduit par des créations d’emplois et une baisse du chômage.
 
La reprise de l’emploi salarié marchand se poursuit pour le 6ème trimestre consécutif : 52 200 créations nettes d’emploi ont été enregistrées dans les secteurs principalement marchands au 3ème trimestre. Cela porte à plus de 145 000 la progression de l’emploi salarié marchand sur un an et à près de 210 000 au cours de ces six derniers trimestres. D’après l’INSEE, ce dynamisme des créations d’emploi se poursuivra jusqu’à la fin de l’année, porté par la reprise de l’activité économique et les mesures prises par le Gouvernement pour enrichir la croissance en emplois (CICE, Pacte de responsabilité et de solidarité, aide Embauche PME).
 
En conséquence, le chômage baisse nettement, de 10,5 % à 10 % de la population active (10,1 % à 9,7 % pour la France métropolitaine) entre le 3ème trimestre 2015 et le 3ème trimestre 2016, soit la plus forte baisse annuelle depuis 8 ans. De même, le nombre de demandeurs d’emplois sans activité inscrits à Pôle emploi a baissé de 11 700 en octobre, portant à plus de 100 000 la diminution du nombre de demandeurs d’emploi sans activité depuis le début de l’année. Cette baisse est particulièrement forte concernant les jeunes (‑ 43 000 sur un an) et les demandeurs d’emploi de longue durée (- 20 000 sur un an).
 
Les entrées en formation de demandeurs d’emploi se poursuivent à un bon rythme (78 700 en octobre, soit + 72 % par rapport à octobre 2015). Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie D reste toutefois stable depuis trois mois en raison de l’augmentation concomitante du nombre de sorties de formation. En contribuant à améliorer la qualification des demandeurs d’emploi, le Plan « 500 000 formations » les aidera à saisir les nouvelles opportunités professionnelles suscitées par la reprise de l’activité et ainsi à accélérer leur retour à l’emploi.
 
Au niveau international, si le démarrage progressif des discussions relatives à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et les résultats de l’élection américaine constituent des facteurs d’incertitudes à moyen terme, ils ont, pour l’instant, peu pesé sur la conjoncture mondiale.
 
L’économie britannique continue sur sa bonne lancée avec notamment une croissance dynamique au 3ème trimestre (+ 0,5 % en glissement trimestriel et acquis de croissance à + 2 % pour 2016). Les enquêtes de conjoncture restent résilientes à ce stade. Aux Etats-Unis, malgré les incertitudes quant au programme économique que le futur président mettra en œuvre, les marchés semblent anticiper une hausse de la croissance et de l’inflation à court terme sous l’effet notamment de mesures de relances budgétaires annoncées.
 
Enfin, la Commission européenne et l’OCDE ont toutes deux appelé, lors de la publication de leurs prévisions de fin d’année, à une réorientation de la politique budgétaire en faveur de la croissance, notamment dans les pays disposant de marges de manœuvre budgétaires.
 
Dans le contexte actuel de reprise modeste de la croissance, de chômage persistant, de faiblesse de l’inflation et de taux d’intérêt bas, ces deux institutions estiment que les pays qui disposent de marges de manœuvre devraient mettre en œuvre des politiques budgétaires expansionnistes visant principalement à soutenir l’investissement public. En particulier, la Commission européenne a adopté un projet de recommandation pour la zone euro préconisant une orientation budgétaire agrégée expansionniste, en appelant à une relance budgétaire dans les Etats membres qui sont déjà à l’équilibre budgétaire. La France soutient pleinement ces démarches et s’inscrit dans cette dynamique. Depuis 2012, alors que les marges de manœuvre budgétaires françaises étaient fortement contraintes du fait d’un déficit public important, l’assainissement des finances publiques s’est fait à un rythme graduel et à travers un ajustement, tant en dépenses qu’en recettes, le plus favorable possible pour la croissance. En parallèle, la France a renforcé, notamment à travers le Programme d’investissement d’avenir, les investissements publics qui sont les plus à même d’accroître le potentiel de croissance de l’économie.