COP 22 : contribution de l’agriculture à la diminution des gaz à effet de serre

Le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement a présenté une communication relative à la COP 22 : contribution de l’agriculture à la diminution des gaz à effet de serre.
 
 
La COP 22, qui s’est tenue à Marrakech du 7 au 18 novembre 2016, a été l’occasion de confirmer l’intérêt mondial pour l’initiative « 4 pour 1 000 », initiative phare de l’agenda de l’action pour le secteur agricole, lancée par la France lors de la COP 21.
 
La France portait également la question de la prise en compte des enjeux agricoles dans le cœur de la négociation, ce qui a permis l’inclusion d’une mention importante sur la sécurité alimentaire dans la « proclamation » adoptée par les chefs d'Etat et de Gouvernement
 
L’initiative 4 pour 1 000 au sein de l’agenda mondial de l’action climatique
 
La COP 21 a mis en place un plan d’actions (Plan d’Actions Lima-Paris, renommé Agenda mondial de l’action climatique lors de la COP 22). L’initiative « 4 pour 1 000 », sélectionnée parmi les 10 initiatives majeures du plan, a ainsi été lancée le 1er décembre 2015, et réunit aujourd’hui plus de 190 acteurs volontaires du public et du privé : Etats et organisations intergouvernementales des cinq continents, organisations et financeurs internationaux (FAO ; Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification ; Banque mondiale ; Fonds mondial pour l’environnement ; AFD ; Banque asiatique de développement notamment), organismes de recherche et universités (CGIAR, INRA, CIRAD, IRD notamment), organisations non gouvernementales, organisations d’agriculteurs, entreprises et fondations privées du monde entier.
 
L’initiative vise, avec l’appui de la recherche, à faire évoluer les pratiques et les systèmes agricoles en encourageant les projets qui permettent aux sols agricoles de capter et de stocker le carbone atmosphérique, tout en améliorant leur fertilité et leur capacité à répondre à l’enjeu de sécurité alimentaire.
 
Le 17 novembre 2016, dans le cadre de la COP 22, la gouvernance de l’initiative « 4 pour 1000 » a été officiellement établie avec la nomination de Ibrahim Hassane Mayaki, secrétaire exécutif du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique), et ancien Premier ministre du Niger, et de Stéphane Le Foll, comme président et vice-président des organes de concertation et de décision. Le comité scientifique et technique (CST) afférent s’est réuni le même jour.
 
Les principaux axes de travail pour l’année 2017 (feuille de route) sont :
 
  • développer les connaissances scientifiques sur les capacités de stockage de carbone des sols ; 
  • proposer des outils de partage (plateforme multi-acteurs) et des outils d’aide à la décision (prospective et contribution concrète aux engagements climat définis par les pays signataires de l’Accord de Paris) ; 
  • favoriser le financement de projets. Sur ce dernier point, les organes de financement (tels que la Banque mondiale, le Fonds mondial pour l’environnement, l’Agence française de développement ainsi que les fondations privées) ont confirmé la priorité donnée aux sols dans leur propre stratégie, et leur fort intérêt pour l’initiative et le référentiel de financement des projets qu’elle propose. 
La place spécifique de l’agriculture dans les négociations climatiques
 
Parmi les secteurs concernés par la négociation climatique, l'agriculture présente de nombreuses spécificités, de par son rôle fondamental dans la production alimentaire, et son caractère multifonctionnel dans les dimensions économiques, sociales et environnementales.
 
Ce secteur dit « secteur des terres » contribue au changement climatique par ses émissions de gaz à effet de serre, en subit les effets mais dispose également des moyens de contribuer à leur atténuation. L’Accord de Paris a reconnu explicitement la protection de la sécurité alimentaire comme priorité et le Plan d’action Lima-Paris intègre différentes initiatives d’adaptation et d’atténuation du changement climatique pour le secteur agricole.
 
La question agricole reste un sujet politiquement sensible dans les négociations climatiques. Aux pays préoccupés par les enjeux de sécurité alimentaire s’opposent en effet les pays qui estiment que l’intégration des questions agricoles dans les accords climatiques pourrait conduire à imposer des objectifs quantifiés de réduction des émissions dans l’agriculture, voire à la mise en place de barrières commerciales, par exemple via des critères d'efficience de la production.
 
Lors de la COP 22 à Marrakech, l’Union européenne, au nom de la France et des autres Etats membres, a porté l’objectif partagé par les organisations non gouvernementales de faire adopter une décision sur l'agriculture permettant de promouvoir la coopération entre les pays en matière de recherche, de développement, de transfert de technologies et de pratiques, de manière équilibrée entre atténuation et adaptation.

Les discussions, intenses, ont acté la poursuite des négociations à la prochaine session de négociation, à Bonn en mai 2017. Elles ont également permis d’aboutir à l’inclusion d’une mention importante dans la « proclamation » adoptée par les chefs d'Etat et de Gouvernement, qui « appelle à renforcer et à soutenir les efforts pour éradiquer la pauvreté, assurer la sécurité alimentaire et mettre en place des actions fortes pour répondre aux enjeux du changement climatique en agriculture ».