La Conférence des Parties sur le climat

La ministre de l’Environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat a présenté une communication relative à la Conférence des Parties sur le climat.
 
La 22eme conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (COP 22), s’est déroulée du 7 au 18 novembre à Marrakech au Maroc.
 
Il s’agit d’un succès pour le Maroc qui a organisé un évènement d’une ampleur exceptionnelle, mettant en évidence la dynamique de l’Accord universel sur le Climat adopté à Paris le 12 décembre 2015.
 
Comme l’a dit le Président de la République lors de son intervention le 15 novembre, cette première conférence après Paris a montré le caractère « irréversible, en droit, dans les faits et dans les consciences » de la dynamique mondiale de lutte contre le dérèglement climatique et ses effets dévastateurs.
 
Dans le contexte de l’élection américaine, la COP 22 a témoigné de l’engagement au plus haut niveau en faveur de la coopération internationale dans ce domaine. Le rôle de la France, tant dans le champ diplomatique, que dans la mobilisation pour l’action, a été unanimement salué.
 
Appliquer rapidement l’Accord de Paris
 
111 pays ont désormais ratifié l’Accord de Paris. Ils représentent plus de 77 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales. L’entrée en vigueur de l’Accord de Paris le 4 novembre a permis de tenir la première conférence des Parties à l’Accord de Paris.
 
Les travaux sur les décisions d’application de l’Accord de Paris ont été engagés : plus de 20 décisions devront être adoptées, et la réunion de Marrakech a permis de bien organiser le calendrier et le travail de préparation de ces décisions.
 
Les premiers échanges sur la transparence, le bilan mondial, les contributions nationales, les mécanismes de marché ont été constructifs, et ont permis de clarifier les objectifs.
 
L’objectif de la France est d’avancer au plus vite vers l’adoption des décisions dès l’an prochain et jusqu’en 2018, avec deux ans d’avance sur le calendrier initialement envisagé.
 
Renforcer et améliorer les contributions nationales
 
Les engagements des Etats se sont renforcés : le Président de la République a annoncé l’engagement de la France pour atteindre la neutralité carbone en 2050 ; plusieurs pays – Allemagne, Etats-Unis d’Amérique, Canada et Mexique - ont présenté des stratégies de réduction de leurs émissions à l’horizon 2050.
 
Le soutien aux pays en voie de développement pour la réalisation de leur contribution s’est renforcé : la France a rejoint le Partenariat pour la mise en œuvre des contributions nationales (NDC Partnership) et l’Agence française de développement a annoncé la mise en place d’une facilité d’appui pour un montant de 30 millions d’euros.
 
Confirmer les engagements financiers
 
La feuille de route qui confirme la mobilisation de 100 milliards de dollars par an pour le climat par les pays développés a permis de renforcer la confiance.
 
Le débat porte désormais sur les outils de gestion de l’ensemble des flux financiers, publics et privés, à orienter vers l’économie bas-carbone. Le travail se poursuivra pour faciliter l’accès aux financements pour tous les pays, notamment pour l’Afrique et les plus vulnérables.
 
La France a confirmé ses engagements globaux jusqu’en 2020 :
 
- porter de 3 à 5 milliards d’euros en 2020 les financements annuels pour le climat ;
 
- tripler ses engagements en faveur de l’adaptation pour atteindre au moins 1 milliard par an en 2020.
 
Faire progresser l’agenda de l’action
 
La COP 22 a été l’occasion de progresser sur les alliances et coalitions de l’agenda de l’action, portées par la société civile au côté des Etats, et lancées à la COP 21. La France a notamment signé :
 
- la convention de partenariat avec la Banque africaine de développement pour soutenir le développement des énergies renouvelables en Afrique (AREI) et financer son unité de mise en œuvre ;
 
- les statuts de l’Alliance solaire internationale, confirmant ainsi l’engagement pris par le Président de la République lors du lancement de cette initiative à la COP21 ;
 
- l’engagement de 10 millions d’euros au fonds de l’initiative CREWS qui porte sur le développement de systèmes d’alerte précoce aux catastrophes naturelles ;
 
- l’initiative quatre pour mille dans l’agriculture a confirmé son succès avec de nouvelles adhésions.
 
La France a confirmé son engagement pour renforcer le lien entre océan et climat par :
 
- la protection des aires marines et la publication du décret d’extension de la réserve naturelle nationale des terres australes françaises ;
 
- le lancement d’un plan d’action dans le cadre de l’initiative internationale sur les récifs coralliens ;
 
- la préparation d’un projet porté par le Fonds pour l’Environnement mondial pour soutenir le projet sur le risque côtier en Afrique de l’Ouest ;
 
- les avancées du Plan pour la Méditerranée avec 4 nouvelles initiatives pour développer les connaissances scientifiques sur la région, accélérer les investissements dans l’assainissement des eaux usées, renforcer les aires marines protégées et progresser dans l’utilisation des solutions basées sur la nature pour protéger nos littoraux ;
 
- le lancement, avec l’Australie, d’un nouveau plan d'action de sauvegarde des récifs coralliens et des mangroves.
 
La France restera pleinement engagée dans le processus de négociation des règles de l’Accord de Paris. Elle apportera un soutien politique, technique et financier à ce processus, pour qu’il aboutisse en 2018, dans le respect de la lettre et de l’esprit de l’Accord de Paris.