La politique de lutte contre le cancer

La ministre des affaires sociales et de la santé a présenté une communication relative à la politique de lutte contre le cancer.
 
En accueillant, depuis le 31 octobre, le Congrès mondial contre le cancer, la France réaffirme son engagement pour vaincre cette maladie, priorité absolue de santé publique. On dénombre chaque année, dans le monde, plus de 14 millions de nouveaux cas et près de 8 millions de décès, et, en France, 385 000 nouveaux cas et 149 500 décès. Le 3ème plan cancer, lancé par le Président de la République en février 2014, mobilise associations de patients, soignants, chercheurs, industriels, dans une action multisectorielle innovante pour mieux prévenir, mieux guérir et mieux vivre après le cancer.
 
Pour réduire le nombre de nouveaux cas de cancer, la loi de modernisation de notre système de santé a consacré la prévention comme le socle de notre système de santé. Le tabac et l’alcool sont responsables, respectivement de 30 % et 9,5 % des décès par cancer. S’attaquer aux déterminants comportementaux et environnementaux du cancer est une politique éthiquement indiscutable, efficace, juste socialement, bénéfique pour les finances publiques, et courageuse face aux intérêts et aux lobbies. Paquet neutre, augmentation de 15 % du prix du tabac à rouler, opération « Moi(s) sans tabac », triplement du forfait de prise en charge des substituts nicotiniques, sont autant de mesures efficaces contre le tabagisme.
 
Les dépistages permettent d’augmenter les chances de guérison. Près de 2 500 000 femmes participent au dépistage organisé du cancer du sein, soit 51,5 % des femmes de 50 à 74 ans. Le renforcement de la qualité de l’information, la personnalisation du parcours, l’implication plus grande du généraliste, l’amélioration des tests diagnostiques sont des leviers que le Gouvernement active pour améliorer quantitativement et qualitativement le dépistage des cancers du sein, du colon, et dès 2017 du col de l’utérus.
 
Pour guérir davantage de patients, le Gouvernement réduit les inégalités territoriales, avec 60 % d’oncologues en plus en 10 ans, 30 % d’IRM en plus en 4 ans, le développement de l’ambulatoire et le renforcement de la coordination ville – hôpital.
 
Si les patients meurent moins, les séquelles, la discrimination et les inégalités face à l’emploi pèsent sur leur quotidien après le cancer. C’est pourquoi le Gouvernement a pris des mesures importantes, telles que le droit à l’oubli, pour mieux vivre après leur cancer.
 
Promouvoir, diffuser, rendre accessible à tous les progrès thérapeutiques fondent la politique du Gouvernement en matière d’innovation. Le Gouvernement investit près de 100 millions d’euros par an pour la R&D (recherche et développement). Le nombre de patients participant aux essais sur des traitements innovants a ainsi progressé de 100 % en 6 ans, et de 130 % pour les enfants. Le Gouvernement a lancé en 2016 le plan France Génomique 2025 doté de 670 millions d’euros sur 5 ans, pour une médecine plus personnalisée et plus efficace contre leur cancer. En 2014, 1,6 milliards d’euros ont été consacrés aux médicaments anticancéreux innovants, soit une progression de 15,5 % par rapport à 2012. Pour relever le défi que représente la croissance du coût des traitements innovants, le Gouvernement consacre un fonds innovation, doté de 6,2 milliards d’euros. Le Président de la République a porté cette action au niveau international lors du sommet du G7 de 2016, et à la demande de la France, l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) travaille à des propositions concrètes pour relever ce défi.