Le ministre de l’économie et des finances et le secrétaire d’Etat chargé de l’industrie ont présenté une communication sur la politique industrielle.
 
L’industrie représente 12,6 % du PIB de la France, 3 millions d’emplois, 70 % des exportations et 74 % de la R&D privée.
 
L’industrie a été substantiellement bénéficiaire du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), de l’ordre de 22 % des sommes versées. Le CICE a été complété par la mise en place en 2015 d’un « suramortissement » pour soutenir l’investissement productif des entreprises et accélérer la modernisation de leur outil de production, qui a été prolongé d’un an jusqu’à avril 2017. Cet effort est conséquent : en 2017, l’ensemble des mesures prises en faveur des entreprises représentera 40 milliards d’euros. Mais il s’agit d’un effort indispensable pour engendrer un cercle vertueux qui profite tant aux entreprises qu’aux salariés. A cela s’ajoute un effort en faveur des industries fortement consommatrices d’électricité de 400 millions d’euros. Le Gouvernement apporte également un soutien financier à l’innovation grâce au crédit impôt recherche et aux outils de transfert et de valorisation technologique.
 
Cette politique volontariste en faveur de l’industrie a porté ses fruits : elle a permis aux entreprises d’améliorer leur taux de marge à 35,5 % fin 2015, soit un niveau supérieur à celui d’avant-crise. L’investissement des entreprises manufacturières est reparti : il est redevenu positif et a progressé de + 1,9 % en 2014 et + 3,5 % en 2015.
 
Avec la Nouvelle France Industrielle, le Gouvernement a défini un cap comportant neuf priorités : mobilité écologique ; transports de demain ; médecine du futur ; alimentation intelligente ; confiance numérique ; objets intelligents ; économie des données ; ville durable ; nouvelles ressources. Ce dispositif, largement piloté par les industriels, a permis de concentrer l’énergie des acteurs dans un esprit collaboratif. Depuis 2013, 1 000 projets ont été accompagnés avec un soutien public de près de 2 milliards d’euros, notamment issu du programme d‘investissements d’avenir. Certains ont déjà atteint leurs objectifs comme le satellite à propulsion électrique, l’avion électrique e-fan ou le supercalculateur Sequana. De nouveaux projets seront lancés prochainement, tels que le véhicule connecté, la fabrication additive ou encore l’Internet des objets.
 
La compétitivité des entreprises dépend aussi de leur capacité à moderniser et transformer leur modèle productif. Avec le programme Industrie du futur, le Gouvernement a mobilisé des moyens financiers conséquents : 2,1 milliards de prêts de Bpifrance et 100 millions d’euros du programme des investissements d’avenir. 2 000 petites et moyennes entreprises et entreprises de taille intermédiaire ont reçu un accompagnement personnalisé. L’objectif est de porter ce nombre à 4 300 d’ici fin 2017, en lien étroit avec les régions, et d’y impliquer l’ensemble des filières.
 
Les Commissaires au redressement productif ont aidé 2 769 entreprises représentant plus de 250 000 salariés, sur la seule année 2015. L’objectif est que chaque entreprise puisse être aidée quand sa situation se dégrade, mais qu’elle puisse aussi être accompagnée quand elle veut innover et se moderniser.
 
Enfin, la stratégie de l’Etat actionnaire est mise au service de la politique industrielle, notamment via Bpifrance. Le rôle d’actionnaire de long terme est structurant, avec en particulier la refondation de la filière nucléaire et le soutien au secteur automobile.
 
Les efforts entrepris se poursuivront autour de trois priorités :
 
  • la modernisation et la montée en gamme de l’industrie française, au travers de la transition énergétique et numérique et du déploiement du programme « Industrie du futur » ; 
  • la défense et la promotion des intérêts des entreprises, françaises dans une approche pragmatique et une vision de long terme ; 
  • l’ancrage de l’industrie au cœur de la société et des territoires, pour la rendre plus humaine, respectueuse de l’environnement, et donc plus attractive.