Le ministre des affaires étrangères et du développement international, le ministre de l’économie et des finances, la ministre de la culture et de la communication, le secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger et la secrétaire d’Etat chargée du commerce, de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire ont présenté une communication faisant le bilan de la saison touristique.
 
Dès le début du quinquennat, le Président de la République a souhaité faire du tourisme une priorité. Les Assises du tourisme, lancées en 2013 et clôturées en juin 2014, prolongées par les travaux du Comité de promotion du tourisme, ont permis d’élaborer une stratégie complète de développement touristique de la France. L’enjeu était d’élaborer un programme d’actions structurelles pour permettre à la France de demeurer la première destination mondiale et de porter à 100 millions le nombre annuel de visiteurs d’ici 2020, en faisant du tourisme un levier encore plus puissant en faveur de la croissance, de l’emploi et du développement de nos territoires.
 
Après une très bonne année 2015 (environ 85 millions de visiteurs internationaux), l’année 2016 restera une année à part pour les professionnels du tourisme. La filière enregistre en moyenne un recul de la fréquentation sous l’effet conjugué d’une perception négative de la sécurité (attentats terroristes ; délinquance sur les sites touristiques), des intempéries du printemps et des mouvements sociaux. L’INSEE a ainsi constaté un recul de 2,4 % de la fréquentation hôtelière par les touristes de janvier à la fin aout 2016 dont une baisse de 7,4 % de la clientèle étrangère tandis que la clientèle française est en augmentation de 0,8 %. La fréquentation des lieux patrimoniaux et des grands musées nationaux est en baisse de 16 % sur les neuf premiers mois de l’année 2016 par rapport à la même période en 2015. En revanche, les festivals et les lieux de spectacles, qui ont fait l’objet de mesures de sécurité adaptées, ont pu maintenir un bon taux de fréquentation.
 
Le comité d’urgence du tourisme, présidé par le ministre des affaires étrangères et du développement international, s’est déjà réuni à deux reprises, les 13 juillet et 13 septembre. Ces rencontres ont donné lieu à des échanges constructifs avec les professionnels. Elles ont confirmé le diagnostic qui fait apparaître un recul marqué de la fréquentation à Paris et dans les destinations associées, ainsi que dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Par contraste, les autres régions, portées par le maintien de la fréquentation des Français, les bons résultats de l’Euro et une excellente saison pour les festivals enregistrent des résultats satisfaisants. Le prochain comité interministériel du tourisme donnera lieu à la présentation d’une série de mesures correctrices de portée immédiate, dont des mesures de soutien à la profession et des mesures destinées à renforcer visiblement la sécurité des touristes sur la voie publique et dans les établissements culturels. En parallèle se poursuit la préparation de la deuxième conférence annuelle du tourisme, qui sera l’occasion de faire le point, avec les professionnels, sur les chantiers de réformes structurelles entamées il y a plus de deux ans.                               
 
Par ailleurs, dans le cadre de la cellule de continuité économique, réunie à plusieurs reprises depuis fin 2015, l’ensemble des dispositifs de soutien aux entreprises rencontrant des difficultés conjoncturelles ont été activés (étalement de cotisations et de charges, temps partiel, etc.). Une première campagne de relance de la Destination France, dotée de 1,5 M€, a été déployée depuis mars 2016 à destination de 16 marchés prioritaires. Compte tenu de l’urgence, des moyens supplémentaires à hauteur de 10 millions d’euros ont été annoncés le 13 septembre pour cette campagne qui associera étroitement les régions. Une réunion de concertation avec les exécutifs régionaux a lieu ce 19 octobre. Un fonds d’urgence pour le spectacle vivant de 14 millions d’euros a par ailleurs été mis en place pour notamment renforcer les dispositifs de sécurité des festivals et des lieux de spectacles.
 
Outre ces mesures dictées par l’urgence, les travaux se poursuivent autour de six axes pour rehausser l’attractivité de la France dans un environnement de plus en plus concurrentiel :
 
- améliorer le parcours des touristes (facilitation de la délivrance des visas ; meilleure gestion des flux dans les aéroports, rénovation des gares parisiennes ; projet de liaison « Charles de Gaulle express » ; ouverture dominicale et nocturne des commerces dans les zones touristiques internationales, etc…) ;
 
- structurer l’offre et la promotion (création de pôles d’excellence thématiques ; travail spécifique sur l’outre-mer ; signature de 20 contrats de destination et 12 contrats « SPôTT » de structuration des pôles touristiques territoriaux ; mobilisation du réseau diplomatique ; opérations de promotion de la gastronomie ; préparation d’un contrat de filières « rencontres d’affaires et évènementiel », développement d’une stratégie en faveur du tourisme culturel) ;
 
- faciliter l’accès aux vacances pour les publics fragiles (dispositif « Départ 18 : 25 » pour les jeunes majeurs ; programme « Seniors en vacances » ; marque nationale « tourisme et handicap » ; action de l’Agence nationale pour les chèques-vacances) ;
 
- investir (plateforme France Développement Tourisme, dotée d’1 milliard d’euros ; fonds « Tourisme social investissement » de 75 millions d’euros ; Foncière Rénovation Montagne à hauteur de 72 millions d’euros ; priorité tourisme dans le cadre du Programme d’investissement d’avenir III) ;
 
- faciliter la vie des entreprises et des salariés du secteur (encadrement des grandes plateformes de réservation en ligne avec la loi sur la Nouvelle République Numérique ; collecte de la taxe de séjour par les plateformes numériques ; mesures de simplification en matière de délais de mises aux normes pour les hébergements touristiques ; conditions de travail des saisonniers...).