Les enjeux de l’industrie agroalimentaire

Le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement a présenté une communication relative aux enjeux de l’industrie agroalimentaire.
 
Avec plus de 170 milliards d'euros de chiffre d'affaires, le secteur agroalimentaire constitue l'un des piliers de l'économie de l'économie française. Le Salon international de l'alimentation (SIAL) qui s'ouvre le 16 octobre à Villepinte constitue une occasion unique de rappeler l'importance de l'enjeu alimentaire dans le monde, et une opportunité majeure pour les entreprises françaises de valoriser leur dynamisme et leur savoir-faire.
 
La France peut s'enorgueillir d'une tradition alimentaire et gastronomique largement reconnue à l'international, grâce en particulier aux 17 647 entreprises du secteur agroalimentaire constitué à 98 % de très petites entreprises (TPE) et de petites et moyennes entreprises (PME). Près de 70 % des produits agricoles étant transformés avant d’être consommés, ces entreprises qui emploient 418 000 salariés représentent un enjeu fondamental pour l’agriculture et pour l’équilibre des territoires. Elles valorisent la qualité des productions françaises et innovent en permanence pour satisfaire des consommateurs de plus en plus attentifs à la qualité de leur alimentation, et désireux d'être informés du processus de production.
 
Le secteur agroalimentaire a créé, en 2015, 5 700 emplois, et a connu un accroissement, pour la deuxième année consécutive, de sa production (+ 1,5 %) et une amélioration de sa balance commerciale de 6 % par rapport à 2014 pour atteindre un excédent de 8,1 milliards d'euros.
 
Ces bons résultats témoignent d'une reprise durable de l'activité du secteur, qui bénéficie pleinement des effets du Pacte de responsabilité et de solidarité, à hauteur d'un milliard d'euros supplémentaire d'allègements de charges par an par rapport à 2012. Le total des allègements de charges du secteur atteindra ainsi 1,8 milliards d'euros en 2017 pour 792 millions en 2012.
 
Les entreprises agroalimentaires françaises ont pleinement bénéficié de mesures de soutien à l'investissement, grâce à la prolongation de la mesure de suramortissement, et à l'attribution de 250 millions d'euros de financements par le deuxième volet du programme des investissements d'avenir (PIA), pour soutenir la modernisation des outils et l'innovation. Le crédit impôt recherche est par ailleurs mobilisé avec 645 entreprises bénéficiaires, ayant généré, en 2015, 256 M€ d'investissements en recherche et développement.   
 
Le secteur agroalimentaire constitue l'un des secteurs économiques prioritaires dans le cadre du troisième volet du PIA présenté par le Premier ministre lors du conseil des ministres du 22 juin 2016. Le PIA, doté d'une enveloppe de 10 milliards d'euros, viendra en particulier appuyer la mise en œuvre opérationnelle des priorités définies dans le cadre de la solution "alimentation intelligente", qui constitue l’une des neuf filières stratégiques retenues par l'Etat dans le cadre de la Nouvelle France industrielle.
 
La performance des entreprises françaises ne doit néanmoins pas masquer les enjeux auquel est confronté le secteur. Le repli des exportations constaté depuis le début de l’année 2016, dû en grande partie à l'engorgement du marché laitier et aux faibles cours des céréales sur le marché mondial, rappelle que l'excédent des exportations françaises repose sur un nombre restreint de secteurs.
 
Pour répondre à cet enjeu, l'Etat a clarifié ses dispositifs pour développer les exportations. Ainsi Business France, avec l'appui du réseau des chambres de commerce et d'industrie, accompagnera 3 000 PME d'ici 2018 dans le cadre d'un parcours simplifié à l'export. L'identité "France" sera renforcée par le déploiement du visuel "Made in France, Made with love".
 
En parallèle, une stratégie claire de reconquête de parts de marché sur le marché national doit être menée. L'expérimentation de l'étiquetage de l'origine du lait dans les produits laitiers et de la viande dans les plats transformés, qui sera conduite pour deux ans à compter du 1er janvier 2017, y participe en complément de la démarche "viande de France" initiée de manière volontaire par les professionnels, qui a permis une baisse de 17 % du déficit commercial de ce secteur en 2015.
 
Le secteur de la restauration collective publique et privée constitue également un levier majeur de progrès, et appelle à une mobilisation de l'Etat, des collectivités et de l'ensemble des acteurs de la filière alimentaire pour construire des filières d'approvisionnement susceptibles de répondre durablement aux besoins spécifiques de ce débouché.
 
Les industries agroalimentaires françaises ont fait face à la concentration accrue du secteur de la distribution et à des dysfonctionnements dans les relations commerciales. Depuis 2014, l'introduction d'une clause de renégociation dans les contrats a été rendue obligatoire pour certains produits soumis à une forte variabilité du prix des matières premières, afin d'assurer une prise en compte de la réalité des coûts de production industriels. En 2015, le niveau des sanctions en cas de déséquilibre significatif des relations commerciales a été relevé et les contrôles opérés par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) durant la phase de négociation commerciale ont augmenté de 70 % par rapport à 2014.
 
Enfin, le projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique en cours de discussion au Parlement, vise à renforcer la transparence dans le cadre des relations commerciales. Le Gouvernement entend s'appuyer sur ces mesures pour favoriser le développement de relations commerciales plus durables, et susceptibles de dégager davantage de valeur dans la filière alimentaire au profit de l'ensemble des entreprises.