Méditerranée : climat, biodiversité, croissance bleue – quelles solutions pour la Méditerranée ?

La ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat a présenté une communication relative à la Méditerranée : climat, biodiversité, croissance bleue – quelles solutions pour la Méditerranée ?
 
Le lundi 27 juin le lancement du « Plan Méditerranée pour une croissance bleue» a été annoncé à l’ensemble des organisations impliquées et aux représentants des Etats riverains de la Méditerranée.
 
La mer Méditerranée représente un extraordinaire modèle de « petit océan » de par sa configuration, sa superficie, sa position géostratégique, les contraintes environnementales et économiques.
 
Elle a joué un rôle historique et politique de premier ordre.
 
Aujourd’hui, le monde méditerranéen est menacé par la destruction des littoraux et par une pollution généralisée incluant métaux lourds, matières plastiques, perturbateurs endocriniens, substances diverses et variées.
 
Parmi les menaces, on constate une surexploitation généralisée de certaines ressources halieutiques ; une dissémination d’espèces vivantes ; des migrations d’espèces et un fort impact du changement climatique.
 
La remontée du niveau de la mer y est accélérée. Sa biodiversité est altérée et tout doit être fait pour maintenir le niveau des ressources exploitables.
 
C’est aussi une des zones les plus utilisées pour le trafic maritime et la principale destination touristique au monde.
 
Elle mérite un intérêt particulier de la recherche scientifique et une gestion durable. Il faut penser une croissance bleue, soutenable et équitable pour tous, dans un contexte de croissance démographique dynamique au Sud.
 
La démarche de préparation du Plan Méditerranée pour une croissance bleue, pilotée par la déléguée à la mer et au littoral, Catherine Chabaud, est participative et transversale. C’est pourquoi un comité de pilotage multi-acteurs oriente et suit la démarche, en rassemblant des administrations, des organisations internationales, des acteurs économiques, des associations et des scientifiques qui apportent des points de vue très variés et une information d’actualité sur les initiatives de terrain.

Le plan proposé par la ministre de l’environnement a trois objectifs :
-    une mer en bonne santé ;
-    une économie maritime durable ;
-    une gouvernance qui anticipe le changement climatique.
 
Le plan doit permettre de valoriser et de coordonner certaines initiatives, au service de l’efficacité collective, d’accélérer certains projets ou lancer des actions ayant un impact régional.
 
1°) Les participants au séminaire du 27 juin ont souligné la nécessité de mieux préserver la biodiversité de la Méditerranée.
 
Afin de protéger la biodiversité, la France est très attachée au dispositif des Aires marines protégées, qui fête ses 10 ans cette année.
 
Les eaux sous juridiction française seront couvertes à hauteur de 20 % par des aires marines protégées d’ici 2020 avec en particulier, en Méditerranée, l’entrée en fonction opérationnelle du parc naturel marin du Golfe du Lion et la création cet été du parc naturel marin du cap Corse.
 
La France tient à disposition de l’ensemble des Etats, et en particulier de ceux du pourtour méditerranéen, l’ingénierie des Aires marines protégées pour accompagner ses partenaires dans la protection de la biodiversité méditerranéenne, exceptionnelle et si précieuse.
 
La France fera également la promotion des systèmes de localisation des cétacés, et soutiendra le label « High Quality Whale Watching » dont le cahier des charges permet de favoriser un tourisme d’observation des cétacés respectueux de l’environnement.
 
2°) Des initiatives fortes doivent être prises pour limiter les rejets d’effluents et de déchets qui aboutissent, pour beaucoup d’entre eux, dans la mer.
 
La France soutiendra une interdiction généralisée des sacs plastiques dans les pays méditerranéens, comme le Maroc et elle-même l’ont fait.
 
Elle soutiendra également le renforcement de la lutte contre les pollutions volontaires en améliorant la coopération entre les Etats riverains notamment à travers le réseau des procureurs et la mise en place d’un fonds d’aide aux investissements alimenté par les amendes versées par les pollueurs.

Enfin, il a été demandé à cinq Etats riverains méditerranéens de ratifier la Convention sur le traitement des eaux de ballast. Son entrée en vigueur est subordonnée à la ratification par 30 Etats, dont les flottes marchandes représentent 35 % du tonnage brut de la flotte mondiale.
 
3°) L’accord historique obtenu à Paris le 12 décembre dernier a lancé une dynamique. Il marque un tournant vers un nouveau monde.
 
Les défis d’un développement mondial sobre en carbone sont immenses et il est important que tous les acteurs restent mobilisés. L’Accord de Paris repose sur des contributions nationales. Ces contributions ont déjà changé la donne et nous éloignent du pire, mais elles appellent à être renforcées par les coopérations et les synergies entre les Etats, fondamentales compte tenu de l’urgence climatique.
 
L’engagement des îles de Méditerranée dans une démarche d’île autonome en énergie doit être promue en se nourrissant des meilleures pratiques, comme l’éolien flottant, qui fait l’objet d’un appel d’offres en France, portant sur trois zones en Méditerranée. Les premiers résultats en seront dévoilés en juillet.
 
Dans le prolongement de la COP 21 où, pour la première fois, l’Océan a eu toute sa place dans les négociations internationales sur le climat, il est temps d’agir pour sauver la Méditerranée. Tous les pays du pourtour méditerranéen ont été appelés à rejoindre cette initiative.
 
Le réseau diplomatique poussera les initiatives annoncées le 27 juin et organisera à la rentrée une conférence internationale qui permettra de balayer un plus large panorama d’actions et de recenser les avancées obtenues dans les différents axes du plan.