Le troisième volet du programme d’investissements d’avenir (PIA III) et le plan Juncker

Le Premier ministre a présenté une communication relative au troisième volet du programme d’investissements d’avenir (PIA3) et au plan Juncker.
 
1) L’Etat investit pour préparer l’avenir. Il s’agit d’augmenter le potentiel de croissance de l’économie française par une politique publique d’investissement, en s’appuyant sur l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche pour tirer pleinement profit des ruptures technologiques et économiques.
 
C’est l’objectif du programme d’investissements d’avenir, dont les grandes lignes ont été établies par MM. Rocard et Juppé en 2010.
 
Une évaluation des deux premiers volets de ce programme a été menée par un comité présidé par Philippe Maystadt, et rendue publique en avril dernier.
 
Le troisième volet, doté de 10 milliards d’euros, tire les conséquences de cette mission. Ainsi, il ne s’agira plus, désormais, de distribuer des enveloppes par secteur, mais de mettre en place une organisation plus souple, de l’amont vers l’aval, de l’enseignement et la recherche vers l’innovation et le développement des entreprises. Le PIA3 pourra dynamiser des secteurs jusqu’alors peu couverts, tels que les industries de sécurité, l’agroalimentaire ou encore le tourisme.
 
Sur les 10 milliards d’euros du PIA3, 5,9 milliards bénéficieront à l’enseignement, la recherche et la valorisation de celle-ci. Ce programme contribuera par exemple à la mise en œuvre du Plan numérique à l’école, en s’appuyant sur les initiatives de terrain, en lançant de nouvelles expérimentations.
 
Le PIA3 financera également les «territoires d’innovation», territoires laboratoires où des expériences audacieuses pourront être menées par exemple dans l’urbanisme, les transports.
 
Les 4,1 milliards d’euros restants seront mobilisés pour l’innovation des entreprises. Cela permettra d’amplifier l’émergence des techniques de demain – automatisation, impression 3D, Internet des objets –, notamment en répondant aux besoins de formations adaptées, dans la continuité de la démarche « Industrie du Futur ».
 
Toutes les actions du PIA3 incluront une dimension numérique, et plus de 60 % des crédits seront affectés à des projets qui contribuent à la croissance verte. Il s’agit de construire une économie plus sobre en énergie, plus connectée, et donc plus innovante.

Au total, 4 milliards d’euros seront consacrés à des investissements en fonds propres, qui pourront valoriser, à moindre coût pour les finances publiques, l’effort exceptionnel consenti pour la recherche et l’innovation dans les deux précédents programmes, en partageant les risques et les chances des projets avec leurs initiateurs. Par ailleurs, en cohérence avec la réforme territoriale, 500 M€ feront l’objet d’actions co-décidées avec les régions.
 
Le détail de la répartition sera rendu public aujourd’hui par Louis Schweitzer, Commissaire général à l’investissement. Il sera transmis, d’ici la fin de l’année, au Parlement.
 
2) Cette politique d’investissement française est complétée et amplifiée par la politique d’investissement de l’Union européenne.
 
Le plan Juncker est le symbole de l’Europe concrète, orientée vers la croissance que la France, depuis 2012, appelle de ses vœux.
 
La France fait partie des Etats qui ont le plus bénéficié de ce plan. En un an, 249 projets ont été approuvés. Ils bénéficieront de 12,8 milliards d’euros de financement garanti de la Banque européenne d’investissement (BEI), pour un total de 100 milliards d’euros d’investissement.
 
La moitié des projets français approuvés par la BEI sont des investissements en lien avec la transition énergétique : rénovation de copropriétés privées en Ile-de-France, investissements dans des fermes solaires, des éoliennes et des méthaniseurs, construction de logements intermédiaires à la pointe de l’efficacité énergétique, d’une usine de recyclage des déchets de titane... L’autre moitié fait une grande part au numérique et à l’industrie.
 
La France soutient, en conséquence, la proposition de la Commission de prolonger le plan Juncker au-delà des trois ans initialement prévus, et partage en particulier son souci de gagner encore en souplesse et en efficacité, à l’instar de ce que le Gouvernement propose pour le PIA.
 
 
Ces deux programmes d’investissement, français et européen, sont complémentaires. Le PIA, qui accompagne la recherche fondamentale, la recherche appliquée, la réalisation de démonstrateurs, la création du premier pilote permet aux projets de technologie innovante de voir le jour. Le plan Juncker accompagne quant à lui les technologies qui, après avoir franchi ces premières étapes, abordent celle, cruciale, de la diffusion. 

Ce passage de témoin entre PIA et plan Juncker est particulièrement efficace pour la transition énergétique. Les techniques développées en amont nourrissent ainsi un flux de projets pouvant bénéficier du plan Juncker, qui leur apporte les financements nécessaires quand les banques privées peuvent être plus réticentes. La garantie de l’Union est utile pour débloquer les projets, comme le PIA l’a été pour les faire naître.
 
C’est ainsi que la France restera à la pointe, avec de nouvelles entreprises dynamiques, prêtes à conquérir des marchés, offensives à l’export. Des entreprises qui pourront, à leur tour, investir, créer plus de croissance et donc plus d’emplois.