Le ministre des finances et des comptes publics a présenté les résultats du G20 du 15 avril 2016 qui s’est tenu en marge des Assemblées de printemps du Fonds monétaire international et de la banque mondiale.
 
Après les révélations des "Panama papers", cette réunion a permis des avancées substantielles dans la lutte pour une plus grande transparence fiscale et financière au niveau international.
 
Depuis 2012, la France mène un combat déterminé pour lutter contre la fraude et l’optimisation fiscale agressive. Plus de 70 mesures de lutte contre la fraude ont été adoptées au niveau national. Au niveau de l’Union européenne, la Commission a été chargée par les ministres des finances de prendre des initiatives fortes pour améliorer la transparence. Au niveau international, les chefs d’État et de gouvernement ont adopté les principes de lutte contre l’érosion des bases fiscales internationales (BEPS) au G20 d’Antalya de novembre dernier. Ce travail porte ses fruits, avec des progrès considérables réalisés ces quatre dernières années, et des résultats en matière de lutte contre la fraude fiscale concrets : 21,2 milliards d’euros d’impôts redressés en 2015 contre 16 milliards d’euros en moyenne avant 2012.
 
Il convient aujourd’hui d’aller plus loin, et de faire progresser des demandes portées de longue date par la France et qui ont trouvé un nouvel écho ces dernières semaines.
 
Les ministres des finances du G20 ont ainsi demandé à l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et à l’organisme inter-gouvernemental en charge notamment de la lutte contre la corruption et contre le financement du terrorisme, le Groupe d’Action Financière (GAFI), de faire des propositions pour le G20 du mois d’octobre afin d’améliorer la transparence, en levant l’anonymat qui existe dans certains États sur les bénéficiaires effectifs des sociétés, fondations ou trusts, et en prévoyant les modalités d’échange de cette information au niveau international.
 
Les ministres des finances ont également décidé de se doter de nouveaux outils pour garantir la mise en œuvre effective de ces engagements et forcer les États récalcitrants à une plus grande transparence. Le G20 a ainsi donné mandat à l’OCDE pour établir, d’ici juillet, des critères objectifs pour identifier les juridictions non-coopératives sur le plan de la transparence fiscale, envers lesquelles des mesures communes seront envisagées.
 
Ces résultats n’auraient pas été possibles sans une impulsion politique très forte des pays européens, notamment de la France et de l’Allemagne, qui, avec le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne ont formulé des propositions précises en amont de la réunion des ministres du G20. C’est la démonstration de la force de l’Europe à l’international lorsqu’elle agit de manière unie et coordonnée.