Le ministre des affaires étrangères et du développement international, la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, la ministre du logement, de l’égalité des territoires et de la ruralité et le ministre de la ville, de la jeunesse et des sports ont présenté une communication relative à la ville durable.

1. La COP21 : des ambitions renouvelées pour des villes durables 

Le premier accord universel sur le climat vient d’être adopté, à la faveur d’une mobilisation exceptionnelle de l’ensemble des dirigeants internationaux et des représentants de la société civile. Les villes représentent 70% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. L’urgence climatique impose de s’engager résolument à bâtir des "villes durables". La COP 21 a permis de formaliser la généralisation des plans climat, le renforcement de la résilience des territoires et le soutien à une gouvernance partagée dans tous les pays.
 
Pendant la COP 21, les collectivités territoriales et les entreprises ont montré en quoi elles étaient les laboratoires de la croissance verte : elles créent des emplois, suscitent de l’innovation, appellent l’adhésion de la population. C’est grâce au savoir-faire mondial des entreprises françaises en matière de services urbains, qu’un partenariat a été noué avec l'Inde dans le cadre de son programme pour 100 villes intelligentes.

2. Une stratégie nationale pour la ville durable ancrée dans les territoires 

L’émergence de villes et de territoires durables est un enjeu majeur de cohésion sociale et de réponse au défi du changement climatique.
 
Le Gouvernement promeut les initiatives locales dans tout l’hexagone et les Outre-mer et organise des réseaux d’acteurs, à l’instar des clubs pour les Plan Locaux d’Urbanisme intercommunaux et écoquartier, pour favoriser le partage d’expérience. Les projets d‘écoquartiers et de requalification des centre-bourgs améliorent la qualité d’usage et les performances environnementales des tissus  denses et ruraux. Les projets accompagnés par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) et ceux retenus au titre du programme « Ville durable et solidaire » répondent aux enjeux de mixité sociale urbaine et fonctionnelle des quartiers prioritaires de la politique de la ville. La démarche EcoCité dotée de 668 M€ permet aux métropoles de tester des solutions innovantes sur la gestion des ressources et des services. Les territoires à énergie positive pour la croissance verte stimulent les solidarités énergétiques. La solution industrielle "ville durable"  développe des technologies émergentes sur les matériaux biosourcés pour la construction, les immeubles de grande hauteur en bois, les réseaux électriques intelligents et le numérique dans la rénovation. Tout ce foisonnement d’initiatives originales, innovantes, créatrices d’emplois, et collaboratives voient le jour sous l’impulsion de collectivités, d’entreprises, d’associations, de l’Etat  dans l’objectif de faire de la ville durable le quotidien de tous maintenant et pour les générations futures.

3. Le renforcement de la compétitivité de la France en matière de ville durable 

Le marché de la ville durable constitue une opportunité économique estimée à 250 Md€ au niveau mondial. Dès 2013, au travers de la stratégie "mieux vivre en ville", l’Etat a soutenu la création de Vivapolis. Fédérant un ensemble d’acteurs publics et privés de l’offre de la ville durable à la française, cette initiative a permis de promouvoir le savoir-faire et d’encourager les synergies entre filières pour être compétitif à l’international– avec notamment des projets d’éco-quartiers en Chine (Wuhan, Shenyang, Chengdu), au Mexique (Campeche), aux Emirats arabes unis (Masdar), deux projets pilotes de démonstrateurs numériques de ville durable à Santiago du Chili avec Artelia et Veolia, à Astana, capitale du Kazakhstan, avec Eiffage, Egis et Engie.
 
Afin de conforter cette dynamique, l’appel à projet pour des démonstrateurs industriels pour la ville durable a permis de sélectionner 11 projets parmi 22 candidats. Pour les groupements d’entreprises, en partenariat avec les collectivités concernées, cette initiative originale consiste à réaliser un projet urbain intégré répondant aux objectifs de faible empreinte carbone, d'indépendance énergétique, d'économie circulaire. Les projets seront accompagnés pour faciliter l’innovation technique ou organisationnelle. Ils ont vocation à devenir les vitrines du savoir-faire français de villes  performantes, attractives et accessibles.
 
La diversité et la qualité des opérateurs publics et privés français (Agences, établissements publics concernant le logement, la rénovation urbaine, l’environnement, petites  et moyennes entreprises, starts up comme majors du bâtiment etc..) offrent un potentiel de valorisation et d’export qui sera exploité.
 
Le Gouvernement salue donc la création d’un nouveau lieu de partage et  de réflexion sur la ville durable : le réseau d’acteurs français Vivapolis, l’Institut pour la ville durable qui doit aider à renforcer la visibilité de la France sur ce marché. Il constitue un cadre complémentaire d’échanges et de coordination, pour fédérer les moyens et l’expertise autour d’une conception partagée de la ville durable.

Les travaux du réseau s’organiseront selon quatre missions : l’appui aux projets innovants ; la recherche ; la formation ; le soutien au développement international de l’offre française. Il s’agit de stimuler le dialogue entre les mondes de l’enseignement et de la recherche, les collectivités et les acteurs économiques, à la faveur de projets opérationnels et de démarches prospectives. Développée initialement à l’international et désormais étendue aux projets en France, la marque ombrelle Vivapolis, permettra de faire connaître les initiatives et les démarches les plus prometteuses.