Une nouvelle politique de gestion des cadres dans la fonction publique de l’État

La ministre de la décentralisation et de la fonction publique a présenté une communication relative à la nouvelle politique de gestion des cadres dans la fonction publique de l’État.
 
L’ampleur des réformes conduites par le Gouvernement et l’accélération de leur rythme requièrent d’engager une nouvelle étape dans la gestion des cadres supérieurs et dirigeants, et plus généralement de l’ensemble des cadres de la fonction publique de l’État, acteurs majeurs de la conduite du changement, tant au niveau central que dans les services déconcentrés et les établissements publics.
 
Il est ainsi essentiel de renforcer la dimension managériale au sein de la fonction publique de l’État et d’instaurer de nouvelles pratiques, dans un contexte marqué de réforme.
 
Cette démarche répond aux attentes des cadres et témoigne de la confiance du Gouvernement dans ces agents pour moderniser l’action publique.
 
Elle répond également aux besoins de l’ensemble des agents publics, dont l’engagement, nécessaire à la mise en place des nouvelles organisations des services de l’État, sera favorisé par une évolution des pratiques managériales et une réflexion sur les conditions de travail. Le sens de l’action, la clarification des nouveaux objectifs, la responsabilisation et le dialogue à l’égard des collaborateurs doivent constituer des priorités pour les managers. Ce sont les cadres qui fixent les objectifs des services et de leurs collaborateurs et doivent veiller à la qualité de vie au travail de leurs équipes. Ils doivent disposer de réelles marges de manœuvre, être mieux formés et mieux accompagnés dans l’exercice de leurs responsabilités managériales.
 
Une nouvelle politique de gestion des cadres sera mise en place par chaque ministre, autour des trois priorités suivantes :
 
1-  Une nouvelle gouvernance de la politique de l’encadrement placée sous la responsabilité directe des ministres
 
Chaque ministre est responsable de son administration et doit s’impliquer dans la mise en œuvre d’une nouvelle politique managériale. C’est lui qui porte la vision stratégique sur les enjeux de son action au sein du Gouvernement et la fait partager aux cadres de son département ministériel.
 
Il s’appuie pour ce faire sur le secrétaire général, responsable direct de la modernisation de la gestion des ressources humaines et de la qualité du dialogue social au sein de son ministère. Chaque ministre lui confie la mission d’animer cette politique : identification des talents ; transparence des procédures de nomination ; revue de cadres ; réforme de leur évaluation ; clarification de la politique indemnitaire applicable mais aussi organisation de réunions d’échanges entre cadres du ministère.
 
2-  L’élaboration d’un plan managérial sous la responsabilité de chaque ministre
 
Chaque ministre élaborera, selon une procédure participative conduite avec les cadres et en concertation avec les organisations syndicales qui les représentent, un plan managérial avant la fin novembre 2015 et le présentera à ses cadres dirigeants et supérieurs avant la fin 2015.
 
Ce plan comportera l’ensemble des actions à conduire pour une gestion efficace des cadres en matière de recrutement, de formation continue, d’évaluation, de conseil de carrière, d’aide à la mobilité, de promotion d’une culture managériale et de conduite du changement, ainsi que de renforcement de la qualité de vie au travail au bénéfice de l’ensemble des agents.
 
Ce plan intègrera les priorités interministérielles que fixera dans quelques jours le Premier ministre par instruction aux ministres, notamment l’identification de l’organisation et des moyens dédiés à la nouvelle politique de gestion des cadres, la mise en œuvre d’un plan de formation et la définition d’une politique de structuration des parcours professionnels et de mobilité.
 
3-  Une réforme à caractère interministériel
 
Le Premier ministre inscrit cette nouvelle politique dans un cadre interministériel.
 
Les plans managériaux des ministères seront présentés par chaque secrétaire général au comité des secrétaires généraux présidé par le secrétaire général du Gouvernement après échange avec la Direction générale de l’administration et de la fonction publique.
 
La mutualisation des actions permettra de mélanger les cultures et pratiques professionnelles et de favoriser les mobilités entre ministères. Le comité des DRH publics/privés, mis en place et présidé par la ministre de la décentralisation et de la fonction publique, apportera les éléments de comparaison nécessaires avec les pratiques managériales en vigueur dans les entreprises.