Le ministre de l’intérieur a présenté une communication relative au dialogue avec l’Islam de France.
 
Alors que le nombre d’actes anti-musulmans depuis le 7 janvier a déjà atteint le niveau observé au cours de l’ensemble de l’année 2014, assurer la sécurité des mosquées et des sites musulmans constitue une priorité pour le Gouvernement : près d’un millier sont aujourd’hui placés sous la protection de militaires ou d’agents des forces de police ou de gendarmerie, et des moyens sont prévus dès 2015 pour contribuer au financement des équipements de sécurité (vidéo-protection). Sur un plan plus général, la prévention et la répression des actes anti-musulmans constituera un axe majeur de la politique de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui est en 2015 une grande cause nationale.
 
Dans une République laïque, il n’appartient pas à l’État de se prononcer sur l’organisation interne des cultes. Mais l’État doit dialoguer avec leurs représentants, afin d’examiner les questions qui les concernent et qui ont pour enjeu l’exercice de la liberté de religion, dans le respect des règles de la République.
 
C’est pourquoi le Gouvernement, comme en témoigne la rencontre hier entre le ministre de l’intérieur et le bureau du Conseil français du culte musulman (CFCM), est engagé dans une large consultation des acteurs de l’Islam de France. Dans chaque département, les préfets sont appelés à ouvrir le dialogue avec les représentants locaux du culte musulman, de façon à faire apparaître les thèmes et les préoccupations de nos compatriotes musulmans. Sur cette base, une invitation à se réunir dans le cadre d’une "Instance de dialogue" sera  adressée d’ici l’été aux représentants de l’Islam de France, pour examiner des sujets tels que la sécurité des lieux de culte, la prévention et la répression des actes anti-musulmans, la formation civile des imams, l’organisation des aumôneries, ou la valorisation des œuvres sociales, culturelles et éducatives de l’Islam.
 
Afin de permettre à l’Islam de France de s’appuyer sur des imams bien insérés au sein de la communauté nationale, le Gouvernement encouragera l’ouverture, par les établissements d’enseignement supérieur, de formations sanctionnées par des diplômes universitaires de formation civile et civique, spécialement adaptées au profil des futurs ministres du culte. Ce diplôme universitaire devra notamment devenir une étape obligée dans le parcours des aumôniers pénitentiaires, dont le nombre sera augmenté dès 2015 afin de contrer la diffusion en prison de discours religieux dévoyés incitant à la radicalisation violente.
 
Le Gouvernement veillera par ailleurs à ce que l’enseignement privé confessionnel musulman puisse se développer dans le respect des principes républicains. A cet effet, des instructions seront adressées aux préfets et aux recteurs afin qu’ils fassent pleinement usage de leurs prérogatives de contrôle.
 
Une nouvelle Fondation devra être créée avant la fin de l’année 2015 afin de financer des projets d’intérêt général (culturels, éducatifs, sociaux) et de promouvoir les réalisations de l’Islam de France. Une mission de préfiguration sera chargée de faire aboutir cette transformation avant la fin de l’année 2015. En outre, un programme de recherche sur l’Islam de France, le monde musulman et l’islamologie sera mis en place.