26 avril 2016 - Actualité

Conférence environnementale : "Notre action doit être continue et résolue"

En clôture de la 4e Conférence environnementale du quinquennat, Manuel Valls est revenu sur 2015, "année verte" qui a permis à la transition écologique de "faire un grand pas" dans notre pays. "La COP 21 à Paris en a, bien sûr, été le point culminant", a rappelé le Premier ministre qui appelle à "prolonger cette dynamique" en agissant dans tous les domaines : l’agriculture, l’industrie, les transports.
 
Presque un an après l’adoption de la loi de transition énergétique, "une source d’inspiration pour nos partenaires européens", qui a permis à la France de définir son nouveau modèle énergétique, Manuel Valls a tenu à en réaffirmer l’un des objectifs principaux : la réduction, à l'horizon 2025, de la part du nucléaire à 50 % de la production d'électricité. "La part des énergies renouvelables dans notre consommation doit, dans la même logique, être portée à 32 % en 2030." Sur ce plan, "nous sommes sur la bonne voie", s’est réjoui Manuel Valls. La production d’énergie éolienne et photovoltaïque a en effet augmenté de près de 25 % en 2015 et le parc éolien a dépassé le seuil symbolique des 10 gigawatts. Les énergies de la mer (hydrolien, éolien en mer) vont prendre leur essor et "un troisième appel d’offres sera bientôt lancé".
 
Concernant l’avenir du nucléaire, "l’État accompagne la refondation de la filière, dans une trajectoire qui sur le plan national devra être claire, partagée et transparente". Manuel Valls a donc confirmé, à son tour, que la Programmation pluriannuelle de l’énergie sera soumise à la consultation d’ici au 1er juillet et "contiendra différents scénarios de production nucléaire et de production d’énergie renouvelable". "Pour s’y conformer, EDF devra organiser une évolution de son parc." Le décret préludant "à la fermeture effective de Fessenheim sera pris dans les prochains mois", a-t-il aussi rappelé. Sur ce sujet, un seul mot d’ordre prévaut pour le Premier ministre : "la fiabilité de nos installations nucléaires."
 
 
Le nucléaire, c’est un domaine d’excellence française, mais pas au détriment des autres énergies. Il ne faut pas opposer les énergies entre elles, mais leur donner, à toutes, plus de visibilité.
 
Les derniers mois ont permis d’autres grandes avancées en matière de transition écologique. Les ventes d’automobiles se sont ainsi rééquilibrées au profit des véhicules à essence. " Il fallait – je l’avais dit en 2014 – mettre un terme à notre préférence française pour le diesel. Nous l’avons fait, en enclenchant un rééquilibrage des prix entre le diesel et l’essence. Les effets sont très nets, le croisement des courbes est frappant. Et nous poursuivrons ce rééquilibrage en 2017."
La gestion des pics de pollution "se modernise avec la parution au début du mois du nouvel arrêté interministériel sur le déclenchement des mesures d’urgence, pour permettre aux exécutifs locaux plus d’anticipation et plus de réactivité." Manuel Valls sera très attentif aux premières expérimentations des zones à circulation restreinte et le Gouvernement "se montrera à l’écoute des demandes et des propositions des maires sur les éventuelles évolutions à apporter."
 
Tous les Français, particuliers ou entreprises, sont invités à réduire leur consommation d’énergie et leurs émissions de gaz à effet de serre. "Tous les signaux que nous donnons dans ce domaine sont bons, y compris l’indemnité kilométrique pour les déplacements à vélo !" Dans le logement, les aides à la rénovation énergétique ont permis de rénover l’an dernier 50 000 logements de ménages aux revenus modestes dans le cadre du programme "Habiter mieux". "En 2016, plus de 70 000 seront concernés ; nous visons 100 000 en 2017."
 
La loi de transition énergétique est un premier pilier ; le second, la loi relative à la biodiversité, poursuit son examen parlementaire, et sera à nouveau débattue au Sénat dans les prochains jours. "Agir pour la biodiversité, c’est notamment agir pour la pollinisation", insiste le Premier ministre, qui trouve saine la "passion" avec laquelle le Parlement débat de l’encadrement de certains pesticides. Si la Commission européenne venait à autoriser "sans restriction l’utilisation de l’herbicide round-up, le Gouvernement ne pourrait pas l’accepter."
 
De la même manière, "le  projet de traité de libre-échange transatlantique ne pourra pas aboutir s’il n’apporte pas les garanties que le niveau d’exigence que nous avons en France pour la santé et l’environnement de nos concitoyens sera maintenu."
 

Prolonger la dynamique de la COP 21

La COP 21 à Paris a "bien sûr été le point culminant" de l’année 2015 en matière d’écologie. "La France a été à la hauteur de ses responsabilités", et elle continuera à l’être ; décision vient en effet d’être prise,  à l’occasion de la signature de l’Accord de Paris à New York , de "porter notre soutien financier à la lutte contre le changement climatique pour les pays les plus pauvres de 3 à 5 milliards d’euros par an, d’ici à 2020."
"Cette énergie, cet engagement ne sont pas retombés", observe Manuel Valls. "Et cette quatrième conférence environnementale du quinquennat – premier grand rendez-vous national depuis la COP 21 – en témoigne."
 
La conférence environnementale débouchera, comme il est d’usage, sur une feuille de route. Elle sera adoptée, dans les prochaines semaines, lors d’un comité interministériel au développement durable. "Elle sera ensuite présentée devant le Conseil national de la transition écologique et intégrée à notre action", a conclu le Premier ministre.