22 septembre 2016 - Actualité

Conférence des villes : "bâtir la ville de demain, plus solidaire"

À la Conférence des villes, Manuel Valls est venu présenter la vision du Gouvernement pour une République des territoires. Il a plaidé pour accroître encore la décentralisation et une solidarité sans faille pour lutter contre toutes les ségrégations sociales.
 
C’est sur le thème "La ville de demain" que la 16e Conférence des villes  s’est tenue à l’Hôtel de ville de Paris le 22 septembre.  Elle accueillait les principaux acteurs de l’action publique locale pour débattre des grands enjeux urbains à venir. Les maires, les présidents de métropole et de grande agglomération, les présidents d’associations d’élus, les membres de la société civile et les représentants du Gouvernement ont participé aux débats portant sur l’alliance des territoires, la démocratie citoyenne et les finances locales.
 
Le Premier ministre l’a rappelé, la réforme territoriale et la redéfinition de la carte régionale de la France a "prolongé le mouvement de décentralisation" depuis longtemps déjà mis en oeuvre. Avec ses 13 grandes régions métropolitaines, les territoires sont désormais plus efficaces dans leurs écosystèmes économiques, mais ils sont également plus "recentrés sur leurs missions de proximité et de solidarité [et ont retissé] ce lien qui s’est rompu entre les citoyens et les représentants", a-t-il déclaré.
 

Plus de décentralisation et plus de démocratie locale

Pour le Premier ministre, il faut pousser plus loin la décentralisation en octroyant certes plus de ressources aux territoires mais aussi en renouvelant les pratiques démocratiques par une implication plus forte des citoyens dans les prises de décisions publiques.
 
Les moyens financiers alloués aux régions le sont par les contrats de plan État-Régions (CPER) que le Gouvernement va "renforcer de 200 millions d’euros", a chiffré le Premier ministre. Ils le sont aussi par le Fonds de soutien à l’investissement local d’un milliard d’euros et bien sûr par le Programme d’avenir territorialisé. L’effort fait par l’État pour amoindrir la baisse de la Dotation globale de fonctionnement à 1 milliard d’euros, et le gel, pour 2017, des 150 millions d’euros du Fonds de péréquation intercommunale, annoncé par Manuel Valls le 5 septembre dernier, sont autant d’actions du Gouvernement démontrant l’importante des villes à ses yeux.
 
Il en va de même pour la participation citoyenne que le Premier ministre souhaite développer encore plus. Il a cité la mise en place des "budgets participatifs", mais aussi la  "création de conseils de citoyens dans les quartiers" ou encore la participation des citoyens à l’élaboration des grands projets environnementaux. Car la ville de demain devra être dynamique mais aussi être un havre de paix durable.
 

Ville de demain : plus durable et plus solidaire

La ville de demain devra faire de l’écologie son credo, d’autant que "la France est le pays de la Cop21"et de la signature des Accords de Paris. Aussi, chaque ville doit repenser son mode de vie dans les moyens de transport, le logement, les équipements de vie quotidienne avec, pourquoi pas, "des villes et des territoires "zéro émission" où chaque émission serait compensée", a projeté Manuel Valls.
 

Briser les logiques de ségrégation sociale


"Solidarité", c’est le maître mot que le Premier ministre a mis en avant pour la ville de demain. "Il faut casser les logiques d’exclusion" et, en premier lieu, dans le domaine du logement : "nous avons fait de la relance de la construction une priorité. Les résultats sont là avec la reprise de la construction et la hausse du nombre de logements sociaux", s’est-t-il félicité. Le Premier ministre va plus loin, se disant "prêt à confier aux grandes villes et métropoles la gestion au niveau local de la politique de l’habitat […] pour impulser et développer des politiques de l’habitat plus cohérentes", grâce à une meilleure connaissance du terrain.  
La lutte contre la pauvreté est aussi un cheval de bataille pour une ville plus solidaire. Pour le Premier ministre,  "depuis 2012, cette pauvreté, grâce à une politique volontariste – réévaluation du RSA, garantie jeunes, prime d’activité - ne progresse plus", qui constate toutefois qu’il "reste 8 millions de pauvres dans notre pays" touchant les jeunes en recherche d’emploi, les salariés modestes, les retraités avec une faible pension.

La mixité sociale peut être une réponse. Mais pour le Premier ministre, "elle est un combat", particulièrement dans les grandes villes. "Pour briser les logiques de ségrégation territoriales, d’apartheid social", le Gouvernement a déposé le projet de loi Égalité et Citoyenneté qui consacre 3 priorités pour retisser les liens de la communauté nationale : la citoyenneté et l’émancipation des jeunes, le logement pour lutter contre la "ghettoïsation" de certains quartiers et l’égalité réelle.  
 
"Vie commerciale en centre-ville, vie étudiante et universitaire, réhabilitation des logements anciens, mobilité doivent être au cœur de nos priorités", a déclaré le Premier ministre qui a annoncé qu’un plan de redynamisation des villes lui sera remis par Jean-Michel Baylet, d’ici à la fin de l’automne.
   
"Vous demandez d’accroître votre champ d’action dans le domaine de la solidarité ?", a déclaré Manuel Valls, s’adressant aux responsables dans les territoires. "La loi NOTRe permet aux métropoles de reprendre les compétences des départements pour garantir la cohérence des politiques sociales", leur répond-il.

 

Solidarité dans la crise migratoire

 
La solidarité doit aussi s’exercer dans la crise migratoire sans précédent que connaît l’Europe. Dans cette situation, "chacun doit retrouver le sens du collectif." En 2012, 61 000 demandes d'asile avaient été déposées. 80 000 l’ont été en 2015. À la fin de l’année, ce seront entre 90 000 et 100 000 demandes" qui seront déposées.
 
"La France est un grand pays, elle prendra sa part", assure le Premier ministre. Mais le démantèlement récent de la zone qui accueillait les réfugiés à Calais rend encore plus criant l’urgence de la situation humanitaire. "Nous avons besoin des maires de toute la France pour accueillir des réfugiés", a-t-il déclaré, rappelant "le formidable élan de générosité qui a traversé la France en septembre 2015." Le Premier ministre a assuré que "l’État était  là pour vous accompagner en tenant compte de la situation des territoires, de leur capacité d’accueil, en prenant en charge les frais."