Dr Pascale Estecahandy, coordinatrice technique nationale du programme "Un chez soi d'abord"
1 juin 2016

Comité de pilotage du programme "Un chez-soi d'abord" à Paris

Lancé en 2011 sur la communauté du Grand-Lille, à Marseille et Toulouse, puis à Paris en 2012, le programme expérimental « Un chez-soi d’abord » propose un accès direct à un logement « de droit commun » pour des personnes vivant à la rue présentant des troubles psychiques sévères et des addictions, moyennant un accompagnement intensif au domicile. Sur le site de Paris où s’est tenu le 17 mai dernier le deuxième comité de pilotage, 96% des personnes initialement engagées dans le programme sont toujours suivies après 4 ans, avec un maintien dans le logement pour 86% d’entre elles, et un accès à des soins de santé mentale pour près de 80%.
 
Sophie Brocas, préfète, secrétaire générale de la Préfecture d’Ile-de-France, qui présidait ce comité de pilotage, a souligné que les premiers résultats du programme sont très encourageants. Elle a par ailleurs insisté sur l’indispensable mobilisation des acteurs du logement social en vue d’un déploiement à plus grande échelle sur l’agglomération parisienne et a réaffirmé le soutien des services déconcentrés de l’Etat à ce programme.
 
Quelques chiffres et témoignages
 
59 personnes sont accompagnées au quotidien par l’équipe pluridisciplinaire parisienne ; 67 logements au total ont été captés sur le territoire, pour moitié dans le parc privé. Concernant le suivi médical, on note que 71% des personnes ont un médecin traitant et sur le plan de l’insertion sociale, 18% des personnes accompagnées ont trouvé un emploi. Les locataires parisiens sont en moyenne plus âgés que l’ensemble des personnes intégrées au programme national (44 ans à Paris contre 38 ans sur les 3 autres sites).

Plusieurs locataires ont témoigné de leur expérience au sein du programme. Maleyne souligne l'importance de l'accompagnement dans le logement par les professionnels: "[Dans mes] appartements précédents, je [les] offrais à qui voulait, l'autre personne étant le principal acteur et moi subissant et payant [le loyer]. L'équipe « Un chez-soi » par deux fois m'a aidée à me défaire de squatteurs. J'apprenais que [l’appartement est] mon nid douillet et que je dois le protéger. A ce jour, je n'ai plus ce problème et respecte bien cet endroit." Elle évoque aussi le rôle de soutien 7 jours sur 7 et 24h/24h de l'équipe : "J'ai une vie qui ressemble de plus en plus à une vie comme tout [un] chacun. Le numéro de l'astreinte est très important pour moi, même si parfois tu sais que tu réveilles l'autre, dans la nuit. Quelle que soit la difficulté, une oreille attentive, compréhensive et sans jugement, m'aide à traverser la perturbation souvent psychologique. Je me rends absolument compte de la chance d'être suivie par l'équipe pluridisciplinaire, je ne me sens plus seule et surtout comprise."

Le défi pour le site parisien reste l'accès au logement social, les locataires ayant pour la plupart des ressources inférieures au seuil de pauvreté.

Les opérateurs parisiens : les associations Aurore, Charonne, les Cités du secours catholique et l’Œuvre Falret, le Centre d’action sociale de la ville de Paris et l’Hôpital maison blanche.

Les principaux résultats 2011-2015 du programme "Un chez-soi d'abord"