25 novembre 2016

Combattre le racisme et l'antisémitisme, c'est l'affaire de la Nation

A l’occasion de la journée "Mobilisés contre le racisme et l’antisémitisme", jeudi 24 novembre, Manuel Valls a plaidé en faveur d’une tolérance zéro envers les discours et les actes de haine. Il a également défendu l’idée qu’être français aujourd’hui c’est avant tout "aimer la France", en refusant de distinguer les citoyens selon leurs origines, leur couleur de peau ou leur religion.
 

Ramener quelqu’un à ses origines, ramener quelqu’un à ses seules origines, c’est au fond une négation de toute idée d’émancipation, de toute idée de progrès. Cette négation doit profondément nous révolter", a expliqué le Premier ministre devant les acteurs de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, rassemblés pour l'occasion au musée national de l'Histoire de l'immigration. C’est avec détermination que Manuel Valls a rappelé que l’État prend toute sa part au combat.

Dix-huit mois après le lancement du plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, le Premier ministre a tenu à saluer l’engagement et l’investissement de l’ensemble des acteurs qui ont contribué à son déploiement sur le terrain. Grande Cause nationale 2015, le plan s’est également concrétisé à travers une ambitieuse campagne de sensibilisation #TousUnisContreLaHaine. Cette mobilisation générale a permis d’enrayer "la montée des discours de haine  qui n’ont qu’un seul but : diviser, fracturer, fragmenter notre société, jeter les Français les uns contre les autres", a précisé le Premier ministre.
 
Depuis le début de l’année, la Dilcra note une baisse de 44% de l'ensemble des actes et menaces à caractère raciste. Si les actes antisémites ont baissé de 62%, les actes antimusulmans ont diminué de 54%. En un an, les messages de haines relayés sur internet et les réseaux sociaux ont fait l'objet de "80 saisines du parquet avec, à la clef, des condamnations pénales, allant jusqu’à la prison ferme", a précisé le Premier ministre soulignant qu'il fallait amplifier cette action.

Si la répression et la sanction pénale sont des réponses appropriées au racisme et aux discriminations, elles ne peuvent être les seules. La République se doit de mener en parallèle "un travail inlassable d’éducation, de formation et de transmission", a poursuivi Manuel Valls. Au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, le renforcement de la transmission des valeurs républicaines au cœur de la mission de l'École est apparu déterminant. La grande mobilisation de l'école pour les valeurs de la République, l’enseignement moral et civique et la semaine d’éducation et d’action contre le racisme et l’antisémitisme ont pris tout leur sens. Ces actions ont permis de répondre aux attentes des enseignants qui ne pouvaient pas rester "seuls, démunis face à cette montée de l’intolérance, à cette acculturation, à cette ignorance, à ces thèses complotistes", a expliqué Manuel Valls. Les programmes spécifiques déployés dans les Écoles supérieures du professorat et de l'éducation et le site Éduquer contre le racisme sont autant d'outils à la disposition des enseignants.

La République "une et indivisible"

Terre d'accueil de longue date, la France s'inscrit dans une "formidable histoire de l’immigration qui a fait que des femmes, des hommes venus de partout dans le monde sont arrivés ici avec un espoir, devenir français", a expliqué le Premier ministre. "Et tout cela fait la France d’aujourd’hui, un peuple pluriel, métissé, en tout cas par ses origines, ses cultures, mais une même nation", a-t-il expliqué défendant les diverses identités françaises.

Pour le Premier ministre, "être français" c'est avant tout s'inscrire dans le projet de la Nation en s'appropriant "un héritage qui vient de très loin". "Etre français, c'est aimer la France", a-t-il répété refusant de distinguer les citoyens selon leurs origines, leur couleur de peau ou leur religion. Et de poursuivre : "Une nation qui ne se fonde pas sur je ne sais quelle origine: on n'est pas français en fonction de sa couleur ou de son nom, ou de son origine ou de sa religion. Mais sur une adhésion, une volonté : celle de partager des valeurs, une envie de construire un destin".

Dénonçant le racisme comme "l'exclusion de la manière la plus violente, la plus stupide et abjecte, de la communauté nationale", il a appelé à y apporter "la plus belle des réponses": "être français, c'est être tous citoyens avec tous les mêmes droits et les mêmes devoirs".

Le Premier ministre a résumé son "message républicain": "être français, c'est aimer la France".