Manuel Valls à Nancy pour le CIH
2 décembre 2016 - Actualité
Contenu publié sous le Gouvernement Valls III du 11 Février 2016 au 06 Décembre 2016

#CIH2016 : "Il faut changer notre approche du handicap"

En déplacement à Nancy à l’occasion du Comité interministériel du handicap (CIH), Manuel Valls a réaffirmé la nécessité de repenser et renforcer la politique du handicap en France, afin de "faciliter la vie" des personnes concernées et de leurs accompagnants.
 
"Je pense qu’il faut changer radicalement notre approche du handicap", a déclaré Manuel Valls en ouverture de son allocution, "cesser de voir les handicaps simplement comme des déficits à compenser, cesser de penser uniquement en termes de structures dédiées (...) et agir surtout pour que les personnes handicapées soient accueillies partout."

Dans cette optique, le Comité interministériel du handicap constitue un rendez-vous déterminant, qui permettra au Gouvernement de "redoubler d’effort" en matière de politique publique en faveur des personnes handicapées. Il s’inscrit dans la continuité du plan d’action pour le handicap établi en 2013 par un premier comité interministériel, puis alimenté depuis par deux conférences nationales sur cet important sujet.
 
Manuel Valls : "Il faut changer notre approche du handicap"
 

Poursuivre et amplifier l’action du Gouvernement

Le Premier ministre entend poursuivre l’engagement du Gouvernement afin que les personnes concernées ne se heurtent plus à l’avenir aux "limites de dispositifs, de services cloisonnés, d’établissements globalement onéreux et pas toujours adaptés aux besoins des personnes handicapées". Pour ces 12 millions de nos concitoyens qui vivent avec un besoin spécifique en matière d’autonomie, "la France pourrait faire encore mieux", a admis le Premier ministre, avant de rappeler que "les progrès ont été très importants tout de même".
 
Les quatorze grandes actions prévues dans le cadre du Comité interministériel du 2 décembre 2016 vont donc dans ce sens : elles ont pour objectif d’amplifier l’effort du gouvernement afin de "rendre les transports, les équipements publics, les écoles, les lieux de travail et les informations accessibles à tous", a précisé Manuel Valls, en permettant "la coordination des acteurs dans le social, le sanitaire, l’emploi, le logement et l’éducation".
 
Ces actions portent notamment sur le système éducatif, l’accès à l’emploi et au logement, l’accessibilité aux services ou encore l’amélioration des droits sociaux et de la prise en compte des spécificités de chaque handicap. Elles visent à effacer "les obstacles, les désagréments, les montagnes infranchissables" qui écartent encore trop souvent les personnes en situation de handicap.
 
Manuel Valls à Nancy pour le CIH 2016
"Notre responsabilité à tous, c’est d’agir, plus que jamais, à tous les niveaux, pour donner à chaque personne la vie digne à laquelle elle aspire, le droit d’être aussi autonome que possible."
Manuel Valls
Premier ministre
 

"Tout part de l’école"

Manuel Valls a souligné le rôle inclusif que doit jouer l’école vis-à-vis des élèves en situation de handicap. "Tout part de l’école", a-t-il rappelé. La création des Unités d’enseignement en maternelle pour accueillir les enfants avec autisme, ou encore la pérennisation de milliers de postes d’accompagnants répondent à un objectif majeur : donner à tous les élèves la possibilité "de fréquenter les mêmes lieux, accéder aux mêmes enseignements, participer pleinement à la vie de campus, quitte à bénéficier d’un accompagnement".
 
Afin de poursuivre et amplifier ce mouvement, Manuel Valls a insisté sur la nécessité de rapprocher les établissements scolaires et les établissements médico-sociaux (dont l’offre sera renforcée grâce à une enveloppe de 180 millions d’euros sur cinq ans). Le Premier ministre a ainsi souhaité une réflexion sur la mise en œuvre d’un projet pilote de cité scolaire inclusive, associant un collège, un lycée et un institut médico-éducatif, dans la ville de Neuves-Maison (Meurthe-et-Moselle).

Des emplois variés pour tous

Avec un taux de chômage de 18%, les personnes en situation de handicap "sont deux fois plus touchées" que le reste de la population, a constaté Manuel Valls. Même si ce chiffre est à mettre en perspective avec l’augmentation du nombre de travailleurs handicapés (de 878 000 en 2013 à 927 000 aujourd’hui) et du nombre de personnes reconnues travailleurs handicapés (+700 000 entre 2011 et 2015), le Premier ministre entend bien l’infléchir grâce à des mesures "pour mieux orienter, pour rendre la formation professionnelle plus accessible et pour simplifier les dispositifs".
 
Cela passe par un renforcement de la politique de réadaptation professionnelle proposée par les centres de rééducation professionnelle (CRP) et les centres de pré-orientation (CPO), mais aussi par un renforcement du réseau des Cap Emploi, qui contribuent à l’augmentation des placements en emploi (+11% en 2016), et du plan de diversification des métiers, pour ne plus cantonner les travailleurs handicapés à un nombre de métiers restreint.

Se mobiliser pour l’habitat inclusif

En complément du développement d’aides au logement innovantes à l’adresse des personnes handicapées, "nous encouragerons la construction de logements adaptés, (…) moins coûteux pour les personnes qui y habitent (…), qui ne peuvent pas vivre dans un logement ordinaire mais qui ne veulent pas vivre en institution", a affirmé Manuel Valls.
 
Le plan d’action adopté dans le cadre du CIH prévoit ainsi la création d’une aide spécifique pour l’habitat inclusif, l’installation d’un observatoire de l’habitat inclusif chargé de formaliser les outils de promotion de l’habitat inclusif adaptés aux personnes en situation de handicap, ainsi que la nécessaire adaptation du parc immobilier social au handicap et à la perte d’autonomie.

Des mesures pour améliorer les droits sociaux

Les mesures présentées par le Premier ministre ont pour double objectif de faciliter l’accès aux droits (l’allocation adulte handicapé – AAH1 –  par exemple, dont la durée passera de 10 ans à 20 ans dès 2017) et d’améliorer la compensation du handicap. L’une de ces mesures vise par exemple à  supprimer la barrière d’âge à 75 ans de la prestation de compensation du handicap (PCH) pour les personnes qui étaient éligibles avant 60 ans : "C’est une mesure d’équité au regard de l’allongement de l’espérance de vie", a indiqué Manuel Valls. La PCH évoluera pour mieux prendre en compte les handicaps psychiques, cognitifs et mentaux. Et la loi de 2005 sera complétée en intégrant dans la PCH une aide aux parents.

Ces mesures  ne concernent pas uniquement les personnes en situation de handicap, mais également leurs accompagnants. Une partie de l’action gouvernementale portera ainsi sur "l’aide aux aidants", en permettant à ces derniers de suivre des formations, mais également d’obtenir une offre de répit afin d’éviter l’épuisement, le stress ou l’isolement social.
 
114
C'est le numéro d’appel d’urgence pour les personnes avec des difficultés à entendre ou à parler. Grâce à ce numéro unique, national, gratuit, accessible par SMS ou fax, vous pouvez contacter directement le samu (15), la police-gendarmerie (17), les pompiers (18).

Le Premier ministre a souligné l’importance de l’accès aux soins, bucco-dentaires ou auditifs notamment, pour les personnes en situation de handicap, qui sera favorisé par le renforcement des prises en charge à l’hôpital et des consultations dédiées.
 
Manuel Valls a enfin réaffirmé l’importance de "changer de méthode pour changer de regard" sur le handicap et les personnes concernées, en rappelant l’ambition du Gouvernement : "Accompagner les personnes en situation de handicap pour qu’elles puissent vivre, en un mot, comme tout le monde."
 
"La politique que nous menons pour le handicap doit être exemplaire", a enfin ajouté  le Premier ministre, avant de conclure : "Elle doit ouvrir la voie (…). Elle dit beaucoup de ce que nous voulons pour la France. Une France fière d’elle-même, de l’engagement de chacun."
 
L’action du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées (CNCPH)
Manuel Valls a salué l’action du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées (CNCPH) et de sa présidente, Dominique Gillot : "Ce conseil est devenu le porte-voix du handicap. Vous avez fait en sorte que votre regard spécifique soit pris en compte dès la conception des lois. Sur la loi numérique, la loi Travail, la loi égalité-citoyenneté, le CNCPH a eu une plus-value réelle."

Le CNCPH a été créé par la loi du 30 juin 1975. Il s’agit d’une instance à caractère consultatif chargée d’assurer la participation des personnes handicapées à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques les concernant.
 
Relevé de décisions du Comité interministériel du handicap (2 décembre 2016)