2 janvier 2014 - Actualité

Business France : "internationaliser notre économie au bénéfice de la France, de ses emplois et de sa croissance"

Opérationnelle depuis le 1er janvier, Business France fusionne les missions de l’Agence française des investissements internationaux (Afii) et d'Ubifrance, l’agence française pour le développement international des entreprises. Muriel Pénicaud, qui en prend la direction, en explique les missions et revient sur les chiffres de l'attractivité et de l'export en France.
 

Business France : une agence pour renforcer le développement international des entreprises et l'attractivité du territoire
 

Moins d'un an après l'annonce du président de la République, le 27 février 2014 lors du Conseil stratégique de l'attractivité, l'ordonnance portant fusion de l’Agence française des investissements internationaux (Afii) et d'Ubifrance, l’agence française pour le développement international des entreprises, a été présentée en Conseil des ministres le 22 décembre.
 

Business France : une agence unique pour accompagner le développement international des entreprises et renforcer l’attractivité de la France

 

"Les finalités des deux agences étaient les mêmes", explique Muriel Pénicaud, présidente de l'Afii et directrice générale d'Ubifrance qui prend la tête de la nouvelle agence opérationnelle depuis le 1er janvier 2015, Business France. "Finalement, qu'on aide les entreprises françaises à exporter ou qu'on accompagne les investisseurs étrangers qui viennent, dans les deux cas l'enjeu c'est l'internationalisation de notre économie au bénéfice de la France, de ses emplois et de sa croissance". De même, sur le plan opérationnel, les activités des deux agences peuvent se combiner : "Un tiers de l'export français est fait par les 20 000 entreprises étrangères en France. Donc on peut avoir une offre
combinée : on les convainc de venir en France pour le marché français mais aussi pour réexporter à partir de la France et on crée ainsi plus d'activité en France, la France étant un peu un hub pour l'Europe et l'Afrique", poursuit Muriel Pénicaud. "De la même façon, quand on accompagne des PME à l'export, elles ont besoin de trouver, dans les pays d'accueil, des investisseurs, des distributeurs, des importateurs. Et la partie de l'agence qui travaille avec les investisseurs étrangers les connait bien".

Regrouper les forces des deux entités en une agence unique permettra à Business France d'être plus efficace. Elle a 3 missions :

  1. aider les entreprises implantées en France à exporter dans le monde,
  2. accompagner les entreprises étrangères pour investir en France,
  3. promouvoir l'image économique de la France à l'international tant pour attirer que pour valoriser les savoir-faire de nos entreprises et des territoires.
     

Attractivité : valoriser les atouts de la France pour que la perception se rapproche de la réalité
 

20 000 entreprises étrangères ont des filiales en France. Cela représente 2 millions d'emplois, 28% de la recherche et développement (R&D) et un tiers des exports français.

"L'investissement étranger est déjà une réalité au coeur du développement économique, de la croissance, des emplois en France", affirme Muriel Pénicaud. Chaque année, 600 nouveaux investisseurs investissent ainsi en France, ce qui représente environ 30 000 emplois par an. "Je pense que cette année on sera près des 700 nouveaux investisseurs".
 

Attractivité : "valoriser les atouts de la France pour que la perception se rapproche de la réalité"

Il y a cependant un décalage entre les atouts réels de la France en termes d'attractivité, que Muriel Pénicaud juge "robustes", et la perception que les investisseurs étrangers peuvent en avoir. "Un des défis de l'agence actuelle et de la future agence Business France va être de travailler non seulement à accompagner, à prospecter, et à aider les entreprises étrangères à s'implanter, mais aussi à montrer les atouts de la France et à les valoriser pour que la perception se rapproche de la réalité, ce qui nous aidera à convaincre d'autres investisseurs ", explique-t-elle.

Parmi ces atouts : les outils d'incitation fiscale à la recherche, qui sont les meilleurs au monde. "Le crédit d'impôt recherche est un outil formidable", souligne Muriel Pénicaud qui explique que ce crédit d'impôt s'ajoute à une recherche public-privé qui fonctionne bien et à la créativité des ingénieurs et chercheurs français "reconnus dans le monde pour être particulièrement créatifs". "Du coup, l'innovation et la R&D sont certainement le secteur où on a l'attractivité la plus grande".


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Celle qui prendra au 1er janvier la tête de Business France souligne que d'autres mesures prises par le Gouvernement sont "très favorables" à l'attractivité du territoire : le Pacte de compétitivité, le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, dont "on a vraiment l'effet maintenant parce que les premiers chèques arrivent donc ça devient tangible", le Passeport Talents, qui ouvrira un droit au séjour valable jusqu’à 4 ans aux meilleurs étudiants, chercheurs, investisseurs, artistes ..., ou encore la future loi pour la croissance et l'activité qui est "très attendue".
 

"Le crédit d'impôt recherche est le meilleur crédit d'impôt pour la recherche du monde"
 

Fédérer les acteurs pour aider les PME et les TPE à être plus fortes à l'export
 

L'export amène également de l'activité économique et de l'emploi en France. "Quand on exporte cela veut dire qu'on va faire de l'innovation, de la R&D, du marketing, de la production en France pour exporter. C'est donc un gros enjeu pour aller chercher de la croissance et il y a plusieurs milliers d'emplois en France qui sont liés à l'export", explique Muriel Pénicaud. Cependant, la France possède un tissu très diffus de très petites entreprises (TPE) et de petites et moyennes entreprises (PME) ce qui rend l'exportation plus difficile. "Nous n'avons 'que' 120 000 entreprises exportatrices et 70% de l'export est fait par 10 000 entreprises", poursuit-elle.
 
"Les familles à l'export permettent de fédérer les acteurs pour aider les PME et les TPE à être plus fortes à l'export"

La stratégie des "familles" prioritaires de produits à l’export, mise en place en 2012, vise à mieux structurer et positionner l’offre française en termes de pays et secteurs porteurs, de manière à répondre aux évolutions anticipées de la demande mondiale tout en capitalisant sur les atouts sectoriels existants de la France à l’international. Ces quatre familles prioritaires structurent Ubifrance :
 
  • Famille "Mieux vivre en ville": la filière Infrastructures, Transports, Industries couvre les travaux publics, les routes, l’aéroportuaire, les transports ferroviaires et urbains, le secteur portuaire, la logistique et la sécurité maritime, l’environnement, l’énergie, la chimie, l’industrie automobile, le secteur naval, les matériaux, la plasturgie, les textiles techniques, la mécanique et l’aéronautique.
     
  • Famille "Mieux communiquer" : la filière Nouvelles Technologies, Innovation et Services rassemble les TIC (électronique, informatique, télécoms), le spatial, l’audiovisuel et les contenus, ainsi que les services (banques, assurance, formation, immobilier, commerce, franchise et distribution, publicité et événementiel).
     
  • Famille "Mieux se nourrir" : la filière Agrotech rassemble les produits alimentaires, les boissons, les vins et spiritueux, et les équipements et fournitures pour l’agriculture et les industries alimentaires.
     
  • Famille "Mieux se soigner" : la filière Mode, Habitat, Santé regroupe les secteurs d’activité orienté vers la personne : habitat, décoration, artisanat, produits ou événements culturels ou sportifs, tourisme, mode, luxe, santé, biotechnologies et cosmétiques.
     
"Les familles à l'export, c'est une manière d'aider à fédérer les acteurs, à les mobiliser pour aider les PME et les TPE à être plus fortes à l'export avec l'accompagnement opérationnel de notre agence, pour les aider à avoir des relations B to B, à aller sur les salons et à décrocher les marchés", explique Muriel Pénicaud.