Audrey : "rien ne vaut le terrain"

 
Photo d'Audrey Prorot 
Native de la Creuse, Audrey Prorot est enseignante-chercheure en biochimie et microbiologie, et dispense ses cours à l'Ecole nationale supérieure d'ingénieurs de Limoges (Ensil). Elle est rattachée au Groupement de recherche Eau-Sol-Environnement (Grese) pour ses activités de recherche portant sur la caractérisation microbiologique et l’optimisation de procédés de traitement de boues d’épuration.
  
Aujourd’hui maître de conférences,  Audrey Prorot aurait pu avoir un cheminement de carrière différent. En 2008, alors qu'elle termine sa thèse, elle participe trois mois durant à des travaux de recherche au Canada. A la fin de son stage, on lui propose de rallonger son séjour pour unir ses compétences à un laboratoire de recherche à Kewlona, en Colombie britannique. Un challenge qu'elle souhaite relever après la soutenance de sa thèse qui se profile. Mais, dans le même temps, l'université de Limoges lui propose le remplacement d'un poste d'enseignante-chercheure. Un choix cornélien qu'Audrey tranche en optant pour la France. Elle soutient sa thèse en décembre 2008 et occupe son nouveau poste, dont elle devient titulaire en 2011.
 
Son choix était pour partie lié aux "rapports humains qu'ouvrait l'enseignement." Mais elle ne se limite pour autant pas à la France. Elle conserve des contacts avec ses pairs d'outre-Atlantique et garde un pied à l'international en s'occupant très activement de l'insertion professionnelle des étudiants, en organisant notamment les échanges entre Limoges et les universités étrangères, en Europe et dans le monde. "J'essaye de m'occuper d'un maximum de choses pour leur donner des ouvertures, pour découvrir les réalités professionnelles."

Audrey Prorot accorde une grande  importance aux débouchés professionnels. Pour elle, les enseignements théoriques, "qui sont nécessaires", ne permettent pas d’appréhender "leurs applications sur le terrain." C'est d'ailleurs au cours de son premier stage professionnel, en Master 1, qu'elle a réalisé pour la première fois la portée pratique des enseignements qu'elle recevait depuis trois ans. "Ça a révélé quelque chose, et déclenché une vraie motivation." Aujourd'hui, elle observe un phénomène identique avec ses étudiants : "à partir du moment où ils font leur premier stage, ils sont métamorphosés !", affirme-t-elle.
 
Audrey Prorot est  une pragmatique. Elle en est persuadée, "c'est vraiment l'immersion dans le monde professionnel qui peut être à l'origine d'un déclic. Ça a été mon cas. Je pense que c'est vrai dans la majorité des cas."  Aujourd'hui, constate-t-elle, il reste beaucoup à faire dans ce domaine en Haute-Vienne et les départements limitrophes.

Elle a pour projet de participer à la mission de l'association "Elles bougent", dont l'objectif est d'attirer les jeunes femmes lycéennes et étudiantes vers les métiers scientifiques et d’ingénierie, dans des domaines aussi variés que l’aéronautique, le spatial, le transport ferroviaire, le maritime ou l’énergie.   
 
 
  Portrait réalisé par Patrick Do Dinh