7 juillet 2016

Attractivité : "C’est plus que jamais le moment de venir en France !"

Manuel Valls s’est rendu, le 6 juillet 2016, aux rencontres de Paris Europlace, organisation en charge de promouvoir et développer la Place financière de Paris. L’occasion pour le Premier ministre de rappeler l’attractivité de cette dernière et les moyens mis en œuvre par le Gouvernement pour dynamiser la création de richesses et l’innovation en France.
 
"Nous sommes venus pour vous parler de la France. De ce beau pays, de cette grande puissance économique", a déclaré Manuel Valls aux rencontres Paris Europlace. Le Premier ministre a rappelé l’action du Gouvernement, depuis plusieurs années, pour permettre le développement des entreprises afin qu’elles embauchent, investissent et conquièrent de nouvelles parts de marché.

"Nous sommes aussi devant vous dans un contexte très particulier : la décision du peuple britannique de quitter l’Union européenne", a-t-il rappelé. "Cette décision (…) a créé une onde de choc, pour l’ensemble des citoyens européens, mais aussi, de manière très concrète, pour beaucoup d’entreprises installées au Royaume-Uni." Ces entreprises sont désormais confrontées à de nouveaux défis et s’interrogent sur les conséquences pour leurs activités. "Nous apportons, aujourd’hui, des solutions à ces entreprises qui s’interrogent –  qui attendent des réponses pour anticiper, préparer l’avenir."

Dans cet environnement nouveau, la France doit être davantage attractive. "Elle l’est déjà – par ses atouts, par ses infrastructures, par les réformes que nous menons. Et elle va le devenir encore plus", a expliqué Manuel Valls. Cependant, il ne s’agit pas que la France devienne un paradis fiscal, mais bien qu’elle attire de nouvelles activités, de nouvelles entreprises, et de nouveaux talents.

Cette attractivité permettrait d’aller chercher de la croissance. "Pour créer de nouveaux emplois, pour redonner du pouvoir d’achat. Et donc pour  alimenter notre économie et consolider aussi notre modèle social." "Ce sont les entreprises qui créent la richesse qui est ensuite redistribuée ; et donc nous avons besoin d’entreprises performantes, compétitives", a-t-il affirmé.

Paris : une place financière attractive 


"Vous tous, acteurs du système financier européen et international, le savez : la Place de Paris est solide et innovante", a déclaré Manuel Valls.
 
En premier lieu, elle se situe au cœur de l’Europe et de la zone euro. "Notre objectif est de renforcer encore cette intégration. La France défend la construction d’une Union des marchés de capitaux plus ambitieuse" a-t-il rappelé, afin de garantir un système financier plus stable et mieux protégé des à-coups conjoncturels. L’Europe doit également être en capacité de maîtriser ses règles en matière financière, ses places boursières ainsi que ses chambres de compensation.
 
"La Place de Paris est solide, également, car elle est tournée vers l’économie réelle", a poursuivi Manuel Valls. "C’est une place financière au service du financement des entreprises. Nous avons de grands groupes industriels qui comptent parmi les plus importants émetteurs de titres financiers dans le monde." Le marché des titres à court terme des entreprises s’élève à 310 milliards d’euros et il a récemment été simplifié afin d’être plus accessible pour les émetteurs étrangers.
 
L’épargne est également abondante et les acteurs de la gestion d’actifs sont de taille mondiale. "Les fonds français ont été les premiers à obtenir le nouvel agrément de fonds européens d’investissement de long terme, qui apportent des financements de longue durée aux infrastructures et aux entreprises", a détaillé le Premier ministre.

"La Place de Paris est aussi innovante." "Nous voulons construire la place financière de demain ;  faire de Paris la capitale de  la Smart finance." Il s’agit de mettre en place un cadre adapté pour attirer les entrepreneurs prêts à prendre des risques.

Elle est de plus particulièrement dynamique. L’EuroPP, standard de placement privé européen, a été créé à Paris. Il a permis d’apporter plus de 12 milliards d’euros de financements à des entreprises européennes en 2015. Paris est également la place qui concentre la principale activité de crowdfunding en Europe continentale.

"Nous avons été les premiers en Europe à offrir des règles sûres pour permettre aux fonds gérés par les assureurs et gestionnaires d’actifs de prêter en direct aux entreprises", a rappelé Manuel Valls. En France, pour la première fois en Europe, les conditions juridiques et de sécurité pour réaliser des transactions financière décentralisées sur internet ont également été fixées. Enfin, c’est également à Paris que l’Autorité des marchés financiers et le superviseur bancaire, l’ACPR, ont pris des engagements forts en faveur des start-up de la finance.

"Paris est enfin en passe de devenir la place de référence en matière de finance verte, de finance durable", a annoncé le Premier ministre, puisque la premiere édition de la Journée finance climat a eu lieu à Paris l’année dernière.  Le secteur financier est désormais mobilisé dans la lutte contre le changement climatique.


Une région capitale qui compte de nombreux atouts 

La ville de Paris et la région d’Île-de-France constituent le premier pôle numérique d’Europe, avec plus de 40 incubateurs de startups. L’année prochaine, le plus grand incubateur du monde sera d’ailleurs situé à la halle Freyssinet. "Nous n’aurons plus rien à envier à la Silicon Valley… en tout cas sur ce point-là".
 
"Et nous sommes prêts à accueillir encore de nombreuses entreprises", a annoncé Manuel Valls, soulignant que l’offre de bureaux de la région est d’ores et déjà la plus importante d’Europe. Elle est structurée autour de pôles parfaitement connectées, grâce au quartier central des affaires de Paris, le renouveau du premier quartier d’affaires européen de la Défense, ainsi que le développement des pôles de Saint-Denis, de Saint-Ouen ou Boulogne. Dès 2016, 900 000 mètres carrés de bureaux supplémentaires seront livrés, soit l’équivalent de 60 000 postes de travail.
 
D’autre part, les travaux du Grand Paris Express viennent d’être lancés. Ils représentent à terme 200 kilomètres de lignes de métro supplémentaires, 50 nouvelles gares à Paris qui seront mieux connectés entre elles, aux aéroports et aux gares TGV. L’État a engagé 35 milliards d’euros avec la région. Une nouvelle étape a également été franchie, le 6 juillet en Conseil des ministres, concernant la ligne dédiée à la connexion avec les aéroports, le Charles-de-Gaulle Express, qui fonctionnera dès 2023. Enfin, l’Etat et les collectivités construisent 10 hubs internationaux qui soutiendront l’offre de bureaux et de logements. 

Une France qui se réforme : les nouvelles mesures


"L’attractivité de la France, c’est enfin un environnement économique plus favorable. Pour cela, nous avons entrepris un mouvement de réformes sans précédent",  a rappelé le Premier ministre. Les dispositifs du Pacte de responsabilité et de solidarité ont permis une baisse de 40 milliards d’euros du coût du travail. 

En 2013, le Gouvernement a initié un  "choc de simplification" afin de faciliter le quotidien de ceux qui travaillent et innovent. "Nous avons fait beaucoup. Mais il reste encore beaucoup à faire pour supprimer les réglementations inutiles, libérer, partout où c’est possible, des potentiels d’activité", a-t-il rappelé.
 
L’investissement est également soutenu grâce à la BPI, la prolongation du dispositif fiscal exceptionnel de suramortissement, la pérennisation du Crédit impôt recherche et l’amplification du programme d’investissements d’avenir.

"Le président de la République a annoncé, la semaine dernière, que ces dispositifs qui marchent – suramortissement, mais aussi CICE, prime Embauche PME – seraient renforcés ou prolongés". "Et nous modernisons en profondeur notre marché du travail. La loi Travail est une grande réforme. Elle sera adoptée. Elle donnera plus de visibilité, de souplesse à nos entreprises, ce qui leur permettra d’être plus réactives. Nous faisons le pari de la confiance au plus près du terrain, pour les entrepreneurs et les salariés."

"Les résultats de cette politique sont là", a affirmé Manuel Valls, rappelant que la croissance économique en France a dépassé les prévisions en 2015. L’Insee prévoit une croissance de 1,6% pour 2016 en France. Les entreprises ont retrouvé leur taux de marge d’avant la crise de 2008, ce qui leur permet d’investir et d’embaucher davantage. 200 000 emplois ont d’ailleurs été créés dans le secteur privé sur les douze derniers mois.


Une France plus attractive


"L’économie française est attractive. Avec le président de la République, nous voulons qu’elle le soit plus encore ; pour que les talents étrangers, mais aussi les talents français qui souhaitent revenir soient mieux accueillis", a déclaré Manuel Valls. Un point d’entrée unique devrait donc être mis en place pour toutes les entreprises étrangères qui souhaitent s’implanter en France dès la rentrée.
 
Ce service sera coordonné par Business France, en lien avec la ville de Paris, la région Ile-de-France, et la métropole du Grand Paris, et il permettra une prise en charge globale des entreprises comme de leurs salariés. Il répondra aux questions sur l’immobilier, la délivrance des titres de séjour, ainsi que la scolarisation des enfants. Le Gouvernement prévoit également l’ouverture d’autant "de sections internationales que nécessaire dans les établissements scolaires pour que tous les enfants puissent, s’ils le souhaitent, suivre des cours dans leur langue maternelle".
 
Le guichet unique permettra aux entreprises et particuliers d’être mieux informés, dans leur langue, des dispositifs fiscaux les concernant. "Reconnaissons-le : notre fiscalité ne se caractérise pas par sa simplicité", a déclaré le Premier ministre. Le service Tax For Business devra remplir cet objectif de simplification, afin d’apporter des réponses individuelles dans des délais rapides. "C’est la condition pour donner plus de visibilité et plus de sécurité à celles et ceux qui veulent venir ou revenir en France."
 
"La France s’est engagée dans un effort sans précédent pour la compétitivité des entreprises. Ce mouvement sera amplifié",  a expliqué Manuel Valls, soulignant que des efforts ont d’ores et déjà été faits notamment concernant la baisse de l’impôt sur les sociétés avec la suppression de la contribution exceptionnelle à l’IS, ainsi que la diminution du taux normal d’impôt sur les sociétés qui sera progressivement ramené à 28%.

"Nous voulons également que le régime des impatriés devienne le plus favorable d’Europe", a-t-il expliqué. Ce régime sera désormais applicable pendant huit ans, contre cinq actuellement et la prime d’impatriation sera exonérée de taxe sur les salaires. "C'est un geste de confiance de la France vis-à-vis de ceux qui veulent venir travailler, innover, créer des emplois en France. Participer au rayonnement de notre pays."
 
Pour contribuer à la prospérité et au rayonnement de la France, un effort collectif est nécessaire. La redevance sur la création de bureaux a déjà été modernisée et plafonnée. Une réflexion pour étudier la possibilité d’exonérations temporaires supplémentaires en matière de fiscalité locale sur les entreprises et sur les bureaux doit également être initiée.
 
"Nous agissons pour que la fiscalité française soit plus lisible et convergente avec celles de nos voisins européens", a affirmé le Premier ministre. "Car, à terme, notre souhait est d’aboutir à une fiscalité commune pour les entreprises au sein de la zone euro." 
 
"La France a tant d’atouts : ses infrastructures, sa main-d’œuvre qualifiée, sa matière grise, ses ingénieurs, son modèle de santé, sa protection sociale, sa qualité de vie"
, a rappelé Manuel Valls. "C’est un pays d’innovation. Le pays européen où les créations d’entreprises sont les plus nombreuses."
 
"Parce que la France est un grand pays, et parce qu’elle compte bien le rester, nous accueillerons toujours ceux qui veulent créer, innover, et produire des richesses. C’est, en un mot, plus que jamais le moment de venir en France !" a-t-il conclu.