Photo de Bernard Cazeneuve à l'Elysée le 22 mars 2016
22 mars 2016 - Actualité

Attaques terroristes en Belgique : "A travers les attentats de Bruxelles, c’est toute l’Europe qui est frappée"

Des attaques terroristes ont été perpétrées ce 22 mars à Bruxelles. Le président de la République a exprimé au nom de la France son entière solidarité avec le peuple belge. Dans ces circonstances, le gouvernement français a décidé de renforcer encore le dispositif de sécurité, et de déployer 1 600 policiers et gendarmes supplémentaires, à la fois sur les contrôles aux frontières et dans les infrastructures de transports.
 
Le président de la République François Hollande a exprimé au nom de la France son entière solidarité avec le peuple belge, après les attaques terroristes perpétrées ce matin à Bruxelles.  Il est en relation constante avec les autorités belges pour leur apporter tout le soutien dont elles auraient besoin dans ces circonstances dramatiques.
 
"A travers les attentats de Bruxelles, c’est toute l’Europe qui est frappée", a déclaré le Président. Ce qui exige d’elle qu’elle prenne les dispositions indispensables face à la gravité de la menace. La France qui a été elle-même attaquée en janvier 2015 et novembre dernier y prend toute sa part. Elle poursuivra de manière implacable la lutte contre le terrorisme, aussi bien sur le plan international qu’intérieur.



Ces évènements "montrent toute l’importance de mettre en œuvre au plus vite les demandes que la France a formulées à l’Union européenne pour renforcer encore la coordination et la lutte antiterroriste à l’échelle européenne et internationale", a, de son côté, déclaré Bernard Cazeneuve à l'issue de la réunion d'urgence qui s'est tenue  à l'Élysée :
  • tout d’abord avec "l’urgence d’inscrire le PNR européen à l’ordre du jour des débats au Parlement" ;
  • ensuite avec l’amélioration des "modalités de contrôle aux frontières extérieures et au sein de l’espace Schengen : le système d’information Schengen doit être systématiquement interrogé au moment du contrôle aux frontières extérieures de l’Union européenne qui doit être […] renforcé. Les fichiers criminels doivent être connectés au système d’information Schengen" ;
  • "une force d’intervention européenne de lutte contre les faux documents, mobilisant les meilleurs spécialistes de chacun de nos pays, doit pouvoir intervenir sans délai aux frontières extérieures de l’Union européenne" ;
  • "la lutte contre le trafic d’armes doit faire l’objet d’initiatives renforcées et de décisions urgentes,  notamment la modification de la directive 91 qui ne saurait attendre davantage". 

1 600 effectifs supplémentaires déployés en France

Dans ces circonstances, le Gouvernement français a décidé de renforcer encore le dispositif de sécurité, notamment les contrôles aux frontières et dans les infrastructures de transports. Un point sur le dispositif de sécurité en place aux frontières et dans les infrastructures de transports a été effectué à la demande du Premier ministre et du président de la République à l’Élysée.

"Nous n’avons pas attendu cette nouvelle attaque pour rehausser notre niveau de protection", a d'abord expliqué Bernard Cazeneuve :
  • d’une part, avec "des contrôles aux frontières rétablis dès le 13 novembre au soir et qui n’ont pas cessé depuis. 5 000 policiers et gendarmes sont ainsi mobilisés au contrôle de l’ensemble de nos frontières, en particulier celles du NordAu total, 220 points font l’objet de contrôles dont 42 de manière systématique et permanente". Depuis 4 mois, 6 millions de personnes ont été contrôlées et 10 000 individus ont été empêchés d’entrer sur le territoire national. "A la suite de l’arrestation de Salah Abdeslam [ce dispositif a été] encore étoffé" ;
  • d’autre part, "avec le rehaussement très sensible des moyens de nos services de police et de renseignement, et avec l’application rigoureuse […] de l’état d’urgence, dans le respect des règles de droit".
Ce matin, dès les attaques de Bruxelles connues, le Gouvernement a :
  • décidé de déployer 1 600 policiers et gendarmes supplémentaires en différents points du territoire, à la fois sur les contrôles aux frontières comme dans les infrastructures de transports aériens, maritimes et ferroviaires ;
  • réitéré les instructions déjà données à tous les préfets, leur demandant de prendre les dispositions nécessaires pour renforcer encore davantage avec la plus grande vigilance la sécurité dans les gares, les transports en commun, les aéroports et les ports. "C’est le cas en Ile-de-France ; le préfet de police "a d’ores et déjà déployé 400 policiers et gendarmes supplémentaires, en particulier sur les plates-formes aéroportuaires de Roissy et d’Orly, dans le métro, dans les principales gares, dans les espaces publics et dans les zones réservées". "C’est aussi le cas sur le reste du territoire où 600 autres policiers et gendarmes ont été mobilisés en plus des forces déjà déployées".
  • décidé des mesures de 4 ordres dans les transports en commun :
    - les accès aux transports sont réservés "aux personnes munies d’un titre de transport et/ou d’une pièce d’identité" ;
    - "des messages préventifs de sensibilisation vont être diffusés par les opérateurs RATP, SNCF et autres opérateurs à destination du grand public" ;
    - "dans le cadre du dispositif Sentinelle, des patrouilles de militaires vont être réorientées sur ces sites pour épauler les forces déjà présentes" ;
    - "des mesures de contrôle et de palpation vont être systématisées et déployées"

"Nous sommes en guerre, nous subissons depuis plusieurs mois en Europe des actes de guerre. Et face à cette guerre, il faut une mobilisation de tous les instants", a, de son côté, réagi le Premier ministre, Manuel Valls, en fin de matinée.


"Cette guerre contre le terrorisme doit être menée avec sang-froid, avec lucidité, avec détermination, parce qu’elle sera longue", a encore réagi François Hollande. "Nous devons veiller plus que jamais à notre unité", au niveau national, européen, mondial.

Les drapeaux seront mis en berne en signe de solidarité, a enfin annoncé le président de la République depuis l'ambassade de Belgique à Paris.