23 février 2016

Trains d'Équilibre du Territoire : point d’étape sur la feuille de route du Gouvernement

Le Gouvernement prend les premières décisions qui s’imposent, avant la pleine réalisation de la feuille de route d’ici le 1er juillet 2016
 
Les Trains d’Équilibre du Territoire (TET) sont une composante essentielle de la desserte de nombreux territoires. Ils assurent un service grandes lignes rapide entre les principales villes françaises non reliées par les trains à grande vitesse. Ils assurent des trajets de moyenne et longue distance sur des liaisons interrégionales et concourent ainsi au désenclavement des territoires. Il existe 22 lignes TET de jour et 8 lignes TET de nuit. La majorité du trafic des TET se déroule dans le grand bassin parisien. 

Depuis 2011, la fréquentation a chuté de 20%, rendant l’exploitation de ces lignes financièrement insoutenable. Le déficit devrait dépasser 400 millions d'euros cette année. Aujourd’hui, ces trains ne répondent plus de manière satisfaisante aux attentes des voyageurs, en termes de dessertes comme de qualité du service. Une redéfinition de l'offre TET s'imposait.

Alain Vidalies, Secrétaire d’État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, a présenté le 19 février un point d’étape sur la feuille de route du Gouvernement pour un nouvel avenir des Trains d’Equilibre du Territoire. 

Le renouvellement du matériel roulant des TET et l’amélioration de la qualité du service

1. Le parc de matériel roulant des lignes TET structurantes sera entièrement renouvelé d’ici 2025, pour un montant d’investissement d’environ 1,5 milliard d'euros :
 
  • Sur les lignes Paris-Limoges-Toulouse, Paris-Clermont Ferrand, Transversale Sud Bordeaux-Toulouse-Marseille, un appel d’offres est lancé par SNCF Mobilités pour disposer de nouvelles rames d’ici à l’horizon 2020.
  • Sur la ligne Paris-Caen-Cherbourg, en concertation avec la région Normandie, le renouvellement pourrait prendre la forme d’une acquisition, dans le cadre du marché existant entre SNCF Mobilités et Bombardier, ou dans le cadre du nouvel appel d’offres. 
2. Des investissements sans précédent sur le parc de matériel roulant des autres lignes TET seront mis en œuvre :
 
  • 34 rames neuves sont d’ores et déjà en cours d’acquisition pour un montant de 510 millions d'euros. Ces rames seront déployées à partir de fin 2016, sur des lignes en partie non électrifiées.
  • 30 rames neuves supplémentaires, à un niveau, seront acquises dans le cadre du marché existant entre SNCF Mobilités et Alstom et seront déployées à partir de 2018. Cette commande pourra évoluer selon le résultat de la concertation engagée avec les régions.
  • Une attention particulière sera donnée à l’accès à internet pour les voyageurs, à bord des trains et dans les gares, sous l’égide de l’ARCEP.
  • SNCF Mobilités devra placer davantage le voyageur au cœur de son action dès 2016 : réduction des dysfonctionnements, amélioration de la propreté à bord des trains, politique commerciale plus dynamique.

Un nouveau modèle pour l’offre TET de nuit,  et une concertation pour faire évoluer l’offre de jour. 

1. S’agissant de l’offre de nuit, qui ne répond plus de manière satisfaisante aux besoins des voyageurs (fréquentation en baisse de 25 % depuis 2011 ; 25 % du déficit des TET, pour seulement 3 % des voyageurs transportés ; 100 euros de subventionnement public en moyenne pour 1 billet) :
 
  • Les lignes de nuit Paris-Briançon, et Paris-Rodez/Latour de Carol sont maintenues, lignes indispensables en raison de l’absence d’une offre alternative suffisante pour les territoires concernés.
  • L’État a décidé de ne plus financer l’exploitation des autres lignes, car elles bénéficient d’offres alternatives de mobilité de bon niveau ou de l’ouverture prochaine de LGV.
  • Toutefois, un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) sera prochainement lancé sur ces lignes, afin de permettre à tous les opérateurs ferroviaires de proposer de nouveaux schémas d’exploitation innovants. Le résultat et les décisions prises en conséquence seront annoncés le 1er juillet 2016. D’ici là, l’exploitation de ces lignes de nuit se poursuivra dans les conditions actuelles. 
2. S’agissant de l’offre de jour, des décisions seront prises au fur et à mesure des accords avec les régions et au plus tard au 1er juillet 2016. Sur la base des préconisations de la commission Duron, le Préfet François Philizot poursuit sa concertation avec toutes les régions. Le Gouvernement tient à examiner toutes les propositions d’évolution formulées.