13 novembre 2015

Sommet UE-Afrique à La Valette

Un fond d’urgence de 1,8 milliard d'euros pour soutenir les projets de développement en Afrique.
 
La capitale de la République de Malte, La Valette, a été les 11 et 12 novembre le théâtre d'un double enjeu sur la crise migratoire  :
 
  • pays européens et africains se sont réunis pour  trouver des solutions à la source en améliorant la vie quotidienne des populations des pays migrants. Une série de mesures ont été prises, dont la création d'un fonds d'urgence de 1,8 milliard d'euros pour des projets de développement ;
  • les dirigeants européens ont tenu un Conseil européen sur la question des réfugiés en Europe. François Hollande a "insisté pour que les décisions qui avaient été prises lors du précédent Conseil européen se mettent effectivement en place et soient complètement mises en œuvre" (centres "hotspots", contrôle des frontières extérieures, opérations Frontex et aides financières). L’enjeu de ce sommet était que "le Conseil européen puisse mettre en œuvre pleinement ce qu’il avait décidé lors de sa dernière réunion et puisse maintenant mettre un plan d’action avec la Turquie au point pour que nous puissions avoir des résultats rapides, qui puissent respecter la dignité des personnes, donner aux réfugiés une perspective sans qu’il puisse y avoir des mouvements que nous avons connus ces dernières semaines", a déclaré François Hollande
  • Le président de la République a également annoncé "qu'il y aurait un Conseil européen avec la Turquie comme invitée", à la fin du mois de novembre ou au début du mois de décembre, pour que "des engagements soient pris de part et d'autre."
 

Trouver des solutions dignes pour les réfugiés à Calais


Le président de la République s’est exprimé sur la situation à Calais afin de "convaincre les personnes qui s’y sont entassées de pouvoir demander l’asile en France, pour pouvoir être accueillis en France, lorsqu’ils relèvent bien sûr du droit d’asile, notamment les Syriens ou les Irakiens." La France fait "tout pour que ces personnes, qui veulent partir au Royaume-Uni et qui sont dans l’espoir de trouver une solution, puissent être accueillies dans des conditions dignes. D’où les installations que nous créons. Néanmoins, nous faisons diminuer autant qu’il est possible le nombre de réfugiés ou de migrants sur le site de Calais."
 

Les principales mesures du plan d’action en faveur des pays africains

 
  • création d’un fond d’urgence pour l’Afrique de 1,8 milliard d'euros. C’est une proposition que la France a portée. Elle souhaite que ces aides soient plus particulièrement consacrés aux énergies renouvelables et à l’électrification ;
  • emploi et développement : lancer des projets qui puissent augmenter les opportunités d'emploi dans les régions d'origine et de transit des migrants africains, en particulier par des investissements publics et privés en faveur de l'agriculture et du développement économique rural;
  • lutter contre l’instabilité en Afrique : améliorer l'accès à des services de base pour les populations déplacées, notamment l'accès à l'éducation, à l'eau et à des services de santé ;
  • renforcer le soutien aux initiatives diplomatiques notamment par des efforts de médiation, pour mettre un terme aux crises les plus urgentes dans la région du Sahel, du Lac Tchad et de la Corne de l'Afrique.
  • migration légale : doubler le nombre de bourses européennes pour étudiants et chercheurs africains en 2016 par rapport à 2014 ; lancer des projets pilotes mettant en commun des offres de migration légale (de travail, d'études de recherche) par certains États membres pour des pays africains;
  • faciliter les attributions de visa, en mettant un terme aux négociations en cours et en ouvrir de nouvelles ;
  • lutter contre les trafics : identifier des contacts nationaux uniques pour les activités de lutte contre les passeurs et les trafics ;
  • organiser des campagnes d'information dans les pays d'origine et de transit sur les pratiques des passeurs et sur la situation migratoire en Europe ;
  • retours et réadmissions : renforcer les capacités des autorités des pays d'origine des migrants à traiter rapidement les procédures de réadmission, envoyer des missions d'agents de services africains de l'immigration dans des pays européens pour vérifier la nationalité des migrants irréguliers. De telles missions d'identification auront lieu au premier trimestre 2016 avec au moins dix pays africains volontaires.