Bernard Cazeneuve au Mans, le 22 février 2016
23 février 2016

Situation à Calais

Le Gouvernement fait le choix de l’accueil, le choix de sortir les migrants de la jungle pour leur offrir des perspectives.
 
Depuis l’automne, grâce à la mise en place d’un large panel de solutions, relevant en particulier de l’assistance humanitaire et de la gestion de l’asile, le nombre de migrants à Calais a été ramené de 6 000 à 3 700. Conséquence : dans la partie sud du campement, un grand nombre d’abris ont été abandonnés par leurs occupants. Aussi a-t-il été décidé de réduire de moitié la superficie de la "Jungle". Cette décision entraînera le relogement des personnes vivant sur la zone, dans les dispositifs prévus par l’État : le Centre d’accueil provisoire à Calais ; les centres d'accueil et d'orientation en France.

A l'occasion d'un déplacement au Mans, au cours duquel il a visité un centre d'accueil et d'orientation pour les migrants, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, s'est exprimé, le 22 février, sur la prochaine évacuation de la partie sud du campement occupé par des migrants à Calais. Le ministre de l'Intérieur a indiqué que cette opération se fera de manière progressive, par la persuasion et dans le respect des personnes. L’objectif est que plus personne ne vivent dans des conditions indignes. Il s’agit exclusivement d’une opération de mise à l’abri. Ceux qui préfèrent le maintien d’un camp de misère à ces solutions se trompent de combat. Le Gouvernement fait le choix de l’accueil, le choix de sortir les migrants de la jungle pour leur offrir des perspectives.

Face à un tel drame, et dans l’intérêt des migrants eux-mêmes, la réponse de l’État se situe à la fois sur le terrain de la répression des passeurs, du contrôle des frontières, de l’assistance humanitaire et de la gestion de l’asile.

Lutte contre les filières d’immigration illégale :
 
  • En 2015, 28 filières de passeurs qui sévissaient à Calais ont été démantelées, soit 2 fois plus qu’en 2014. Sur le camp de Grande-Synthe, 25 filières ont également été mises hors d’état de nuire depuis le 1er janvier 2015. Cette action se poursuit comme en témoigne le démantèlement de 3 réseaux à Grande-Synthe la semaine dernière ;
  • sur l’ensemble du territoire national, 251 filières clandestines ont été mises hors d’état de nuire en 2015, ce qui constitue un record.
Sécurisation des infrastructures de transport :
 
  • plus de 18 millions d'euros ont été investis dans le port de Calais, 51 millions pour le tunnel sous la Manche, afin de les rendre inaccessibles. Depuis plusieurs mois désormais, aucune intrusion n’a été détectée à l’intérieur du tunnel et les autorités britanniques indiquent qu’elles ne constatent plus aucun passage irrégulier de migrant.
Protection des migrants :
 
  • Le Gouvernement a investi plus de 18 millions d'euros en 2015, afin d’accompagner la commune de Calais pour accueillir dignement les réfugiés et les demandeurs d’asile. Un centre d’accueil de jour, le centre Jules Ferry, a été ouvert. Il distribue, chaque jour, 2 500 repas. Il offre également environ 500 douches aux migrants installés sur la lande ;
  • des mesures d’assainissement, avec l’installation de 112 points d’accès à l’eau potable, 60 latrines et 6 bennes à ordures, ont été mises en place ;
  • un dispositif d’hébergement et de mise à l’abri a été déployé  :  500 tentes de la Sécurité Civile, 400 places pour les personnes vulnérables, 1 500 places aménagées dans des conteneurs de 12 places chacun ;
  • une attention particulière est apportée aux mineurs vivant sur la lande. 90 enfants sont mis à l’abri dans les places réservées aux personnes vulnérables, et font l’objet d’un suivi spécifique. Le dernier recensement de ces mineurs, réalisé la semaine dernière par France Terre d’Asile, fait état de 326 mineurs isolés. Les services de l’État travaillent actuellement, en lien étroit avec les associations et le conseil départemental, afin de proposer très rapidement une solution de mise à l’abri sur la lande pour ces mineurs.
Gestion de l'asile :
 
  • En 13 mois, 4 315 personnes ont été orientées hors des campements de Calais ou de Grande-Synthe vers un dispositif adapté à leurs droits. Le plan en faveur des migrants adopté en juin dernier a permis la création de 13 630 places de Centres d'accueil de demandeurs d'asile, de  4 000 places d’AT-SA ainsi que de 500 places en centre provisoire d’hébergement (CPH). Depuis le 1er janvier 2015, 1 648 demandeurs d’asile présents à Calais ont pu rejoindre un Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA), ou d’accueil temporaire du service de l’asile (AT-SA). En 2014, ils avaient été 374. Ils étaient moins d’une centaine en 2013 ;
     
  • le Gouvernement a décidé en octobre dernier, de créer des Centres d’accueil et d’orientation (CAO), centres à taille humaine, dans lequel chaque migrant bénéficie d’un accompagnement de qualité que lui procure un réseau associatif local, et où les migrants peuvent accomplir leurs démarches administratives, s’ils souhaitent déposer une demande d’asile. L’État a réussi à orienter 2 667 migrants depuis Calais et Grande-Synthe, vers les 102 centres situés dans toutes les régions de France. Le premier constat est celui de la stabilité : environ 85% des migrants arrivés dans un CAO y demeurent. Tous ont vocation à rejoindre assez rapidement d’autres dispositifs : les demandeurs d’asile sont réorientés vers une place de CADA ou d’AT-SA ; les réfugiés ont vocation à rejoindre un  logement pérenne de droit commun.
Bernard Cazeneuve sera jeudi au conseil des ministres de l’intérieur de l’Union européenne, où il rencontrera son homologue britannique afin de lui exprimer la détermination de la France à voir le droit européen, qui prévoit que les mineurs ayant un parent en Angleterre puissent le rejoindre, soit pleinement mis en œuvre. Le ministre de l'Intérieur a salué l’engagement des associations.