Photo du camp de Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales.
19 octobre 2015

Rivesaltes

Garder la mémoire en éveil, ne jamais laisser s'assoupir les consciences : c'est la raison d’être du Mémorial du camp de Rivesaltes, inauguré le 15 octobre par le Premier ministre.
 

Le Premier ministre a inauguré ce vendredi le Mémorial du camp de Rivesaltes. Accompagné de plusieurs membres du Gouvernement, Manuel Valls a fait la visite du site présenté par Rudy Ricciotti, l'architecte du bâtiment, un énorme monolithe de béton, qu'il a enterré dans le sol pour symboliser une mémoire enfouie.

Ce Mémorial rend en effet hommage à l'histoire de près de 60 000 personnes internées puis hébergées dans ce camp des Pyrénées-Orientales : des réfugiés espagnols, des juifs, des tziganes, enfin plus de 20 000 harkis après la fin de la guerre d'Algérie, en 1962. Ce fut à chaque fois la même réalité : un camp d’exclusion fait de mise à l’écart et de "mépris total de l’humanité". Le mémorial ne nous parle pas seulement du passé, mais de la France. Hier comme aujourd'hui, nous sommes toujours confrontés au même choix : l'apaisement ou la rupture, l'exigence ou l'inconséquence. Nous ne devons à aucun moment faiblir, oublier. La France c’est la dignité et l’humanisme dans un cadre républicain. Ceux qui prétendent que nous ne pourrions pas accueillir les persécutés, que nous serions submergés, mentent – et plus grave, ils abîment l’image de la France, et son honneur.

"Garder la mémoire en éveil, ne jamais laisser s'assoupir les consciences : c'est la raison d'être du Mémorial de Rivesaltes. Une Nation, c'est partager les souffrances, reconnaître les épreuves qui ont fait ce que nous sommes", a déclaré le Premier ministre. "Le mémorial ne nous parle pas seulement du passé : il nous parle de nous, de la France. Hier comme aujourd'hui, nous sommes toujours confrontés au même choix : l'apaisement ou la rupture, l'exigence ou l'inconséquence. (...) Nous ne devons à aucun moment faiblir. Á aucun moment oublier." C’est pourquoi, le fonds "Mémoire et histoire", issue du plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, viendra soutenir les actions qui seront menées ici pour sensibiliser les jeunes générations.

"Le populisme, l’extrémisme, se nourrissent du désespoir. Le populisme, l'extrémisme pullulent sur les renoncements. Être Français ne dépend pas du nom, du prénom, de la couleur de peau. Être français, c’est s’inscrire dans un même héritage". C’est dans ce cadre que s’inscrit ce Mémorial. Il est "une invitation à se réconcilier avec notre passé, tout en l’affrontant, parce qu’il nous faut apaiser notre présent."