Amphithéâtre, 2004
29 septembre 2017

Rentrée étudiante : fin du tirage au sort à la rentrée 2018

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, a pris l’engagement de mettre en place un nouveau système d’accès à l’enseignement supérieur dès la rentrée prochaine.
 
En 15 ans, notre enseignement supérieur a connu des évolutions (autonomisation des universités, internationalisation, regroupement des établissements…) dont il ne faut négliger ni la portée ni les progrès. Il n’en demeure pas moins que notre système doit impérativement se transformer pour en finir avec la procédure injuste et inefficace d’APB, et pour faire en sorte que la sélection au fil du cursus universitaire ne se fasse plus par l’échec (aujourd’hui, 30% à peine des étudiants obtiennent leur licence en 3 ans).
 
La fin du tirage au sort, sans remise en cause du droit d’accès aux études supérieures, et la réussite étudiante sont ainsi les deux priorités du Gouvernement, qui a décidé d’augmenter substantiellement les moyens dédiés à l’enseignement supérieur, à la recherche et à l’innovation : « Plus de 707 millions d'euros pour l’ensemble du ministère  – dont 194 millions pour l’enseignement supérieur (…) et un grand plan d’investissement qui [leur] consacre 7,6 milliards d'euros », a souligné Frédérique Vidal.
 
Une large concertation a été lancée en juillet 2017 avec l’ensemble des acteurs – étudiants, parents, professeurs… –  autour de ces deux objectifs – fin du tirage au sort, réussite étudiante – qui font consensus. Les propositions qui en seront issues seront présentées le 19 octobre. Elles concerneront l’organisation du cursus proprement dit, mais aussi les conditions de vie des étudiants, notamment la santé et le logement. Sur ce dernier volet, le Gouvernement a déjà pris des engagements forts dans le cadre de sa « stratégie Logement » présentée la semaine dernière, avec notamment la construction de 60 000 nouveaux logements étudiants sur le quinquennat et la simplification de la caution  locative. 
 
S’agissant d’APB, le Gouvernement s’est engagé à mettre en place un nouveau système d’accès à l’enseignement supérieur à la rentrée 2018. La décision rendue par la CNIL le conforte dans sa volonté. « C’était le choix du Gouvernement. C’est désormais une obligation légale et nous devrons trouver des solutions dans les trois mois à venir » a déclaré la ministre. « Le Gouvernement se conformera [donc] strictement à la mise en demeure de la CNIL ». Il faudra pour cela modifier la loi dans un bref délai, puisque celle-ci « interdit de départager autrement que par tirage au sort les candidats qui sont dans la même situation de famille, qui ont la même académie d’origine et qui ont fait le même vœu 1 ». Le calendrier prévisionnel sera fixé dans les jours qui viennent par le Gouvernement.
 
La plateforme d’affectation qui succèdera à APB respectera strictement l’ensemble des prescriptions de la loi "Informatique et libertés". Un comité d’éthique, qui comportera des juristes et des scientifiques de haut niveau, sera mis en place afin de le garantir et de veiller à la transparence des règles de fonctionnement de la plateforme. La future plateforme d’affectation sera pilotée par un service à compétence nationale rattaché directement au Ministère.
 
Dans l’immédiat, il s’agit de trouver une solution en urgence pour les 3729 bacheliers, la plupart issus des filières technologiques et professionnelles, qui demeurent sans affectation à l’issue de la procédure complémentaire d’APB. Il reste à ce jour plus de 135 000 places vacantes dans l’enseignement supérieur. La ministre a demandé aux recteurs et aux proviseurs « d’identifier très précisément ces places et de les proposer à ces bacheliers qui, bien souvent, avaient uniquement candidaté sur des formations sélectives de type STS ou DUT ».