Photo de Bernard Cazeneuve
17 juillet 2015

Projet d'attentat déjoué

Toutes les semaines, nous arrêtons, nous empêchons, nous prévenons des actes terroristes. Ce fut encore le cas cette semaine, avec un nouveau projet d’attentat déjoué, contre des installations militaires. Il faut le dire, car on ne peut pas cacher la vérité aux Français.
 
Toutes les semaines, nous arrêtons, nous empêchons, nous prévenons des actes terroristes. Ce fut encore le cas cette semaine, avec un nouveau projet d’attentat déjoué.
Il faut le dire, car on ne peut pas cacher la vérité aux Français : "l'information des Français doit être la règle en démocratie", a rappelé Bernard Cazeneuve, et il est important de montrer aux Français qu’ils sont protégés. Aussi, lorsque le Gouvernement intervient sur ces sujets-là, "c'est parce que c'est le moment de le faire et parce que la relation avec le parquet antiterroriste nous a permis d'articuler nos communications, parce qu'il faut que les informations soient précises, que chacun soit dans son rôle." Il est normal que le ministre de l'Intérieur rende compte de l'activité des services de renseignement. Nous ne pouvons pas être dans la polémique car nous sommes concentrés sur l'essentiel, la protection des Français.
 
Ainsi, précisément :
  • Lundi 13 juillet à l’aube, 4 individus, âgés de 16 à 23 ans ont été interpellés par des agents de la DGSI, sous l’autorité de la Justice. 3 de ces individus, toujours en garde à vue, projetaient de commettre une action terroriste contre des installations militaires françaises.
  • "Un très minutieux travail de renseignement" avait précédé "l’ouverture dès le 23 juin dernier d’une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme". Le principal instigateur avait été repéré pour son activisme sur les réseaux sociaux et dans le relationnel de djihadistes français aujourd’hui incarcérés. Il avait également été signalé aux autorités du fait de ses velléités de départ en Syrie, dans le cadre des mesures de prévention mises en œuvre par le Gouvernement pour prévenir les filières djihadistes, et avait fait l’objet d’un entretien administratif. L’attention des services est demeurée très soutenue depuis.
  • "Les développements judiciaires de cette affaire ont ensuite permis d’identifier les individus en contact avec cette personne, et de cerner la nature de leurs relations exactes. L’enquête se poursuit."
  • Aucun lien ne peut être établi à ce stade avec les faits qui se sont récemment déroulés dans les Bouches-du-Rhône. 
"Nous continuerons à être mobilisés à 100% pour lutter contre cette menace, une menace terroriste que nous n'avons jamais connue, inédite ; une menace extérieure et une menace intérieure", a rappelé Manuel Valls le 16 juillet.  Ce sont désormais 1850 Français ou résidents habituellement en France qui sont aujourd’hui impliqués dans des filières djihadistes, dont près de 500 présents en Syrie ou en Irak. Pour les mettre hors d’état de nuire, la détermination du Gouvernement est totale et notre action se déploie en prévention comme en répression :
 
  • Prévention : "plus de 2500 signalements de radicalisation ont été portés à notre connaissance depuis la création du numéro vert il y a près d’un an et demi. Ils font tous l’objet d’un suivi spécifique et extrêmement attentif. En application de la loi anti-terroriste du 13 novembre dernier, 118 interdictions de sortie administrative du territoire ont déjà été prononcées, représentant autant de départs vers la Syrie et vers l’Irak empêchés. Dans le même temps, 29 interdictions administratives d’entrée sur le territoire ont été délivrées à l’encontre de ressortissants étrangers impliqués dans ces mêmes filières djihadistes. 6 déchéances de nationalité sont en cours d’instruction, et nous avons déjà procédé à 40 expulsions du territoire national de prêcheurs de haine, dont de pseudos imams auto-proclamés" ;
     
  • Répression : 326 individus impliqués dans des filières djihadistes ont été interpellés depuis 2012. "Parmi eux, 188 ont été mis en examen, 126 sont écroués et 61 font l’objet d’un contrôle judiciaire" ;
     
  • Protection : "Dans le cadre du plan Vigipirate, 30 000 policiers, gendarmes et militaires sont affectés à la protection de 5 000 sites sensibles. Au niveau européen et international, notre action porte ses fruits : mercredi, la Commission Libertés civiles, justice et affaires intérieures du Parlement européen a adopté un premier texte en faveur du PNR européen, ce nécessaire outil recensant les données des passagers des compagnies aériennes, qui permettra de mieux détecter les mouvements des djihadistes en Europe, ainsi qu’en provenance ou à destination des théâtres des opérations terroristes. Ce travail avec le Parlement européen devra se poursuivre", a conclu Bernard Cazeneuve.