Photo de la commission européenne à Bruxelles
5 février 2016

Prévisions de la Commission européenne pour la France

La Commission européenne a publié ces nouvelles prévisions économiques pour la France.
 
En 2015, la reprise effective de la croissance s’est engagée et la France devrait avoir respecté, et même dépassé, pour la 2ème année consécutive, ses engagements en termes de déficit.
En 2016, la prévision de croissance est ajustée dans les mêmes proportions que chez nos partenaires, de -0,1 point, en raison du contexte international. En 2016, la prévision de croissance de la Commission est ajustée dans les mêmes proportions que chez nos partenaires, de -0,1 point, en raison du contexte international. D’après la commission, la France devrait respecter son engagement de ramener le déficit à -3,4% en 2016 (l’objectif est maintenu, malgré l’inflation plus faible que prévu).
En 2017, la Commission voit la croissance accélérer encore. S’agissant du déficit, comme tous les ans, la Commission fait des prévisions "à politique inchangée" et n’intègre pas l’intégralité du plan d’économies. Si on rajoute à sa prévision de 3,2% les économies prévues par le gouvernement, le retour sous 3% en 2017 apparaît ainsi tout à fait atteignable.

D’abord sur le passé :
 
  • Pour la seconde année consécutive, la France devrait avoir respecté en 2015 et même dépassé ses engagements en termes de déficit. La Commission recommandait -4%, elle attend désormais -3,7% (ce chiffre sera connu fin mars).
  • 2015 aura en outre été la première année de reprise effective (+1,1%), après trois ans de stagnation. L’objectif du gouvernement (1%), arrêté à l’été 2014 et qualifié à l’époque d’optimiste par certains observateurs (HCFP), est atteint et même dépassé.
  • Certes cette croissance 2015 devrait être légèrement inférieure à la moyenne de la zone euro (a priori de l’ordre de 1,5%, connu le 15 février) mais il est utile de rappeler que la situation des états membres est très disparate. Bien entendu, l’Allemagne affiche de bonnes performances, car elle a su mener les réformes nécessaires en temps utile ce que nous nous efforçons de faire aujourd’hui. L’Espagne connait une croissance forte, ce qui est bienvenu après une telle récession et il lui reste du chemin à faire car l’activité y est encore significativement inférieure à son niveau de 2008. L’Italie se remet par ailleurs difficilement de plusieurs années de récession.
Ensuite sur 2016 :
 
  • D’après la Commission, la France devrait pouvoir respecter son engagement de ramener le déficit à -3,4% en 2016 (pour mémoire, dans le PLF2016, nous avons un objectif encore plus ambitieux, à 3,3%). Les temps ont donc changé, les Français tiennent leurs engagements sans demander un délai tous les 6 mois. Cela est permis par une politique budgétaire résolument sérieuse et prudente mais également par le chemin d’assainissement des finances publiques compatible avec le retour de la croissance défini fin 2014.
  • La Commission revoit sa prévision de croissance de +1,4 à +1,3%, compte tenu des risques portés par le contexte international. Cette faible révision (-0,1%) reste marginale d’autant que le chiffre du 4ème trimestre n’était pas connu lors de cette prévision. En outre, cette baisse n’est pas propre à la France, elle concerne également la zone euro dans son ensemble, y compris l’Allemagne ou l’Italie dans les même ampleurs.
  • La Commission n’a pas pris en compte le Pacte pour l’emploi présenté fin janvier, cela explique pourquoi le chômage reste stable en 2016.
  • A noter aussi qu’ il y aura une inflation plus basse que prévu. Par conséquent, il y aura une forte révision à la baisse des prévisions. "On sera à quelque chose entre 0 et 1%". Pour autant, "nous avons des objectifs de déficit public pour 2016. Ils seront tenus comme ils ont été tenus en 2015", avec des ajustements le cas échéant, "comme cela a été fait en 2015", a déclaré Michel Sapin.
  • Au-delà, "nous n'avons plus intérêt globalement à une baisse des prix du pétrole. Les effets déstabilisants deviendraient supérieurs aux effets bénéfiques pour notre économie". En effet, "lorsqu'il baisse, c'est une bonne chose évidemment pour nous tous. Mais quand il baisse trop, il devient un élément déstabilisant pour l'économie mondiale, en particulier pour les pays qui vivent principalement" de leurs exportations de pétrole, a expliqué Michel Sapin.
Enfin sur 2017 :
 
  • Bonne nouvelle la commission voit la croissance accélérer encore. S’agissant du déficit (supérieur à la cible de 3%), il est bien trop tôt pour juger d’autant que la Commission n’intègre pas l’intégralité du plan d’économies (prévisions faite à « politique inchangée »). A ce titre, il est utile de rappeler que ce problème méthodologique se pose chaque année. Ainsi dans son exercice de février 2015, la Commission anticipait alors un déficit de -4,1% pour 2016, à politique inchangée, contre -3,4% aujourd’hui.
Et de manière plus générale :
  • La France est devenue un bon élève avec une appréciation de globale conformité de la situation de nos finances publiques au regard des règles communes. Là où en 2014, nous étions regardéscomme l’un des mauvais élèves, nous ne faisons désormais plus parti de cette catégorie, quand d’autres Etats rencontrent toujours des difficultés à atteindre leurs cibles.