Photo de Manuel Valls lors de la création de la nouvelle Instance de dialogue avec les Français de confession musulmane
16 juin 2015

Nouvelle Instance de dialogue avec les Français de confession musulmane

Les questions de la sécurisation, de la construction et de la gestion des lieux des cultes ont été abordées ainsi que la formation des aumôniers et des cadres religieux, et les pratiques rituelles.
 
A la demande du président de la République, le Gouvernement a souhaité que soit établie une Instance de dialogue avec les Français de confession musulmane. Ce n’est ni une organisation nouvelle des Français de confession musulmane, ni une enceinte de négociation, mais un forum d’échanges réguliers. Elle s’est réunie pour la première fois le 15 juin.

"Le Gouvernement a souhaité ce dialogue parce qu’il croit à la vertu de la laïcité et parce qu’il n’entend pas que les questions qui concernent l’exercice du culte musulman fassent l’objet de polémiques démagogiques ou d’instrumentalisation à des fins partisanes", a expliqué Bernard Cazeneuve. La laïcité est une "valeur inséparable de la République. Ceux qui utilisent la laïcité, en font un moyen pour exclure, pour stigmatiser, pour mépriser, pour montrer du doigt l’Islam n’ont rien compris à ce qu’était la République", a déclaré Manuel Valls. La France doit porter le message d’un islam "compatible avec la démocratie et la République". "C’est tous ensemble que nous devons agir pour le pacte républicain".

Quatre thèmes de travail ont permis d’aborder des questions très concrètes qui méritent d'être traitées de façon concertée :

1. La sécurisation des lieux de culte
  • L’engagement du Gouvernement envers la communauté musulmane et la protection des lieux de cultes est et restera "total", aussi longtemps que des menaces existeront : 1 000 des 2 500 mosquées de France font l'objet d'une protection dans le cadre de l’opération Sentinelle, et 9 millions d’euros seront consacrés sur 3 ans pour permettre aux lieux de culte de se doter d'équipements de sécurité, notamment de vidéoprotection.
  • "Il faut encourager les dépôts de plainte". "La réalité de ce phénomène odieux" que constituent les actes anti-musulmans est vraisemblablement "sous-estimée, parce que trop de victimes hésitent à parler plainte". Nous devons lutter "contre ce sentiment de résignation". "Ces plaintes doivent être prises et transmises systématiquement à la justice, de manière à ce qu'elles soient instruites et fassent l'objet d'une réponse pénale très forte et sans délai".
  • "Travailler sur la question de l’image de l’Islam" est une nécessité tant "l’Islam suscite encore des incompréhensions chez une partie de nos concitoyens, souvent gagnés par la tentation du repli". "Il faut donc mener le combat des consciences et faire jaillir au grand jour ce qu'est la réalité de l'islam de France. Et pour gagner ce combat, c'est à chacun de prendre ses responsabilités", a affirmé Manuel Valls. Bernard Cazeneuve a rappelé que ce sera "une des raisons d'être de la nouvelle Fondation de l'islam de France".
2. La construction et la gestion des lieux de culte
Un groupe de travail sera créé afin d'évaluer l'application des règles, notamment d'urbanisme, liées à la construction des lieux de culte.

3. La formation des aumôniers et des cadres religieux
Il est nécessaire que les imams détachés par des pays étrangers maîtrisent le français. Le Gouvernement a fait état de négociations en ce sens avec les gouvernements algérien, marocain et turc. Un décret viendra bientôt préciser l'obligation d'une formation civile et civique pour les aumôniers. Ces formations sont actuellement dispensées dans six universités, qui seront rejointes par trois autres en septembre et autant en 2016. La nécessité d’une revalorisation du statut de l’aumônerie pénitentiaire est partagée par tous. L’instance a également mis en évidence les attentes envers une aumônerie scolaire et universitaire.

4. Les pratiques rituelles
S’agissant des rites funéraires, un bilan de l'application des textes en vigueur sur la création des carrés musulmans a été demandé par Bernard Cazeneuve. Au nom de la laïcité, il a redit qu’il n'était pas possible pour l’État d'instituer une taxe sur le commerce halal pour financer les besoins du culte. Sur l'organisation du pèlerinage à la Mecque, il a demandé des "résultats tangibles pour les pèlerins", pour améliorer la qualité des prestations. L'instance de dialogue va également susciter un groupe de travail, en lien avec les ministères de l'Agriculture et de l'Intérieur, pour promouvoir les bonnes pratiques concernant l'abattage rituel et la certification du halal.

Cette instance de dialogue a vocation à se réunir deux fois par an et sera composée des membres du Conseil français du Culte musulman, des présidents des Conseils régionaux du Culte musulman, des représentants désignés par les fédérations de mosquées, des recteurs de mosquées reconnus pour leur rayonnement et leur investissement quotidien, les représentants de la société civile.