Visuel "Renforcer la mixité sociale dans les collèges"
10 novembre 2015

Mixité sociale au collège

17 départements volontaires s'engagent pour renforcer la mixité sociale dans leurs collèges à la rentrée 2016.
 
Najat Vallaud-Belkacem a présenté le 9 novembre la démarche engagée pour renforcer la mixité sociale dans les collèges. La ministre a exprimé son souhait d'impulser des initiatives fédérant la communauté éducative à l'échelle de territoires pilotes, pour imaginer les solutions concrètes qui pourront ensuite être déployées sur le territoire national.
"La mixité sociale n’est ni un slogan, ni une chimère, ou un totem. En République, c’est une nécessité, au fondement d’une appartenance à un projet collectif.  C’est pourquoi les conclusions du comité interministériel égalité-citoyenneté du 6 mars dernier, ont fait de la mixité sociale dans les collèges un objectif majeur de l’action gouvernementale." Aujourd’hui, 10% des collèges publics et privés sous contrats ont moins de 15% de collégiens d’origine sociale défavorisée, 10% ont plus de 62% de collégiens d’origine sociale défavorisée.  Cette ségrégation sociale est nettement plus élevée dans les départements urbains que dans les départements ruraux.
"Jusqu’à présent la façon dont les pouvoirs publics avaient géré la question de la mixité sociale c’était à chaque fois en réformant la carte scolaire, soit on l’assouplit, soit on la rend plus rigide, en fait les deux solutions sont mauvaises. La libéralisation de la carte scolaire, telle que Nicolas Sarkozy par exemple l’avait voulue en 2007 elle a été très préjudiciable aux établissements".
 
La possibilité ouverte par la loi de Refondation de l’École de créer des secteurs multicollèges sera explorée sans dogmatisme :
  • La mise en place d’un secteur commun à plusieurs collèges permet de faire de l’affectation des élèves un levier majeur pour atteindre l’objectif de mixité sociale, sous la responsabilité des services académiques. Les élèves résidant dans le secteur élargi ont le droit d’être affectés dans un des établissements de celui-ci. Aussi, les familles sont invitées à classer par ordre de préférence tous les établissements du secteur dont ils font partie ;
  • La singularité de cette démarche repose sur une logique de construction à partir des acteurs et des besoins des territoires, le ministère se positionnant en impulsion et en appui de l’initiative locale ;
  • La règlementation laisse pleine liberté aux acteurs pour déterminer les critères d’affectation : élèves boursiers ou susceptibles de l’être, distance domicile / établissement, choix pédagogiques (carte des langues, classes à horaires aménagés, etc.), continuité de cycle 3 entre écoles et collèges, maintien des liens amicaux entre élèves, etc. 
17 départements volontaires s’engagent : Doubs, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Seine-Saint-Denis, Haute-Savoie, Loire, Hérault, Meurthe-et-Moselle, Maine-et-Loire, Eure-et-Loir, Paris, Charente-Maritime, Ille-et-Vilaine-Bas-Rhin, Tarn, Haute-Garonne.
En leur sein, les territoires pertinents sont en cours d’identification, car les problématiques de concurrence entre les collèges se jouent à un échelon encore plus local que celui du département. Ils présenteront les caractéristiques suivantes :
  • Un ensemble de collèges, pas trop nombreux, entre lesquels vont s’exercer le choix des familles (collège public du secteur, demande de dérogation pour un autre collège public, collège privé) ;
  • Un territoire avec une échelle de distance/temps qui rend réaliste les déplacements des élèves ;
  • Un ensemble de collèges dans lesquels il y a de fortes disparités sociales, c’est-à-dire que les différences entre la composition sociale de chaque collège et la composition sociale moyenne des collégiens du territoire est importante.
"Il ne s’agit pas de forcer les familles mais de leur donner envie de mixité sociale" :
  • "Pour que les familles puissent avoir envie autant d’un établissement que d’un autre au sein de ce périmètre nouveau, il faudra travailler sur l’offre pédagogique des établissements", afin de les rendre attractifs. 
  • "La mixité sociale ça ne s’impose pas, […] elle peut être désirée quand on explique aux parents que même leur propre enfant a tout à gagner à être dans
Les 17 territoires pilotes identifiés à ce jour seront rejoints par de nouveaux dans les prochaines semaines et feront l’objet d’un accompagnement scientifique inédit, associant des approches diverses, afin de faciliter la mise en oeuvre et l’évaluation des évolutions décidées localement.